Un téléphone qui tombe à l’eau, un ordinateur volé, un disque qui lâche, un rançongiciel : sauvegarder ses photos et ses documents protège de tout cela, à condition de le faire avant l’incident. Cybermalveillance.gouv.fr rappelle que la perte, le vol, la panne ou le piratage d’un appareil entraînent la perte des données qu’il contient. Ce guide explique la règle de sauvegarde recommandée par la CNIL, compare le disque dur externe et le cloud avec les tarifs officiels, et propose une routine simple à mettre en place en une soirée.
Sauvegarder ses photos et ses documents : copie, synchronisation, sauvegarde
Beaucoup d’utilisateurs pensent être protégés parce que leurs photos apparaissent dans le cloud. Une vraie sauvegarde est pourtant une copie indépendante, conservée ailleurs que sur l’appareil d’origine, et qui doit survivre à une panne, un vol ou une attaque.
Cybermalveillance.gouv.fr distingue trois types de sauvegarde :
- La sauvegarde complète : elle copie toutes les données à chaque passage.
- La sauvegarde incrémentale : elle copie seulement ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde.
- La sauvegarde différentielle : elle copie ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde complète.
Pour un particulier, la plupart des solutions intègrent une fonction de planification. On choisit les dossiers à protéger et la fréquence, et le logiciel fait le travail.
La règle 3-2-1, la référence de la CNIL
La CNIL recommande la règle dite 3-2-1, décrite sur son site : trois copies des données, sur deux types de supports différents, dont une copie conservée hors ligne, déconnectée du réseau. L’idée est de ne jamais dépendre d’un seul appareil ni d’un seul lieu.
Concrètement, pour des photos de famille, cela peut donner :
- Copie 1 : les photos sur le téléphone ou l’ordinateur, c’est l’original.
- Copie 2 : une copie sur un disque dur externe, un autre type de support, rangé à l’écart.
- Copie 3 : une copie dans un espace en ligne, géographiquement distincte de la maison.
La CNIL cite aussi les erreurs à éviter : stocker les sauvegardes sur la même infrastructure que les données d’origine, les garder dans le même lieu, ou leur appliquer un niveau de sécurité plus faible. Une sauvegarde laissée branchée en permanence est exposée, au même titre que l’ordinateur, aux logiciels malveillants.
Pourquoi déconnecter le disque après la sauvegarde
Cybermalveillance.gouv.fr conseille de débrancher le support de sauvegarde une fois la copie terminée. La raison est simple : un rançongiciel chiffre les fichiers qu’il atteint, y compris ceux d’un disque laissé connecté. Un disque débranché échappe à l’attaque.
L’organisme recommande aussi de tester régulièrement la restauration, c’est-à-dire d’essayer de récupérer quelques fichiers depuis la sauvegarde. Un matériel peut tomber en panne, et un processus de sauvegarde peut échouer sans prévenir. Mieux vaut le savoir un mardi soir tranquille que le jour de la panne.
Dernier point, la durée de vie des supports : Cybermalveillance.gouv.fr indique qu’un DVD conserve les données environ 10 à 15 ans. Les disques et les clés USB ont leur propre durée de vie, qui n’est pas illimitée non plus. Une sauvegarde se renouvelle donc dans le temps.
Enfin, si les données sont sensibles, la même vigilance vaut pour la sauvegarde : le site recommande de la chiffrer et d’en limiter l’accès, comme pour les fichiers d’origine.
Le disque dur externe : une copie à soi, sans abonnement
Le disque dur externe se branche en USB, se range à l’écart et ne coûte rien chaque mois. C’est la deuxième copie de la règle 3-2-1. Notre comparatif des SSD externes détaille les modèles plus rapides, et notre guide des câbles USB-C aide à choisir un câble adapté au transfert de données.
Parmi les disques durs portables, le Toshiba Canvio Partner de 2 To est affiché à 103,99 euros sur Amazon, contre 122,99 euros de prix conseillé. La note est de 4,5 sur 5 sur 12 890 avis, et il est expédié et vendu par Amazon. Toshiba annonce une interface USB à 5 Gbit/s, un fonctionnement sans logiciel ni pilote et la compatibilité avec Mac et Windows. Il convient à une copie complète de photos et de documents, à brancher le temps de la sauvegarde puis à ranger.
Le tarif relevé le 6 octobre peut évoluer.
Le cloud : une copie hors de chez soi
L’espace en ligne répond à la troisième copie de la règle : il se trouve hors de la maison, ce qui correspond à la recommandation de la CNIL de conserver une copie dans un autre lieu. Cybermalveillance.gouv.fr cite les services de cloud comme alternative aux supports physiques. Voici les formules de deux grands fournisseurs, d’après leurs pages officielles.
- iCloud+ (Apple) : 5 Go gratuits pour tous les utilisateurs, puis, d’après la page des forfaits, 50 Go à 0,99 euro par mois, 200 Go à 2,99 euros et 2 To à 9,99 euros, avec des offres de 6 To et 12 To au-delà.
- Google One : 15 Go gratuits avec le compte Google, puis, selon la page des offres, 100 Go à 1,99 euro par mois, 200 Go à 2,99 euros et 2 To à 9,99 euros dans l’offre Google AI Plus, partageables avec cinq personnes.
Pour une famille, l’offre Google One se partage avec cinq personnes, ce qui répartit le coût. Chez Apple, tous les forfaits iCloud+ offrent les mêmes fonctionnalités de base, et la capacité est la principale différence. Le coût s’additionne sur la durée : un abonnement à 2,99 euros par mois pour 200 Go représente 35,88 euros par an, à comparer avec l’achat unique d’un disque. Le cloud permet en revanche une copie automatique, sans y penser.
Une précaution : l’accès à un compte cloud passe par un mot de passe, qu’il faut protéger. Notre guide des mots de passe et des passkeys explique comment sécuriser ce compte, et notre guide des arnaques et du phishing détaille les faux messages qui visent justement ces identifiants.
Si un rançongiciel bloque vos fichiers
Un rançongiciel bloque l’accès à un équipement ou à des données, les chiffre ou les copie, puis réclame de l’argent. Cybermalveillance.gouv.fr indique les premiers gestes à adopter :
- Couper la connexion à internet en éteignant la box, puis isoler la machine touchée en débranchant le câble réseau ou en désactivant le Wi-Fi.
- Ne pas éteindre l’ordinateur, pour préserver des traces utiles aux enquêteurs.
- Ne pas payer la rançon : rien ne garantit la récupération des données, et le paiement encourage de nouvelles attaques.
- Déposer plainte avant de réinstaller la machine, afin de conserver les preuves techniques.
Le site cite parmi les défenses essentielles des sauvegardes régulières, conservées hors ligne, dont la restauration a été testée. C’est la situation où la copie débranchée prend toute sa valeur.
Les erreurs de sauvegarde à éviter
La CNIL met en garde contre plusieurs pratiques, qui valent aussi pour un particulier :
- Stocker la sauvegarde au même endroit que les données d’origine : un incendie, un vol ou un dégât des eaux emporte les deux.
- Laisser le disque branché en permanence, ce qui l’expose aux mêmes risques que l’ordinateur.
- Ne jamais tester la restauration et découvrir trop tard que la copie est illisible.
- Négliger la protection de la copie : une sauvegarde de documents sensibles mérite le même niveau de sécurité que les originaux, chiffrement compris.
Une routine de sauvegarde en cinq étapes
- Listez ce qui compte : photos, scans de papiers d’identité et de contrats, documents de travail, messages à garder.
- Activez la copie automatique du téléphone vers le cloud et vérifiez l’espace disponible.
- Branchez le disque externe à intervalle régulier, copiez les dossiers, puis débranchez-le et rangez-le ailleurs que près de l’ordinateur.
- Testez la restauration régulièrement : ouvrez quelques fichiers depuis la sauvegarde.
- Renouvelez les supports avant qu’ils ne vieillissent, et chiffrez la sauvegarde si elle contient des documents sensibles.
Pour le smartphone en particulier, notre dossier pour choisir, sécuriser et revendre son smartphone détaille ce qu’il faut sauvegarder avant de le donner ou de le vendre.
Appliquez la règle 3-2-1 : trois copies, deux supports, une copie hors ligne et une hors de chez vous, et débranchez le disque une fois la sauvegarde terminée.
FAQ
Qu’est-ce que la règle 3-2-1 ?
Trois copies des données, sur deux types de supports différents, dont une copie conservée hors ligne. C’est la recommandation décrite par la CNIL.
Le cloud suffit-il comme sauvegarde ?
Pas à lui seul. La CNIL recommande plusieurs copies sur deux types de supports différents, dont une copie hors ligne. Le cloud est une copie utile, à associer à un support que l’on garde chez soi.
Faut-il débrancher le disque dur externe ?
Oui, une fois la sauvegarde terminée. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de déconnecter le support pour éviter qu’un rançongiciel ne l’atteigne.
À quelle fréquence sauvegarder ?
Selon le rythme auquel vos fichiers changent. Cybermalveillance.gouv.fr recommande des sauvegardes régulières, planifiées, adaptées à la fréquence de modification des données.
Combien de temps un support conserve-t-il les données ?
Cela dépend du support. Cybermalveillance.gouv.fr cite 10 à 15 ans pour un DVD. Pour les disques et les clés USB, il faut surtout surveiller leur état et renouveler les copies.
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Sources : CNIL (« Sécurité : sauvegarder »), Cybermalveillance.gouv.fr (« Pourquoi et comment bien gérer ses sauvegardes », fiche réflexe sur les rançongiciels), pages officielles Apple et Google One sur leurs forfaits, fiche produit Amazon.fr, consultés le 6 octobre 2026.
