La liste noire de l’AMF recense les sociétés et les sites non autorisés à proposer des placements en France : forex, options binaires, crypto-actifs, biens divers, usurpations. Elle se consulte gratuitement et se met à jour régulièrement, mais l’Autorité des marchés financiers prévient qu’elle ne peut pas être exhaustive : une société absente de la liste n’est pas pour autant autorisée. Voici comment l’utiliser, quels autres registres consulter et que faire si de l’argent est déjà parti.
L’essentiel en six points
- Contenu : six listes noires thématiques téléchargeables, qui couvrent notamment le forex, les crypto-actifs, les produits dérivés sur crypto-actifs et les biens divers.
- Limite : les listes sont mises à jour régulièrement mais ne peuvent pas être exhaustives.
- Vérification complémentaire : si la société ne figure pas sur la liste, il faut vérifier qu’elle dispose des autorisations nécessaires pour exercer en France.
- Signaux d’alerte : contact d’un inconnu, rendement très élevé et sans risque, décision à prendre vite, virement vers un RIB à l’étranger.
- Aide : Épargne Info Service répond au +33 (0)1 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30.
- Banque et assurance : pour les produits bancaires et d’assurance, les listes noires se trouvent sur le site d’ABE Infoservice.

Marché des changes, produits dérivés : de quoi parle-t-on ?
Le marché des changes, ou forex, est celui où s’échangent les devises. Des sites proposent d’y spéculer en ligne, comme sur les produits dérivés adossés à des crypto-actifs ou sur les options binaires. Ces offres doivent venir de prestataires autorisés à exercer en France, et l’AMF a créé une catégorie de liste noire pour chacune d’elles. Les fraudeurs y ajoutent des variantes : faux conseillers, faux placements, promesses de rendements irréalistes.
Une précision : TopActu ne donne pas de conseil en investissement, et l’AMF non plus. Elle indique elle-même qu’elle ne peut pas recommander un produit ou un intermédiaire financier. Cet article explique comment vérifier qui est en face de vous, pas où placer votre argent.
Ce que contient la liste noire de l’AMF
Sur son site, l’AMF répertorie les acteurs qui ont fait l’objet d’une mise en garde publique et ceux qui usurpent un acteur régulé. La page propose un moteur de recherche par nom et un filtre par catégorie. Les catégories affichées sont les suivantes.
- Forex et options binaires.
- Crypto-actifs et produits dérivés sur crypto-actifs.
- Biens divers : champagne, cheptel, conteneurs, diamants, montres, or, placements verts, produits alimentaires, terres rares, vin, whisky, offres sur objet illicite ou en crypto-actif.
- Financement participatif et plateformes de partage de revenus immobiliers.
- Usurpation, dont l’usurpation de l’AMF elle-même.
- « Autre acteur non autorisé ».
L’AMF propose de télécharger six listes noires thématiques. Sur la page consultée le 20 septembre 2026, les entrées les plus récentes dataient des 10 et 11 septembre. Elles concernaient des sites de crypto-actifs, des produits dérivés sur crypto-actifs et des usurpations, dont des sites qui se font passer pour l’AMF. Plusieurs variantes d’un même nom de domaine y figuraient, ce qui montre que la liste évolue vite et qu’un même acteur peut multiplier les adresses.
Comment consulter la liste noire, pas à pas
Commencez par le nom de la société et celui du site, puis essayez des variantes : un nom de domaine légèrement différent, une terminaison étrangère, un nom proche d’un établissement connu. La liste répertorie des noms précis, et les escrocs peuvent copier des identités réelles. Consultez ensuite les catégories qui correspondent à l’offre : forex, crypto-actifs, biens divers, financement participatif. Notez le nom exact retrouvé dans la liste, il vous servira si vous contactez Épargne Info Service.
L’AMF signale deux compléments. Le service I-SCAN donne accès aux listes noires de plus de 150 régulateurs dans le monde, mais une société non autorisée dans un pays peut l’être dans un autre. Les listes noires des entités non autorisées à proposer des produits ou services financiers en France sont aussi disponibles sur data.gouv.fr. Enfin, un test en ligne de l’AMF permet d’estimer le niveau de risque d’arnaque d’une proposition.
Une société absente de la liste n’est pas forcément autorisée
C’est le point à ne pas oublier. L’AMF est claire : si la société que vous recherchez ne figure pas sur les listes noires, vous devez tout de même vérifier qu’elle dispose des autorisations nécessaires pour exercer en France. Plusieurs registres existent selon l’activité.
- Le registre REGAFI de l’ACPR pour les établissements de crédit, les sociétés de financement, les établissements de paiement ou de monnaie électronique, et le registre REFASSU pour les organismes d’assurance. Exercer une activité de banque ou d’assurance sans agrément est illégal.
- L’ORIAS pour les intermédiaires en opérations de banque et services de paiement, en assurance et en financement participatif, qui doivent y être immatriculés.
- Les listes blanches de l’AMF : les offres de biens divers enregistrées (vin, forêt, etc.), les prestataires de services sur crypto-actifs et les prestataires de financement participatif autorisés. L’AMF précise que ces enregistrements ne sont pas une incitation à investir, ces placements restant par nature très risqués.
- Le registre de l’ESMA pour les plateformes de financement participatif agréées dans un autre pays européen, car la liste blanche correspondante n’est pas mise à jour en temps réel.
Un professionnel agréé dans un autre État de l’Espace économique européen peut aussi avoir une activité en France dans le cadre de la libre prestation de services. Dans le doute, la voie la plus sûre est d’interroger Épargne Info Service.
Les signaux d’alerte, selon l’AMF
L’AMF liste quatre signes qui doivent vous alerter : vous ne connaissez pas la personne qui vous contacte, on vous promet des rendements très élevés et sans risque, vous devez prendre une décision rapidement, ou vous devez effectuer un virement sur un RIB à l’étranger. Elle rappelle aussi qu’elle ne contacte pas de sa propre initiative les épargnants, par téléphone ou par messagerie privée. Elle ne perçoit pas de taxe auprès des particuliers, ne bloque pas de comptes et ne vous contactera jamais pour vous aider à récupérer des fonds perdus dans le cadre d’une arnaque.
Ce dernier point sert de test simple : une personne qui se présente comme l’AMF pour vous proposer de récupérer votre argent, contre des frais ou non, usurpe son identité. Notre guide des arnaques détaille d’autres schémas, du faux conseiller au faux support. Si vous cherchez plutôt des placements réglementés, notre guide de l’épargne présente le Livret A, le LEP et l’assurance-vie.
Si vous avez déjà versé de l’argent
Le plus urgent est de cesser tout versement supplémentaire, y compris les « frais de déblocage » qu’on vous réclamerait. Conservez tous les échanges et les justificatifs de paiement, et alertez votre banque sans attendre : elle peut vous indiquer les démarches possibles selon le mode de paiement utilisé. Vous pouvez contacter Épargne Info Service, plateforme créée par l’AMF en 2010, par formulaire en ligne ou par téléphone au +33 (0)1 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30, au prix d’un appel local. Ce service répond sur les produits d’épargne financière, les intermédiaires financiers et les arnaques à l’investissement.
L’AMF propose aussi un article sur la manière de déposer plainte après une arnaque à l’investissement, que nous n’avons pas détaillé ici. Les signalements et les réclamations nourrissent la veille de l’AMF : ils peuvent donner lieu à des mises en garde publiques ou alimenter les listes noires.
Pour les produits bancaires (livrets, crédits, moyens de paiement) ou d’assurance, le service compétent est Assurance Banque Épargne Info Service, au 34 14, appel gratuit. Retrouvez d’autres conseils dans la rubrique droits et démarches.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la liste noire de l’AMF ?
Un ensemble de listes des sociétés et sites non autorisés qui ont fait l’objet d’une mise en garde de l’AMF, ou qui usurpent un acteur régulé. Elle couvre le forex, les options binaires, les crypto-actifs, les produits dérivés sur crypto-actifs, les biens divers, le financement participatif et les usurpations.
Où trouver la liste noire de l’AMF ?
Sur le site de l’AMF, dans la rubrique « Listes noires et mises en garde » de l’espace épargnants. On peut y chercher par nom, filtrer par catégorie et télécharger six listes thématiques.
Une société qui ne figure pas sur la liste est-elle fiable ?
Non, pas nécessairement. L’AMF précise que ses listes ne peuvent pas être exhaustives et qu’il faut vérifier les autorisations de la société pour exercer en France.
Comment vérifier qu’un courtier ou une plateforme est autorisé ?
Selon l’activité, consultez le registre REGAFI de l’ACPR, l’ORIAS pour les intermédiaires, ou les listes blanches de l’AMF pour les crypto-actifs, les biens divers et le financement participatif. En cas de doute, contactez Épargne Info Service.
L’AMF peut-elle m’aider à récupérer mon argent ?
L’AMF affirme qu’elle ne vous contactera jamais pour vous aider à récupérer des fonds perdus. Elle peut en revanche répondre à vos questions via Épargne Info Service et intégrer votre signalement à sa veille.