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Dans son numéro thématique consacré à l’alcoolisme qui vient d’être publié ce mardi, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) revient sur la consommation des collégiens et lycéens en 2010 et 2011 respectivement. Dès la 6ème, 59% des élèves déclarent avoir déjà expérimenté l’alcool, ce chiffre passant à 93 % en terminale. C’est souvent dans le cadre familial que l’alcool, la substance psychoactive la plus précocement expérimentée à l’adolescence est consommée pour la première fois.

Avec l’expérimentation de l’alcool, un autre aspect tend également à progresser au fil de l’âge : c’est l’expérience de l’ivresse. S’ils sont 7 % à affirmer avoir été déjà été ivre en 6ème, ce taux passe à 17 % en 4ème et à 69 % en classe de terminale. Et phénomène plus alertant encore, l’usage régulier des boissons alcoolisées (10 fois au moins au cours du mois précédant l’enquête) passe de 3 % en 4ème à 27 % en terminale.

L’absorption d’au moins un verre d’alcool au cours du mois précédant l’enquête progresse, elle aussi, très nettement entre la classe de 4e et celle de 1ère, passant de 39% à 79% des élèves et se stabilise en terminale.

Tels sont les résultats de deux enquêtes scolaires internationales, l’enquête HBSC (Health Behaviour
in School-aged Children) qui s’est déroulée en 2010 auprès de collégiens et l’enquête ESPAD (European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs), centrée sur les lycéens et dont le dernier exercice s’est déroulé en 2011. Pour la première fois, ces deux enquêtes ont permis de s’appuyer sur des échantillons représentatifs, ce qui n’était pas le cas au cours des sondages antérieurs.

Parmi les facteurs qui influencent la consommation régulière d’alcool, on trouve le sexe, le niveau scolaire et le redoublement aussi bien parmi les collégiens que les lycéens. La consommation régulière d’alcool est plus le fait des garçons qui boivent 2 fois plus que les filles (OR : 2,5 et 2,6). Cependant, les résultats d’une autre enquête réalisée par l’Inpes et l’OFDT en 2010 montrent que les jeunes femmes de 18 à 25 ans rattrapent progressivement les jeunes hommes du même âge en terme d’alcoolisation, puisque le taux des ivresses répétées féminines entre 2005 et 2010 a doublé.

Le niveau social n’influence par contre le comportement vis à vis de l’alcool que parmi les lycéens. Le niveau d’étude des parents semblent également influencer l’usage d’alcool chez les jeunes au lycée puisque les lycéens dont les parents ont fait des études supérieures présentent des fréquences d’usage régulier d’alcool plus importantes que leurs homologues dont les parents ont un diplôme inférieur au bac. Par contre, la structure familiale n’influencerait pas la pratique d’une alcoolisation régulière.

Les types de boissons alcoolisées varient également en fonction de l’âge : si les collégiens consommeront davantage de cidre et de champagne, ce sont les bières et les alcools forts qui arrivent en tête chez les lycéens. Avec toutefois quelques différences entre les garçons et les filles : les jeunes hommes entre 18 et 25 ans préfèrent la bière à 39, 3 %, les alcools forts à 29,5 % et le vin (22,4 %). Chez les jeunes femmes, c’est le vin qui est le plus consommé (14,3 %) devant les alcools forts (11,1 %). La bière n’arrive qu’en troisième place des boissons les plus bues par les femmes.

Les chiffres permettent d’établir que la consommation d’alcool augmente de façon globale avec l’âge (entre la 6ème et la Terminale), qu’elle est plus consommée par les garçons que les filles (même si le comportement de ces dernières tend à se rapprocher de celui des garçons entre 2005 et 2010. On note également une alcoolisation plus importante en 2010 qu’en 2005 pour les lycées, avec des ivresses répétées touchant 2 fois plus d’étudiants et des épisodes d’alcoolisations ponctuelles importantes plus nombreuses. Jusqu’où ira cette tendance à la consommation d’alcool plus importante aujourd’hui qu’il y a 5 ans ? Vers quel avenir allons-nous ? Quels sont les impacts de cette consommation d’alcool des jeunes sur une addiction potentielle comme jeune adulte et sur leur santé pour demain ? Face à cette progression, la prévention est un élément indispensable pour tenter d’inverser la courbe, elle est plus que nécessaire dans une société où l’alcool est largement considéré comme… inoffensif et festif !

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