Nul besoin d’un télescope coûteux pour profiter des événements les plus spectaculaires du ciel nocturne. Ce dossier réunit le calendrier astronomique 2026-2027 : les prochains rendez-vous à ne pas manquer, ainsi que les bons gestes pour bien débuter, à l’œil nu ou avec un matériel simple.
Les pluies de météores restantes pour 2026
Après les Perséides du mois d’août, trois grandes pluies de météores restent à observer d’ici la fin de l’année. Les Orionides culminent dans la nuit du 21 au 22 octobre 2026, avec environ 25 météores rapides par heure sous un ciel sans lune en début de matinée. Viennent ensuite les Léonides, dont le pic tombe le 17 novembre, offrant environ 15 météores par heure entre la fin de nuit et l’aube.
La plus spectaculaire des trois reste à venir : les Géminides, considérées comme la pluie de météores la plus intense de l’année, culminent dans la nuit du 13 au 14 décembre 2026, avec un pic pouvant atteindre 150 météores par heure sous un ciel particulièrement favorable, sans lune pour gêner l’observation cette année.

Une superlune à ne pas manquer fin septembre
Le 29 septembre 2026 marque l’apparition d’une superlune, un phénomène qui se produit lorsque la pleine lune coïncide avec le point de son orbite le plus proche de la Terre, la faisant paraître nettement plus grande et plus lumineuse que d’habitude dans le ciel nocturne. Sur les 13 pleines lunes que compte l’année 2026, celle-ci est la plus spectaculaire à observer, sans nécessiter le moindre équipement particulier. La Lune fait aussi l’actualité scientifique : un cratère de 222 m formé en 2024 n’a été repéré que 18 mois plus tard.
Deux éclipses à retenir, l’une en 2026, l’autre en 2027
Sur les deux éclipses lunaires de l’année 2026, une seule sera visible depuis la France : l’éclipse lunaire partielle du 28 août 2026, observable entre 3h23 et 7h09 du matin. Pour une éclipse plus spectaculaire encore, il faudra patienter jusqu’au 2 août 2027, date d’une éclipse solaire partielle visible sur l’ensemble du territoire français, avec un pourcentage du Soleil masqué variant de 43 % dans le Nord à près de 79 % dans le Sud-Est du pays, aux alentours de 11 heures du matin.
Pour toute observation d’une éclipse solaire, même partielle, des lunettes de protection homologuées sont indispensables : regarder directement le Soleil, même partiellement masqué, peut provoquer des lésions oculaires irréversibles en quelques secondes seulement.
Les aurores boréales, un phénomène exceptionnellement accessible en 2026
Un événement mérite une attention particulière cette année : le cycle solaire actuel, arrivé à son maximum entre 2024 et 2026, rend les aurores boréales observables depuis la France métropolitaine avec une fréquence inédite depuis vingt ans, un phénomène habituellement réservé aux régions polaires. L’activité solaire est remarquablement élevée jusqu’en mars 2026, et plusieurs aurores majeures ont déjà été observées depuis la Bretagne et jusqu’en Corse au cours des deux dernières années.
Dans la phase la plus active d’un cycle solaire, la moitié nord de la France peut connaître entre 10 et 15 événements par an suffisamment intenses pour rendre une aurore visible, et 3 à 5 événements par an assez puissants pour l’observer même depuis des villes situées plus au sud comme Paris, Nantes, Lyon ou Bordeaux. Pour maximiser ses chances, repérer à l’avance un lieu avec un horizon nord bien dégagé et peu de pollution lumineuse, à 30 ou 60 kilomètres de chez soi, est la meilleure option. Pour la photographie, un réglage autour de 1600 à 3200 ISO, une ouverture maximale, un temps de pose de 5 à 10 secondes et une mise au point manuelle réglée sur l’infini permettent de capter des couleurs souvent invisibles à l’œil nu sur une simple photo au smartphone. Ce niveau d’activité solaire ne va toutefois pas durer indéfiniment, 2026 étant considérée comme l’une des dernières années véritablement propices à ce type d’observation depuis le territoire français avant que le cycle solaire ne redescende progressivement.

Quelles planètes repérer à l’œil nu
Quatre planètes sont identifiables à l’œil nu sans le moindre instrument, à condition de savoir où et quand regarder. Vénus, l’astre le plus lumineux du ciel après le Soleil et la Lune, s’observe le plus facilement juste avant le lever du Soleil ou juste après son coucher, selon la période de l’année. Mars, Jupiter et Saturne sont également repérables, généralement plus tard dans la nuit, leur position exacte variant au fil des mois selon leur propre trajectoire orbitale. Plus rarement, Mercure peut aussi être décelée au crépuscule, mais sa proximité avec le Soleil rend son observation plus délicate et limitée à de courtes fenêtres.
Où s’installer pour une observation réussie
Le facteur qui influence le plus la qualité d’une observation est, de loin, la pollution lumineuse. S’éloigner d’au moins 15 à 20 kilomètres du centre d’une grande ville, ou privilégier un parc naturel régional ou national, change radicalement le nombre d’étoiles et de météores réellement visibles par rapport à une observation depuis un jardin en zone urbaine. Laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité pendant une quinzaine de minutes avant de commencer à observer améliore également nettement la sensibilité visuelle, un temps d’adaptation que beaucoup de débutants négligent en sortant leur téléphone entre deux observations, ce qui annule instantanément cette adaptation nocturne.
Un matériel simple suffit pour bien débuter
Contrairement à une idée répandue, un télescope n’est pas nécessaire pour profiter des événements les plus marquants du ciel. Une paire de jumelles classiques permet déjà de distinguer les principaux cratères lunaires ou certaines lunes de Jupiter, pour un budget très inférieur à celui d’un télescope d’entrée de gamme. Pour qui souhaite aller plus loin, une lunette astronomique est plus simple à prendre en main qu’un télescope pour un débutant, en plus d’être plus légère et facilement transportable pour une sortie en dehors de son domicile.
Une carte du ciel, disponible sous forme d’application gratuite sur smartphone, permet de repérer facilement les constellations et la position exacte des planètes visibles à un instant donné. Une lampe à lumière rouge, plutôt qu’une lampe torche classique, est également recommandée pour consulter ses notes sans perturber l’adaptation de la vision nocturne déjà acquise.
Photographier le ciel avec un simple smartphone
Sans matériel photo spécialisé, un smartphone récent équipé d’un mode nuit permet déjà de capter des résultats surprenants sur une pluie de météores ou une pleine lune bien dégagée. Stabiliser l’appareil sur un trépied, même de fortune, plutôt que de le tenir à la main, est indispensable pour éviter le flou de bougé sur des temps de pose qui dépassent souvent plusieurs secondes en conditions de faible luminosité. Désactiver le flash, inutile et même contre-productif pour ce type de sujet, et privilégier une mise au point manuelle sur un point lumineux lointain plutôt que la mise au point automatique, souvent perdue face à un ciel presque uniformément sombre, améliore nettement la netteté du résultat final. Le choix du smartphone est détaillé dans notre guide pour choisir, sécuriser et revendre son smartphone.
Pourquoi ce dossier va continuer d’évoluer
L’actualité scientifique liée à l’espace est particulièrement riche, entre découvertes ponctuelles, comme celle récente d’une exoplanète record confirmée par la NASA, et rendez-vous récurrents comme ceux détaillés dans ce dossier. TopActu continuera de mettre à jour ce calendrier au fil de l’année, notamment à l’approche de l’éclipse solaire de 2027, dont les conditions d’observation précises seront affinées à mesure que la date se rapprochera. La coopération spatiale était au programme du premier Sommet international sur l’Espace à Paris.