Moustique tigre, dengue, chikungunya, virus du Nil : symptômes et protection en 2026, le guide

Le moustique tigre ne disparaît pas avec l’été : à la fin septembre 2026, Santé publique France recense encore des foyers de chikungunya et de dengue en France hexagonale, et 117 cas autochtones d’infection par le virus du Nil occidental. Cela justifie de garder les bons réflexes jusqu’à la fin de la saison de surveillance. Voici ce que disent les autorités sanitaires : quelles maladies, quels symptômes, comment se protéger et que faire au moindre doute.

Où en est-on en France à la fin septembre 2026

Le bulletin de surveillance renforcée du 23 septembre 2026 de Santé publique France fait le point au 21 septembre :

MaladieSituation au 21 septembre 2026 en France hexagonale
Chikungunya13 épisodes de transmission locale, 90 cas (1 à 30 par épisode) : Tarn, Lot, Gironde, Landes, Val-de-Marne
Dengue4 épisodes, 6 cas (1 à 2 par épisode) : Tarn, Hérault, Dordogne, Bouches-du-Rhône
Virus du Nil occidental (West Nile)117 cas autochtones, soit 25 de plus qu’une semaine plus tôt
Cas importés depuis le 1er mai150 de chikungunya, 412 de dengue, 15 de Zika

Pour le virus du Nil occidental, les cas se situent en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie, en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Nouvelle-Aquitaine (Gironde), en Pays de la Loire et en Centre-Val de Loire (Loiret). Pour la première fois, des cas humains ont été détectés dans l’Aude, en Seine-et-Marne, dans la Drôme, le Rhône, l’Isère, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et le Loiret. Pour 11 cas, aucun lieu précis de contamination n’a pu être identifié. Les investigations et les mesures de prévention et de contrôle se poursuivent pour les événements encore actifs.

Moustique tigre ou moustique commun : qui transmet quoi

Le moustique tigre, Aedes albopictus, se reconnaît à ses rayures noires et blanches sur le corps et les pattes. Il pique plutôt le jour et peut transmettre la dengue, le chikungunya et le Zika. Le virus du Nil occidental relève d’un autre vecteur : ce sont le plus souvent des moustiques du genre Culex, qui piquent surtout la nuit et se contaminent sur des oiseaux infectés. Ce détail compte pour la prévention, car la protection doit couvrir la journée comme la soirée et la nuit.

Les symptômes à connaître

MaladieMoustique en causeIncubationSymptômes principaux
DengueAedes aegypti, Aedes albopictus (moustique tigre)4 à 10 joursForte fièvre, maux de tête, douleurs derrière les yeux, musculaires ou articulaires, éruption
ChikungunyaAedes aegypti, Aedes albopictus (moustique tigre)2 à 12 joursFièvre brutale, douleurs articulaires souvent invalidantes, maux de tête, éruption
ZikaAedes, dont le moustique tigre ; transmission sexuelle possible3 à 12 joursSyndrome grippal, conjonctivite, œdème des mains et des pieds, éruption
Virus du Nil occidentalMoustiques du genre Culex, piquent surtout la nuit3 à 14 joursSouvent aucun symptôme (environ 80 % des cas) ; fièvre, céphalées, fatigue ; forme neurologique sévère possible

La dengue passe souvent inaperçue. Une forme sévère, dite hémorragique, reste rare et touche surtout les personnes fragiles. Ses signes d’alerte surviennent 3 à 7 jours après les premiers symptômes : chute de la température, douleurs abdominales importantes, vomissements persistants, saignements, respiration rapide, fatigue ou somnolence.

Pour le chikungunya, les douleurs articulaires disparaissent généralement au bout de quelques jours à quelques semaines, mais elles peuvent persister plusieurs mois voire plusieurs années dans certains cas. Pour le virus du Nil, la forme neurologique sévère, avec forte fièvre, raideur de la nuque, désorientation, faiblesse musculaire ou paralysie, expose davantage les plus de 50 ans et certaines personnes immunodéprimées.

Traitement : symptomatique

Il n’existe pas de médicament spécifique contre la dengue, le chikungunya ou le Zika : le traitement vise à soulager les symptômes. Pour la dengue et le Zika, l’Assurance maladie précise que les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine sont contre-indiqués. Ne vous automédiquez pas : demandez conseil à un médecin.

Que faire au moindre doute

Après un séjour dans une zone touchée ou en cas de symptômes évocateurs (fièvre, douleurs articulaires ou musculaires, maux de tête, éruption cutanée, conjonctivite), consultez un médecin. Il peut demander des analyses de sang pour confirmer le diagnostic. Le médecin doit signaler à l’Agence régionale de santé tout cas de dengue, importé ou autochtone, ce qui permet de déclencher une enquête autour du patient et des mesures de démoustication si nécessaire.

Se protéger des piqûres

Aucune mesure isolée n’est efficace à 100 %, rappelle l’Assurance maladie. C’est la somme d’actions individuelles et collectives qui réduit le nombre de moustiques et d’infections. Pour éviter d’être piqué :

  • Vêtements : privilégiez des vêtements amples, légers et couvrants, avec manches et pantalons longs et chaussures fermées.
  • Répulsifs cutanés : il est conseillé d’en appliquer sur les parties du corps découvertes, dans la journée ou en soirée.
  • Moustiquaires : installez des moustiquaires à mailles étroites aux portes et fenêtres, et équipez lits et berceaux de moustiquaires imprégnées d’insecticide, en vérifiant qu’elles n’ont ni trou ni déchirure.
  • Activités : limitez si possible les sorties aux moments où les moustiques sont les plus actifs.
  • Mesures d’appoint : raquettes électriques à l’intérieur, climatisation ou ventilation, qui réduisent aussi le risque de piqûre sans remplacer les répulsifs.

Bien utiliser un répulsif

Deux substances sont disponibles : le DEET, contre-indiqué chez la femme enceinte et chez l’enfant de moins de deux ans, et l’IR3535, utilisable dès six mois et chez la femme enceinte, mais à des concentrations plus faibles. Suivez la notice et les restrictions d’âge.

  • Préférez les crèmes ou lotions aux sprays, qui présentent un risque d’inhalation ou d’ingestion.
  • Avec un spray, ne pulvérisez pas dans une pièce fermée, près d’aliments ou d’une flamme, ni directement sur la peau : appliquez-le d’abord sur les mains.
  • N’appliquez pas de répulsif sur une peau lésée, près des yeux ou de la bouche, ni sur les mains ou le visage des enfants.
  • Avec une crème solaire, appliquez d’abord la crème (indice 50), laissez-la pénétrer environ 20 minutes, puis le répulsif.
  • Réappliquez après la baignade ou la douche, dans la limite du nombre d’applications quotidiennes recommandé.
  • Lavez la peau à l’eau et au savon dès qu’il n’y a plus de risque et rangez les produits hors de portée des enfants.

Pour aller plus loin sur ce dernier point, voir notre guide sur la sécurité des enfants et des produits ménagers.

Ce qui n’est pas recommandé

Selon l’Assurance maladie, les serpentins fumigènes ne sont plus recommandés en raison de risques pour la santé, et les diffuseurs électriques d’insecticide ne le sont plus pour les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans. L’imprégnation des vêtements par des pyréthrinoïdes n’est pas recommandée non plus. Les appareils à ultrasons sont jugés insuffisamment efficaces.

Chez soi : supprimer les eaux stagnantes

Au quotidien, la méthode la plus efficace pour diminuer le nombre de moustiques consiste à supprimer les accumulations d’eau stagnante, qui abritent les larves. Chez vous :

  • réparez les fuites et vérifiez l’écoulement des eaux de pluie ;
  • curez régulièrement gouttières, regards, caniveaux et siphons de sol ;
  • couvrez les réserves d’eau avec un voile moustiquaire ou un simple tissu ;
  • videz régulièrement les pieds de parasol, soucoupes et petits récipients, ou remplissez-les de sable humide ;
  • rangez à l’abri des averses tous les objets pouvant contenir de l’eau : pneus, bâches, pots, seaux, arrosoirs, jeux d’enfants ;
  • vérifiez que le bac à résidus et le tuyau d’évacuation de votre climatisation sont exempts d’eau ;
  • arrosez avec modération et entretenez votre jardin : herbes hautes, haies, fruits tombés.

Signaler un moustique tigre

Si vous pensez avoir vu un moustique tigre dans votre commune jusque-là épargnée, vous pouvez le signaler sur le portail de signalement du moustique tigre, ce qui contribue à la surveillance de son implantation. Dans les départements où il est présent, un arrêté préfectoral définit chaque année les actions à mener : recueil des signalements de cas, enquête entomologique autour de chaque cas humain et opérations de démoustication autour des habitations des malades.

En voyage

Le chikungunya est présent de façon permanente en Afrique, en Asie et dans le sous-continent indien. L’Assurance maladie signale aussi que, depuis début 2026, la Guyane connaît une intensification de la circulation virale. Avant un départ, renseignez-vous sur la situation de votre destination. Au retour, si des symptômes apparaissent, consultez un médecin en mentionnant votre séjour : c’est aussi ce qui permet de repérer rapidement les cas importés, dont le nombre est suivi chaque semaine.

Et la vaccination

Selon l’Assurance maladie, la vaccination contre la dengue peut être proposée aux personnes de 6 à 45 ans vivant en zone d’endémie avec un antécédent prouvé d’infection, et elle est recommandée depuis 2024 à certains voyageurs selon leur destination, la durée du séjour et leur état de santé. Pour le chikungunya, l’Assurance maladie renvoie vers une page dédiée à la vaccination. Parlez-en à votre médecin avant un voyage, et consultez notre guide du calendrier vaccinal.

FAQ

Le moustique tigre transmet-il le virus du Nil ?

Non, d’après l’Assurance maladie, le virus du Nil occidental est le plus souvent transmis par des moustiques du genre Culex, qui piquent surtout la nuit. Le moustique tigre transmet la dengue, le chikungunya et le Zika.

Combien de temps après une piqûre apparaissent les symptômes ?

Cela dépend de la maladie : 4 à 10 jours pour la dengue, 2 à 12 jours pour le chikungunya, 3 à 12 jours pour le Zika et 3 à 14 jours pour le virus du Nil occidental.

Quel répulsif choisir pour un enfant ?

L’IR3535 peut être utilisé chez l’enfant à partir de 6 mois, à des concentrations plus faibles. Le DEET est contre-indiqué chez l’enfant de moins de 2 ans. Demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin.

Les serpentins et les appareils à ultrasons fonctionnent-ils ?

Les serpentins fumigènes ne sont plus recommandés, et les appareils à ultrasons sont jugés insuffisamment efficaces par l’Assurance maladie.

Que faire si j’ai des symptômes après un voyage ?

Consultez un médecin en signalant votre séjour. Ne prenez ni aspirine ni anti-inflammatoire sans avis médical en cas de suspicion de dengue ou de Zika.

Sources : Santé publique France, bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026

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