Un incendie d’habitation se déclare toutes les 2 minutes en France, et le monoxyde de carbone intoxique près de 4 000 personnes par an. Trois habitudes réduisent le risque : un détecteur de fumée aux normes dans le logement, des appareils de chauffage contrôlés chaque année, et un plan simple si le feu se déclare.
Avec l’arrivée du froid, ces trois points redeviennent urgents. Ce guide s’appuie sur la DGCCRF (répression des fraudes), la sécurité civile, Santé publique France et les agences régionales de santé. Il ne remplace pas les consignes des pompiers.
L’essentiel en sept points
- Incendies : les sapeurs-pompiers interviennent chaque année sur 60 000 à 70 000 incendies d’habitation, qui font plus de 200 morts et plus de 9 000 blessés.
- Détecteur de fumée : obligatoire dans tous les logements depuis le 8 mars 2015. Il doit porter le marquage CE et respecter la norme NF EN 14604.
- Qui fait quoi : le propriétaire fournit et installe, l’occupant entretient (piles, tests). L’occupant prévient son assureur.
- Monoxyde de carbone : gaz incolore et inodore, près de 4 000 intoxications par an et une centaine de décès. Parmi les causes principales : appareils de chauffage mal entretenus, conduits obstrués, pièces mal ventilées.
- Chaudière : entretien annuel obligatoire par un professionnel pour les appareils de 4 à 400 kilowatts, avec attestation à conserver.
- Feu chez soi : sortir, fermer la porte sans la verrouiller, appeler le 18 ou le 112. Jamais l’ascenseur.
- Intoxication au CO : aérer, évacuer, appeler le 15, le 18 ou le 112.

Le détecteur de fumée : ce que dit la loi
Tous les logements, individuels ou collectifs, loués ou occupés par leur propriétaire, doivent avoir un détecteur autonome avertisseur de fumée (DAAF). L’obligation date de la loi ALUR : les logements devaient être équipés avant le 8 mars 2015.
La DGCCRF précise le partage des rôles.
- Le propriétaire installe au moins un détecteur normalisé, de préférence dans la circulation ou le dégagement qui dessert les chambres. Il vérifie son fonctionnement à l’état des lieux si le logement est loué, même à titre saisonnier.
- L’occupant, propriétaire ou locataire, l’entretient : changement des piles, tests réguliers, renouvellement. Le propriétaire fournit le détecteur au locataire, ou lui rembourse l’achat.
- L’assureur doit être informé par l’occupant si le contrat garantit les dommages d’incendie.
Le détecteur porte le marquage CE et respecte la norme NF EN 14604. Son alarme est d’au moins 85 décibels. L’étiquette indique le fabricant et le modèle, et la notice explique où le poser et comment changer les piles. Un lot de deux détecteurs Smartwares, annoncés aux normes NF, est affiché autour de 15 euros sur Amazon au moment de la rédaction.
Aucune sanction n’est prévue en l’absence de détecteur, et l’assureur ne peut pas refuser d’indemniser un incendie pour ce motif. Le détecteur reste indispensable : les fumées tuent en quelques minutes, souvent pendant le sommeil.
Une précaution : vous pouvez installer le détecteur vous-même. Il n’existe ni installateur agréé par l’État, ni diplôme reconnu. Si un démarcheur se présente chez vous, la vente doit respecter les règles de la vente à domicile : 14 jours de réflexion, un contrat en bonne et due forme, et aucun paiement demandé avant 7 jours.
Que faire si le feu se déclare
La sécurité civile diffuse deux consignes, selon l’origine du feu.
Si le feu est chez vous et que vous ne pouvez pas l’éteindre :
- Évacuez le logement et fermez la porte derrière vous, sans la verrouiller.
- Alertez les autres occupants de la maison ou de l’immeuble.
- N’utilisez pas l’ascenseur.
- Si la pièce est remplie de fumée, rampez près du sol jusqu’à un endroit sûr.
- Appelez les pompiers, au 18 ou au 112 depuis un portable, et ne raccrochez qu’avec leur autorisation.
Si le feu est à l’extérieur de votre logement :
- N’empruntez pas l’escalier s’il est enfumé.
- Restez chez vous et calfeutrez-vous.
- Renforcez l’étanchéité de la porte d’entrée avec des linges humides, et humidifiez la porte sur toute sa surface.
Un incendie peut couver plusieurs heures avant que les flammes n’apparaissent. Les victimes sont surtout intoxiquées par les fumées toxiques, et une intoxication empêche de fuir. Même une exposition brève peut laisser des séquelles à vie : asthme chronique, insuffisance respiratoire ou cardiaque.
Prévenir l’incendie
Les appareils électriques et leur mauvais usage sont responsables d’un incendie sur quatre, selon les services de l’État. Voici les conseils de la préfecture du Finistère.
- Faites entretenir régulièrement les installations de gaz et d’électricité.
- Surveillez les prises multiples utilisées en surpuissance, les fils de lampe abîmés, les lampadaires halogènes sans grille et les abat-jours en papier.
- Éloignez les produits inflammables des radiateurs, des ampoules, des bougies et des plaques chauffantes.
- Éteignez complètement les cigarettes, et évitez de fumer à l’intérieur.
- En cuisine, méfiez-vous de l’huile sur le feu et du grille-pain. Débranchez les appareils inutilisés.
- N’utilisez ni alcool ni essence pour allumer la cheminée ou le barbecue. Protégez un foyer ouvert par une grille pare-feu.
- Ayez un extincteur chez vous. Un extincteur à poudre ABC de 6 kg de la marque Smartwares, livré avec son support, est affiché autour de 55 euros sur Amazon au moment de la rédaction.
Avec de jeunes enfants, ne les laissez jamais seuls, tenez briquets, allumettes et bougies hors de leur portée, et ne placez pas de chauffage d’appoint dans leur chambre. Les batteries au lithium des vélos et des trottinettes se rechargent loin de tout matériau combustible : notre guide des mobilités douces détaille les consignes.

Le monoxyde de carbone, un gaz qu’on ne voit pas
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore et non irritant. Il naît d’une combustion incomplète, quel que soit le combustible : bois, butane, charbon, essence, fioul, gaz naturel, pétrole ou propane. C’est la première cause de mortalité par intoxication en France : environ 4 000 personnes sont intoxiquées chaque année, et une centaine en meurent.
Les intoxications surviennent le plus souvent à domicile. Les causes sont bien connues :
- une mauvaise évacuation des fumées (conduit obstrué ou mal dimensionné) ;
- une pièce sans ventilation, avec des entrées d’air bouchées ;
- des appareils de chauffage ou de production d’eau chaude mal entretenus ou vétustes ;
- des installations incompatibles dans un même logement, par exemple une chaudière à gaz et une hotte ;
- un usage inapproprié : chauffage d’appoint en continu, groupe électrogène dans un lieu fermé.
Les gestes de prévention recommandés par l’agence régionale de santé sont simples.
- Faites vérifier chaque année vos chaudières, cheminées, chauffe-eau, poêles et conduits par un professionnel qualifié, quel que soit le combustible.
- Aérez votre logement 10 minutes par jour, même en hiver, et n’obstruez jamais les grilles d’aération.
- N’utilisez pas d’appareil de chauffage d’appoint en continu. Pas de panneau radiant à gaz ni de poêle à pétrole en usage prolongé.
- Ne chauffez jamais une pièce fermée avec une cuisinière, un brasero ou un barbecue.
- Remplacez les appareils anciens raccordés à un conduit de fumée.
- N’utilisez pas de groupe électrogène dans un espace clos.
Côté réglementation, l’entretien annuel par un professionnel est obligatoire pour les chaudières de 4 à 400 kilowatts. Le professionnel remet une attestation dans les 15 jours, à conserver. Le ramonage est encadré par le règlement sanitaire de votre département : en règle générale une fois par an, deux pour le bois et le fioul. Un détecteur de monoxyde de carbone, comme ce modèle annoncé conforme à la norme EN 50291, affiché autour de 26 euros sur Amazon au moment de la rédaction, complète ces mesures sans les remplacer.
Reconnaître une intoxication, réagir
L’intoxication chronique se manifeste par des maux de tête, des nausées, une confusion et de la fatigue. Ces signes sont peu spécifiques et se confondent avec d’autres maladies. L’intoxication aiguë provoque vertiges, perte de connaissance, paralysie musculaire, troubles du comportement, voire coma ou décès. Certaines victimes gardent des séquelles : migraines chroniques, troubles de la coordination, paralysies.
Si vous soupçonnez une intoxication :
- aérez immédiatement en ouvrant portes et fenêtres ;
- arrêtez si possible les appareils à combustion ;
- faites sortir tous les occupants ;
- appelez les secours : le 112 (ou le 114 pour les personnes malentendantes), le 18 ou le 15 ;
- ne rentrez pas avant l’avis d’un professionnel du chauffage ou des pompiers.
Une check-list avant l’hiver
- Faire réviser la chaudière et conserver l’attestation.
- Faire ramoner cheminée, poêle et insert, selon le règlement de votre département.
- Tester les détecteurs de fumée et vérifier leurs piles, en suivant la notice.
- Contrôler les multiprises, les rallonges et les fils apparents.
- Dégager les grilles d’aération et aérer chaque jour.
- Prévenir votre assureur de l’équipement en détecteurs. Notre guide pour négocier ses abonnements et assurances explique comment revoir un contrat.
- Vérifier sur RappelConso qu’aucun appareil de chauffage ou détecteur de votre foyer ne fait l’objet d’un rappel. Notre guide pour vérifier un rappel produit détaille la procédure. La DGCCRF publie les références des détecteurs de fumée retirés du marché.
Retrouvez nos autres alertes dans la rubrique rappels et sécurité.
Questions fréquentes
Le détecteur de fumée est-il obligatoire ?
Oui, dans tous les logements, depuis le 8 mars 2015. Il doit porter le marquage CE et respecter la norme NF EN 14604.
Qui installe le détecteur, le locataire ou le propriétaire ?
Le propriétaire installe et fournit le détecteur, ou rembourse son achat au locataire. L’occupant l’entretient : piles, tests, renouvellement.
Que risque-t-on sans détecteur de fumée ?
Aucune sanction n’est prévue par la réglementation. Un assureur ne peut pas refuser d’indemniser un incendie pour ce motif. Le risque est humain : les fumées tuent en quelques minutes.
Peut-on chauffer un logement avec un chauffage d’appoint en continu ?
Non. Un chauffage d’appoint n’est pas destiné à chauffer en continu, et l’usage prolongé de panneaux radiants à gaz ou de poêles à pétrole est déconseillé. C’est une cause fréquente d’intoxication au monoxyde de carbone.
Que faire en cas de suspicion d’intoxication au monoxyde de carbone ?
Aérer, arrêter les appareils si possible, sortir, et appeler le 112, le 18 ou le 15. Ne rentrez pas avant l’avis d’un professionnel ou des pompiers.
Quel numéro appeler en cas d’incendie ?
Le 18 ou le 112 depuis un portable. Attendez l’autorisation des pompiers pour raccrocher.
La chaudière doit-elle être contrôlée chaque année ?
Oui, pour les chaudières de 4 à 400 kilowatts, par un professionnel qui remet une attestation dans les 15 jours.