Une batterie à électrolyte solide pour survivre à la nuit lunaire : la NASA teste le projet SPEARS à -80 °C

Comment alimenter un rover ou un outil quand la nuit lunaire atteint -200 °C ? La NASA travaille sur une batterie à électrolyte solide, baptisée SPEARS, pensée pour le froid extrême du pôle sud de la Lune. Lors d’essais sous vide, de petits prototypes ont fonctionné de 80 °C à -80 °C. Ce que cela change par rapport à une batterie classique.

L’essentiel à retenir

  • Le projet SPEARS vise une batterie capable de fonctionner au pôle sud lunaire, où la nuit descend à environ -200 °C.
  • Elle remplace l’électrolyte liquide des batteries lithium-ion par un matériau solide, céramique ou polymère.
  • Des cellules prototypes ont fonctionné jusqu’à 80 °C, jusqu’à -60 °C, et avec des performances réduites jusqu’à -80 °C.
  • Le projet a démarré en 2026 et reste au stade du développement technologique.

Pourquoi les batteries classiques craignent la Lune

Les batteries lithium-ion de nos téléphones et de nos ordinateurs reposent sur un électrolyte liquide, et c’est leur point faible. Refroidi aux températures de la nuit lunaire, ce liquide gèle et peut endommager la batterie. Chauffé jusqu’aux 100 °C du jour lunaire, il empêche le fonctionnement. Exposé au vide spatial, il s’évapore.

Trois cellules de batterie cylindriques posées sur une tranche de bois, sur fond jaune
Photo d’illustration : Tanha Tamanna Syed / Pexels (licence Pexels, libre de droits)

Or les futures missions auront besoin d’une alimentation fiable pour tout, de la trousse de secours d’un astronaute aux rovers qui exploreront les cratères les plus sombres, sans risque d’incendie.

Batterie à électrolyte solide : ce que change le matériau

SPEARS, pour « Solid Power for Extreme Environment Adaptability and Resilience in Space », remplace le liquide par un matériau solide à base de céramique ou de polymère. Comme un solide ne gèle pas, la batterie peut survivre à des températures très basses, même si elle ne fonctionne pas pendant l’exposition au froid le plus intense.

Pour la remettre en marche, de petits chauffages suffisent : elle n’a pas besoin d’être maintenue au chaud en permanence, seulement réchauffée jusqu’à sa température de fonctionnement. La NASA y voit un moyen d’alléger les systèmes de gestion thermique des vaisseaux et des habitats lunaires, donc de réduire poids et coûts.

Les résultats des premiers essais

Lors d’essais en chambre à vide thermique au centre de recherche Langley, à Hampton en Virginie, de petites cellules prototypes ont bien fonctionné jusqu’à 80 °C et jusqu’à -60 °C, avec des performances légèrement réduites jusqu’à -80 °C. Yi Lin, responsable des essais, affirme que c’est la première démonstration de cellules de ce type fonctionnant à cette température.

Après des expositions allant de 100 °C à -170 °C, les batteries n’ont subi aucun dommage. Le chercheur se dit confiant sur la possibilité d’améliorer ces performances, voire d’élargir la plage dans les prochaines années.

Des usages possibles sur Terre aussi

Le projet est mené depuis le centre Glenn, à Cleveland, avec le soutien de Langley et du centre Ames, qui développe du matériel de vol. Il a commencé en 2026 et se concentre d’abord sur la technologie, avant un éventuel passage à des collaborations commerciales. Ses promoteurs évoquent aussi des retombées pour les voitures, les téléphones, les drones et tout appareil portable.

Pour aller plus loin

Pour comprendre comment sont stockés les kilowattheures à la maison, notre guide du kit solaire de balcon et de la batterie solaire détaille les batteries domestiques. Autre curiosité lunaire : le cratère de 222 mètres qui s’est formé sur la Lune.

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Sources : NASA, NASA Develops Batteries to Power Humanity’s Return to Moon, publié le 14 octobre 2026

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