Arnaques en ligne et par téléphone en 2026 : phishing, faux conseiller, faux support, démarchage, comment réagir

Une banque, une administration ou un support technique ne vous demandera jamais un code, un mot de passe ou l’accès à votre ordinateur par téléphone ou par message. Si on vous le demande, c’est une arnaque : raccrochez, ne cliquez pas, et contactez l’organisme par un canal que vous connaissez. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique commercial est en outre interdit sans votre accord préalable.

Près d’un Français sur deux a désormais été notifié d’une violation de ses données personnelles, selon le baromètre Ipsos publié le 15 septembre 2026 par Cybermalveillance.gouv.fr. Ces données alimentent chaque arnaque phishing, faux support ou démarchage. Ce guide s’appuie sur Cybermalveillance.gouv.fr, la Banque de France et Service-Public pour reconnaître les principales fraudes et savoir quoi faire.

L’essentiel en sept points

  • Ne donnez jamais un code, un mot de passe ou un identifiant bancaire, à personne, quelle que soit la raison invoquée.
  • Ne cliquez pas sur le lien d’un message non sollicité. Passez par le site ou l’appli que vous connaissez.
  • Faux conseiller bancaire : une banque n’a besoin d’aucune action de votre part pour bloquer une opération suspecte. Au moindre doute, raccrochez.
  • Faux support technique : aucun support officiel ne vous contactera pour une prétendue alerte de sécurité. N’appelez pas le numéro affiché.
  • Victime : faites opposition, gardez les preuves, signalez, contestez les opérations auprès de votre banque.
  • Signaler : 33700 pour les SMS, Signal Spam pour les courriels, Phishing Initiative pour les faux sites, 17Cyber pour être assisté.
  • Démarchage téléphonique : interdit depuis le 11 août 2026 sans consentement préalable ou contrat en cours.

Le phishing (hameçonnage)

Le phishing est un SMS ou un courriel frauduleux, parfois un appel, qui vous pousse à donner des données personnelles ou bancaires en se faisant passer pour un tiers de confiance : banque, opérateur, fournisseur d’énergie, réseau social, site de commerce en ligne, administration. Le but est de voler comptes, mots de passe et données de carte.

Les signaux d’alerte sont connus : une offre trop belle, une apparence suspecte, une pièce jointe inattendue, une adresse d’expédition fantaisiste, un message qui presse.

Cybermalveillance.gouv.fr donne sept réflexes.

  • Ne communiquez jamais d’information sensible par messagerie ou par téléphone : aucune administration ni société sérieuse ne demande vos données bancaires ou vos mots de passe ainsi.
  • Avant de cliquer, placez le curseur sur le lien sans cliquer : l’adresse réelle s’affiche. Ou passez par un favori que vous avez créé.
  • Vérifiez l’adresse du site dans le navigateur. Un seul caractère qui change suffit à tromper.
  • Contactez directement l’organisme si vous avez un doute.
  • Utilisez un mot de passe différent et complexe pour chaque site.
  • Vérifiez la date et l’heure de dernière connexion à votre compte, quand le site l’indique.
  • Activez la double authentification quand elle est proposée.

La Banque de France ajoute une règle : une administration n’enverra jamais de courriel, de SMS ou d’appel vous invitant à remplir un formulaire en ligne pour obtenir un remboursement sans passer par votre espace authentifié. Elle n’écrira pas non plus depuis un numéro mobile inconnu (06 ou 07) ni depuis une adresse dont l’extension diffère de celle de son site officiel.

Le faux conseiller bancaire

Cette arnaque prospère depuis que l’authentification forte a réduit la fraude classique. Le fraudeur a déjà récupéré des données sensibles. Il vous appelle en se faisant passer pour un conseiller, souvent pour le service des fraudes, et crée un climat d’urgence. Il vous demande de valider une opération dans votre application ou de lui communiquer un code, sous prétexte de bloquer des opérations frauduleuses. C’est l’inverse : ces actions permettent les paiements ou les virements.

Depuis le 1er octobre 2024, les opérateurs sécurisent mieux les numéros fixes, ce qui limite l’usurpation des lignes de banque. Les fraudeurs appellent toutefois depuis des lignes ordinaires, mobiles comprises.

La consigne de la Banque de France est nette : au moindre doute, raccrochez. Votre banque n’a besoin d’aucune action de votre part pour bloquer une transaction qu’elle juge suspecte. Un conseiller légitime ne vous demandera jamais de code, de mot de passe ou d’identifiant, ni d’effectuer ou de valider des opérations. Rappelez ensuite votre banque par un canal sûr : votre application ou le numéro qui y figure.

Le faux support technique

Un message d’alerte plein écran vous annonce un virus, un blocage, une perte de données, et vous invite à appeler un prétendu support Microsoft ou Apple. Ce message n’a rien de l’alerte de votre système ou de votre antivirus. C’est une page frauduleuse, ouverte par exemple après un clic sur une publicité, un résultat sponsorisé, un faux article ou un courriel piégé. Parfois, de faux techniciens appellent directement.

Le scénario est rodé. On vous convainc de donner l’accès à distance à votre ordinateur, on vous facture un dépannage fictif ou des logiciels inutiles, on menace de détruire vos fichiers si vous refusez. De plus en plus souvent, les escrocs vous font ouvrir vos comptes bancaires prétendument piratés pour « les sécuriser », et vident les comptes. Les préjudices vont de quelques centaines à des dizaines de milliers d’euros.

Si vous en êtes victime :

  • n’appelez pas le numéro indiqué et ne répondez à aucune sollicitation ;
  • photographiez l’écran pour garder une preuve ;
  • fermez la fenêtre (touche Échap ou F11), sinon redémarrez l’ordinateur ;
  • nettoyez le navigateur : cache, cookies, paramètres par défaut ;
  • si un faux technicien a pris la main, désinstallez le programme d’accès à distance (AnyDesk, TeamViewer, ConnectWise) et changez tous vos mots de passe ;
  • lancez une analyse complète avec votre antivirus ;
  • faites opposition si vous avez donné votre carte, demandez le remboursement à votre banque, ou l’annulation d’un virement.

Aucun support technique officiel ne vous contactera jamais, ni ne vous demandera de le contacter, pour une prétendue alerte de sécurité.

Le démarchage téléphonique : les règles depuis le 11 août 2026

Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique commercial est interdit par principe, pour les entreprises de tous les secteurs. Avant cette date, il fallait s’inscrire sur Bloctel pour l’éviter, sauf dans quelques secteurs déjà interdits comme la rénovation énergétique.

Une entreprise ne peut vous démarcher par téléphone que dans deux cas.

  • L’appel concerne un contrat en cours, et l’offre a un rapport avec son objet : produits complémentaires, amélioration du service.
  • Elle a obtenu votre accord préalable, libre, éclairé et donné par un acte positif clair.

Le consentement se recueille par exemple lors d’un achat, d’une visite en magasin ou d’un formulaire. L’entreprise doit demander clairement si vous acceptez d’être appelé à des fins commerciales, préciser les biens ou services concernés et indiquer une durée. Cette durée ne dépasse pas un an, sans renouvellement tacite. Vous pouvez retirer votre accord à tout moment, même oralement.

Le démarchage n’est permis que du lundi au vendredi, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 20 heures, et jamais les samedis, dimanches et jours fériés, sauf si vous avez explicitement accepté un autre créneau précis. Tout contrat conclu depuis le 11 août à la suite d’un démarchage non conforme n’est pas valable, et c’est au professionnel de prouver le consentement.

Un appel abusif se signale sur SignalConso. Un appel de démarchage qui prétend vous faire gagner un remboursement, une prime ou une aide est un signal d’alerte supplémentaire, surtout s’il vous demande des données bancaires. Pour les démarches administratives en ligne, passez toujours par vos espaces officiels : notre guide des démarches administratives en ligne les recense.

Victime : que faire, dans l’ordre

La Banque de France recommande trois étapes, dans cet ordre.

  • Faire opposition. Contactez votre banque par un canal sûr, quel que soit le moyen de paiement. Pour une carte, le serveur interbancaire répond au 0 892 705 705 (0,34 euro la minute, 24 heures sur 24).
  • Signaler aux forces de l’ordre. Utilisez la plateforme Perceval pour une fraude à la carte bancaire sur internet, Thésée pour les autres escroqueries, notamment par virement, ou un commissariat après une pré-plainte en ligne. Votre banque ne peut pas exiger un dépôt de plainte avant d’examiner votre demande de remboursement.
  • Contester auprès de la banque. La loi prévoit, sous conditions, le remboursement des opérations non autorisées (articles L. 133-18 et L. 133-19 du Code monétaire et financier). Réunissez tous les éléments : messages, captures d’écran, relevés.

En complément, conservez le message frauduleux et changez vos mots de passe. Signalez :

  • les SMS au 33700, gratuit, qui permet de couper les lignes ouvertes par les fraudeurs ;
  • les courriels à Signal Spam ;
  • les faux sites à Phishing Initiative, qui bloque l’adresse ;
  • l’arnaque à la plateforme Info Escroqueries du ministère de l’Intérieur, au 0 805 805 817 (gratuit, de 9 h à 18 h 30 du lundi au vendredi).

Une association de France Victimes vous accompagne gratuitement au 116 006, tous les jours de 9 h à 19 h. Et 17Cyber, service public gratuit de la Police nationale, de la Gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr, propose un diagnostic et une assistance en ligne 24 heures sur 24 si vous êtes victime d’un virus, d’un hameçonnage ou d’une arnaque bancaire.

Sur le plan pénal, l’escroquerie est punie de cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. La collecte frauduleuse de données personnelles est punie de cinq ans et 300 000 euros.

Prévenir : les habitudes qui protègent

  • Un mot de passe unique et complexe par service, et un gestionnaire de mots de passe pour les retenir.
  • La double authentification partout où elle existe.
  • Les mises à jour de sécurité de l’ordinateur, du téléphone et du navigateur, et un antivirus à jour.
  • Des sauvegardes régulières.
  • Aucun clic sur les publicités et articles sponsorisés aux titres racoleurs, et méfiance envers les liens qui s’affichent en tête des moteurs de recherche.
  • Aucun mot de passe, code de carte ou code reçu par SMS communiqué à un tiers, même de bonne foi.

Pour les achats, notre guide du droit de rétractation et des achats en ligne et notre dossier Black Friday et Noël, bons prix et arnaques détaillent les vérifications à faire. Toutes nos alertes se trouvent dans la rubrique rappels et sécurité.

Questions fréquentes

Une banque peut-elle me demander un code par téléphone ?

Non. Un conseiller ne vous demandera jamais de code, de mot de passe, d’identifiant, ni de valider une opération. Raccrochez et rappelez votre banque par l’application ou le numéro qui y figure.

Que faire si j’ai cliqué sur un lien de phishing ?

Ne donnez aucune information et fermez la page. Si vous avez saisi un mot de passe, changez-le partout où vous l’utilisez. Si vous avez communiqué vos données bancaires, faites opposition immédiatement et signalez le message.

Comment signaler un SMS frauduleux ?

Au 33700, par SMS ou sur la plateforme dédiée. Le service est gratuit. Il permet de couper les lignes utilisées par les fraudeurs.

Peut-on encore être démarché par téléphone ?

Oui, dans deux cas : pour un contrat en cours, avec une offre liée à l’objet du contrat, ou si vous avez donné votre accord préalable. Sinon, le démarchage est interdit depuis le 11 août 2026, et le contrat conclu n’est pas valable.

La banque doit-elle me rembourser après une fraude ?

La loi prévoit, sous conditions, le remboursement des opérations non autorisées. Faites opposition, signalez la fraude, puis contestez les opérations auprès de votre banque avec toutes les preuves.

Que faire si un faux technicien a pris le contrôle de mon ordinateur ?

Désinstallez le programme d’accès à distance, changez tous vos mots de passe, lancez une analyse antivirus et faites opposition si vous avez donné vos coordonnées bancaires.

Où trouver de l’aide gratuite ?

Le 17Cyber en ligne, 24 heures sur 24, l’association France Victimes au 116 006 et Info Escroqueries au 0 805 805 817.

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