Lire les étiquettes alimentaires en 2026 : DLC, DDM, Nutri-Score, allergènes et labels expliqués

Un emballage alimentaire porte de nombreuses mentions, et toutes n’ont pas le même poids. Certaines sont imposées par la loi, d’autres sont volontaires, d’autres encore relèvent du marketing. Pour lire les étiquettes alimentaires sans perdre de temps, il suffit de savoir ce qui est obligatoire, ce qui est encadré et ce qui n’est qu’un argument de vente. Ce dossier s’appuie sur les fiches officielles de Bercy et de la DGCCRF pour expliquer les dates, les ingrédients, les allergènes, le Nutri-Score, l’origine et les labels.

L’essentiel à retenir

  • La date n’a pas le même sens partout. La DLC (« à consommer jusqu’au ») est une limite impérative. La DDM (« à consommer de préférence avant ») est indicative.
  • Les ingrédients sont classés par ordre décroissant de poids, additifs et arômes compris, et les allergènes doivent être mis en évidence.
  • Le tableau nutritionnel est obligatoire sur les produits préemballés, pour 100 g ou 100 ml. Le Nutri-Score est facultatif.
  • Les labels officiels sont contrôlés (AOP, IGP, STG, AB, Label Rouge), mais une mention marketing comme « naturel » n’est pas un label.

Lire les étiquettes alimentaires : les mentions obligatoires d’un produit préemballé

Selon le règlement européen n° 1169/2011, l’étiquetage doit être clair, précis, rédigé en français et ne pas induire le consommateur en erreur sur la composition ou l’origine du produit. Bercy liste les mentions qui doivent figurer sur un produit préemballé :

  • la dénomination de vente, qui définit le produit, par exemple « confiture extra de coings » ;
  • la liste des ingrédients, avec les allergènes mis en relief ;
  • la quantité de certains ingrédients, notamment ceux mis en valeur dans la dénomination (gâteau aux fraises, pizza au jambon) ;
  • la quantité nette, en volume pour un liquide ou en masse, avec le poids net égoutté si le produit est présenté dans un liquide ;
  • la date limite de consommation (DLC) ou la date de durabilité minimale (DDM) ;
  • le titre alcoométrique pour les boissons qui titrent plus de 1,2 % d’alcool en volume ;
  • l’identité de l’opérateur qui commercialise la denrée, établi dans l’Union européenne, avec le code « EMB » suivi de numéros si le conditionnement est fait par un prestataire ;
  • le numéro de lot, à des fins de traçabilité ;
  • le mode d’emploi et les conditions de conservation, quand ils sont nécessaires ;
  • la déclaration nutritionnelle ;
  • l’origine pour certaines denrées.

Le Nutri-Score, lui, vient en complément de la déclaration nutritionnelle, à titre volontaire.

DLC ou DDM : ce que change la date

La date limite de consommation (DLC) indique une limite impérative, sous la forme « à consommer jusqu’au » suivie du jour, du mois et de l’année. Elle concerne les produits microbiologiquement très périssables, à conserver au frais : viandes, poissons, charcuterie, plats cuisinés réfrigérés, certains produits laitiers comme les yaourts. Au-delà de cette date, ces aliments sont impropres à la consommation et il est interdit de les commercialiser : le commerçant doit les détruire. La DLC n’est plus valable une fois le produit ouvert : suivez la mention « à consommer dans les X jours après ouverture ». Ne congelez jamais un produit dont la DLC est atteinte ou dépassée.

La date de durabilité minimale (DDM) est indicative. Elle s’applique aux produits secs, stérilisés ou déshydratés : café, gâteaux secs, conserves, pâtes, riz, sucre, farine. Sa formule dépend de la durabilité du produit. Pour moins de trois mois, elle indique le jour et le mois : « à consommer de préférence avant le… ». Entre trois et 18 mois, elle indique le mois et l’année. Au-delà de 18 mois, elle indique l’année seule. Elle a remplacé la DLUO.

Un produit dont la DDM est dépassée peut être commercialisé et consommé. Il a pu perdre une part de ses qualités nutritionnelles et gustatives, comme l’arôme ou la consistance. Sauf altération de l’emballage ou du produit, il n’est pas nécessaire de le jeter, mais Bercy conseille de vérifier l’aspect et l’odeur. Sur une boîte de conserve, une déformation, des traces de rouille ou un bombement révèlent une altération : dans le doute, ne la consommez pas. Depuis le décret du 17 novembre 2022, les fabricants peuvent ajouter « Pour une dégustation optimale » avant la date. Ils peuvent aussi écrire « Ce produit peut être consommé après cette date ».

Sont exemptés de DLC ou de DDM les denrées vendues non préemballées, les fruits et légumes frais, les boissons alcoolisées, les vinaigres, les sels de cuisine et les sucres solides. Il en va de même des produits de boulangerie et de pâtisserie consommés dans les 24 heures et de certains produits de confiserie. La date de congélation est obligatoire pour les viandes et préparations de viande congelées, ainsi que pour les produits de la pêche congelés non transformés.

La liste des ingrédients et les allergènes

Les ingrédients apparaissent par ordre d’importance pondérale décroissante, additifs et arômes compris. Le premier ingrédient est donc celui dont le produit contient le plus. Lorsqu’un ingrédient est mis en valeur dans le nom ou l’image, sa quantité doit être indiquée.

Les 14 allergènes à déclaration obligatoire, fixés par l’annexe II du règlement européen, sont les suivants :

  • les céréales contenant du gluten ;
  • les crustacés ;
  • les œufs ;
  • les poissons ;
  • les arachides ;
  • le soja ;
  • le lait ;
  • les fruits à coque ;
  • le céleri ;
  • la moutarde ;
  • les graines de sésame ;
  • les sulfites ;
  • le lupin ;
  • les mollusques.

Ils doivent ressortir dans la liste des ingrédients par une écriture différente du reste du texte : gras, souligné ou italique. Pour les denrées non préemballées et la restauration sur place, une information écrite sur les allergènes doit être directement et librement accessible aux clients. Elle peut prendre la forme d’une ardoise, d’un cahier ou d’une mention sur la carte. Pour les produits en vrac, une affichette placée près du produit indique la dénomination de vente, la présence d’allergènes et l’état physique du produit, par exemple décongelé ou cuit.

Le tableau nutritionnel et le Nutri-Score

Depuis décembre 2016, la déclaration nutritionnelle est obligatoire sur les denrées préemballées. Elle comprend la valeur énergétique en kilocalories et kilojoules, les matières grasses dont les acides gras saturés, les glucides dont les sucres, les protéines et le sel. Elle se présente sous forme d’un tableau, exprimé pour 100 g ou 100 ml, ce qui permet de comparer deux produits. Le fabricant peut ajouter une valeur par portion à condition d’indiquer le nombre de portions. Il peut aussi ajouter des pourcentages d’apports de référence.

Certains produits sont dispensés. C’est le cas des aliments non transformés à un seul ingrédient, du thé et des infusions, et des emballages dont la plus grande face fait moins de 25 cm².

Le Nutri-Score complète ce tableau depuis avril 2017. Il se présente sur la face avant de l’emballage, comme une échelle de cinq couleurs, du vert foncé au rouge. Les lettres vont de A (meilleure qualité nutritionnelle) à E (moins bonne). Il est facultatif et repose sur le volontariat des industriels et des distributeurs. Le score est calculé pour 100 grammes de produit. Il valorise les fibres, les protéines, les fruits et légumes, et pénalise l’énergie, les acides gras saturés, les sucres et le sel. Depuis le 14 mars 2025, il repose sur un nouvel algorithme, plus strict sur le sel, les sucres, les acides gras saturés et les calories. Le nouvel algorithme met aussi davantage en valeur les fibres, les protéines, les fruits et légumes.

Comparez des produits de même famille : le Nutri-Score classe un aliment par rapport à d’autres, pas selon la place qu’il occupe dans une journée d’alimentation.

Les allégations nutritionnelles et de santé

« Riche en vitamine C », « riche en calcium », « allégé en sucres », « bon pour le cœur » sont des allégations nutritionnelles ou de santé. Elles ne peuvent apparaître que dans un cadre précis. Chaque allégation fait l’objet d’une évaluation scientifique centralisée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, puis d’une décision d’autorisation ou de refus validée au niveau européen. Elle ne doit pas encourager une consommation excessive ou déséquilibrée, ni créer de confusion.

Les mentions purement marketing, comme « naturel » ou « sans conservateurs », ne sont pas interdites. Elles ne doivent pas être trompeuses et doivent correspondre à une qualité réelle du produit. Elles ne doivent pas suggérer qu’un produit possède des caractéristiques particulières alors que tous les produits similaires les partagent.

L’origine : ce qui est obligatoire

Quand l’étiquette indique une origine qui diffère de celle de l’ingrédient primaire, l’origine de cet ingrédient devient obligatoire depuis le 1er avril 2020. L’ingrédient primaire entre pour 50 % ou plus dans la composition, ou est celui que le consommateur associe habituellement à la dénomination. Un gâteau qui revendique une origine française alors que sa farine n’est pas produite en France doit donc renseigner l’origine de la farine.

L’origine est obligatoire pour les fruits, les légumes et les viandes. Depuis 2025, elle l’est aussi pour les noix, noisettes et amandes sans coque, le safran, les fruits séchés, les produits sommairement préparés et les produits « fraîche découpe ». Pour les viandes préemballées de porc, d’ovin, de caprin et de volaille, les lieux d’élevage et d’abattage doivent figurer. Pour la viande bovine, préemballée ou non, les lieux de naissance, d’élevage et d’abattage sont obligatoires. Dans la restauration, y compris à emporter, l’origine des viandes bovines, porcines, ovines et de volaille doit être communiquée aux clients.

La démarche Origin’Info, déployée depuis 2024, indique l’origine des principales matières agricoles d’un produit sur l’emballage, en rayon, sur les sites de drive ou via un QR code. Ce n’est pas un label de qualité.

Les labels officiels et les mentions encadrées

Les signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO) sont encadrés par le droit français et européen, sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’INAO. Leur cahier des charges est contrôlé par des organismes certificateurs indépendants, agréés par l’État et accrédités par le Cofrac.

  • AOP et AOC : un lien étroit entre le produit et son terroir. Toutes les étapes de production ont lieu dans une aire géographique précise. L’AOP est le sigle européen, l’AOC son équivalent national. Exemples : camembert de Normandie, Roquefort, lentille verte du Puy.
  • IGP : un produit dont la qualité ou la réputation est liée à son origine, mais une seule étape de production doit se dérouler dans la zone. Exemples : jambon de Bayonne, canard à foie gras du Sud-Ouest.
  • STG : elle valorise une recette ou un savoir-faire traditionnel, pas une origine. Quatre produits français en bénéficient : les moules de Bouchot, le Berthoud, le bœuf traditionnel de race Normande et le lait de foin.
  • AB et Eurofeuille : l’agriculture biologique. Les produits sont 100 % bio, ou composés d’au moins 95 % d’ingrédients agricoles bio pour les produits transformés. Les logos garantissent l’absence de pesticides et d’engrais chimiques de synthèse, l’absence d’OGM et le respect du bien-être animal. Le cahier des charges ne qualifie ni la taille de l’exploitation ni la qualité nutritionnelle : le bio n’est pas forcément local ou fermier.
  • Label Rouge : une qualité supérieure aux produits courants similaires, selon un cahier des charges homologué par arrêté interministériel. Il peut concerner des produits d’origine variée, y compris hors de l’Union européenne. Il peut s’ajouter à une IGP ou à une STG, pas à une AOC ou une AOP.
  • CCP : la certification de conformité produit garantit le respect de caractéristiques mesurables, comme un porc nourri à 70 % de céréales.

D’autres démarches sont reconnues par l’État sans être des SIQO. La Haute Valeur Environnementale (HVE) est le niveau 3 de la certification environnementale des exploitations. Le label associatif Bleu-Blanc-Cœur valorise une alimentation animale riche en fibres et en oméga-3. Les mentions « produit de montagne », « fermier », « produit à la ferme » et « produits pays » sont elles aussi encadrées.

Pour les résidus de pesticides dans les fruits et légumes, notre article sur les contrôles officiels détaille ce que disent les analyses.

Que faire en cas de problème

Bercy propose trois portes d’entrée. Le site signal.conso.gouv.fr permet de signaler un problème à une entreprise et de connaître ses droits. Le site rappel.conso.gouv.fr informe des produits dangereux rappelés. Le service RéponseConso répond aux questions de consommation au 08 09 54 05 50. Notre guide pour vérifier un rappel produit et se faire rembourser détaille la marche à suivre.

Questions fréquentes

Comment lire les étiquettes alimentaires pour comparer deux produits ?

Regardez d’abord le tableau nutritionnel, obligatoire et exprimé pour 100 g ou 100 ml, puis la liste des ingrédients, classés par poids décroissant. Le Nutri-Score, quand il figure sur l’emballage, permet de comparer deux produits de la même famille.

Peut-on manger un produit après sa DDM ?

Oui, en général. Une DDM dépassée n’empêche ni la vente ni la consommation, mais le produit peut avoir perdu du goût ou de la texture. Vérifiez l’aspect et l’odeur, et jetez une conserve déformée, rouillée ou bombée.

Peut-on consommer un produit après sa DLC ?

Non. La DLC est une limite impérative : au-delà, l’aliment présente un risque pour la santé et sa vente est interdite.

Le Nutri-Score est-il obligatoire ?

Non. Il est facultatif et repose sur le volontariat des entreprises et des distributeurs. La déclaration nutritionnelle, elle, est obligatoire sur les denrées préemballées, avec quelques dérogations.

Quelle est la différence entre AOP et IGP ?

Pour une AOP, toutes les étapes de production se déroulent dans l’aire géographique. Pour une IGP, une seule étape suffit.

« Naturel » est-il un label ?

Non. C’est une mention marketing, autorisée si elle n’est pas trompeuse et correspond à une qualité réelle du produit. Seuls les signes officiels comme l’AB, le Label Rouge, l’AOP, l’IGP et la STG sont contrôlés par des organismes certifiés.

Comment repérer les allergènes sur un emballage ?

Ils sont mis en évidence dans la liste des ingrédients par une écriture différente : gras, souligné ou italique. En vrac et en restauration, la présence d’allergènes est indiquée par une affichette ou par une information écrite accessible aux clients.

Sources : economie.gouv.fr, denrées alimentaires : quelles sont les règles d’étiquetage (14 mars 2025) ; economie.gouv.fr, comment lire les étiquettes nutritionnelles (18 juillet 2025)

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