La sécurité des enfants à la maison tient à quelques gestes précis : choisir des jouets adaptés à l’âge, ranger produits ménagers et médicaments hors de portée, ne jamais transvaser un produit dans une bouteille d’eau, et encadrer les écrans. Les chiffres de l’Anses montrent pourquoi. Sur la période 2014-2020, les produits de nettoyage sont la première cause d’intoxication accidentelle des enfants de moins de 15 ans, à 29 % des cas enregistrés par les centres antipoison.
Ce guide s’appuie sur la DGCCRF, l’Anses, Service-Public et Ameli. Il détaille les jouets, les produits ménagers, les médicaments, le monoxyde de carbone et les écrans, avec un pense-bête pièce par pièce.

L’essentiel en sept points
- Jouets : vérifier le marquage « CE » et l’âge indiqué. Un jouet qui ne convient pas aux moins de 36 mois porte un avertissement, souvent un logo.
- Piles boutons : elles ne doivent pas être accessibles. Le boîtier ne doit pas s’ouvrir facilement.
- Produits ménagers : les laisser dans leur contenant d’origine, les ranger en hauteur ou dans un placard fermé.
- Médicaments : 16 % des intoxications, mais 34 % des situations graves. Une armoire à pharmacie fermée.
- Monoxyde de carbone : première cause d’hospitalisation, à 11 %, chez les moins de 6 ans. Faire réviser les installations et aérer.
- Écrans : aucun avant 3 ans, 30 à 40 minutes par jour de 3 à 6 ans, accompagnés.
- Urgence : 15, 18 ou 112 en cas de détresse ; le centre antipoison au 01 45 42 59 59, 24 h sur 24.
Choisir un jouet sûr
La DGCCRF donne des repères simples. Le premier est le marquage « CE » : par ce sigle, le fabricant atteste que le jouet respecte les exigences essentielles de sécurité. Il ne prouve pas à lui seul que le produit est sûr, mais son absence est un signal d’alerte.
Le deuxième est l’âge. Il faut lire les avertissements de l’emballage, en particulier celui indiquant qu’un jouet ne convient pas aux enfants de moins de 36 mois, souvent sous forme de logo.
- Les piles, notamment les piles boutons : elles ne doivent pas être accessibles, car leur ingestion est dangereuse. La DGCCRF précise que les piles peuvent causer des accidents lorsqu’elles sont trop vieilles, après un choc ou lorsqu’elles ne sont pas toutes changées en même temps.
- Les aimants : certains coffrets d’expériences portent la mention « Ne convient pas aux enfants de moins de 8 ans. Ce produit contient de petits aimants ». En cas d’ingestion d’aimants, il faut consulter un médecin immédiatement.
- Les notices : lire les consignes avant la première utilisation, puis expliquer le fonctionnement à l’enfant et les manipulations à éviter.
Avant un achat en ligne ou d’occasion, appliquez les mêmes contrôles : la photo de l’emballage, le marquage, l’âge indiqué. Un jouet déjà acheté peut être rappelé : notre guide pour vérifier un rappel produit et se faire rembourser explique comment consulter RappelConso. À l’approche des fêtes, le dossier Black Friday et Noël rappelle la vigilance à avoir sur les produits achetés en promotion.
Produits ménagers : rangement et contenant d’origine
Selon l’Anses, les produits de nettoyage et d’entretien sont à l’origine de 29 % des intoxications accidentelles d’enfants de moins de 15 ans enregistrées de 2014 à 2020. Les dosettes de lessive liquide sont les plus concernées par les cas graves : détresse respiratoire en cas de fausse route, lésions de la cornée en cas de projection dans l’œil. Des règles européennes obligatoires depuis 2015, comme une boîte opaque et une fermeture renforcée, ont fait baisser ces intoxications.
Un autre risque vient du transvasement. L’Anses a recensé de 2017 à 2021 environ 6 000 accidents par an liés au déconditionnement, c’est-à-dire à un produit transvasé dans un autre contenant, dont 108 cas graves et cinq décès, parmi lesquels un enfant de 3 ans.
Les recommandations tiennent en cinq gestes.
- Garder le contenant d’origine : un produit transvasé dans une bouteille d’eau ou de soda est bu par erreur, y compris par des adultes.
- Si le transvasement est inévitable : écrire le nom du produit sur le nouveau récipient, photographier le code UFI de 16 chiffres qui identifie la composition, et ranger le tout hors de portée, idéalement sous clé.
- Ranger tout de suite : refermer les produits d’entretien après usage et les mettre en hauteur ou dans des placards fermés.
- Séparer : ne pas stocker aliments et produits ménagers dans les mêmes endroits, ni dans le réfrigérateur.
- Se souvenir du numéro : 15, 18 ou 112 en cas de détresse (114 pour les personnes sourdes ou malentendantes), et le centre antipoison au 01 45 42 59 59, joignable 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.

Médicaments et monoxyde de carbone
Les médicaments causent 16 % des intoxications accidentelles étudiées par l’Anses, mais 34 % des situations graves. Ses conseils : ranger tous les médicaments en hauteur ou dans une armoire à pharmacie fermée, et ne pas les laisser dans un sac à main ou sur une table. À titre d’exemple, une armoire à pharmacie murale à serrure Uniclife était affichée à 34,99 euros sur Amazon le 19 septembre 2026. Ce prix bouge. Le principe compte plus que la marque : un meuble qui ferme à clé et qui se fixe hors de portée.
Le monoxyde de carbone est la première cause d’hospitalisation pour intoxication chez les enfants de moins de 6 ans, à 11 %. L’Anses recommande de faire réviser régulièrement les installations de chauffage et de production d’eau chaude, d’aérer l’habitat et de s’assurer que les détecteurs sont en état de fonctionnement. Le guide de la sécurité domestique détaille les détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone.
Écrans : ce que recommande Ameli
Les repères d’Ameli, mis à jour le 17 juillet 2025, varient avec l’âge.
- Avant 3 ans : aucun écran. Seuls les appels vidéo avec la famille font exception. Depuis le 2 juillet 2025, un arrêté du 27 juin 2025 interdit de laisser un enfant de moins de 3 ans devant un écran dans les structures d’accueil.
- De 3 à 6 ans : pas plus de 30 à 40 minutes par jour, avec des programmes adaptés, de préférence interactifs, partagés avec un adulte. Ni télévision passive, ni écran personnel, et jamais comme calmant.
- Après 6 ans et à l’adolescence : planifier des créneaux dédiés, privilégier des contenus enrichissants comme des documentaires ou des podcasts, éviter de scroller sans but, désactiver les notifications inutiles.
Trois règles valent pour tous les âges. Pas d’écran au repas. Pas de télévision dans la chambre, et smartphones, tablettes et consoles rangés hors de la chambre la nuit. Et pas d’écran en soirée : Ameli conseille d’arrêter idéalement une à deux heures avant le coucher. Notre guide pour bien dormir reprend ces conseils sur le sommeil.
Les parents servent aussi de modèle : Ameli recommande de ne pas utiliser d’écran lorsqu’on est en communication avec son enfant. Selon Santé publique France, le temps d’écran moyen en 2022 passait de 1 h 22 par jour chez les 3-5 ans à 2 h 33 chez les 9-11 ans. Pour les adolescents, la règle du téléphone au lycée et le guide de l’IA à l’école complètent le cadre familial. Et pour la vie privée des plus jeunes, le guide de protection des données personnelles détaille les réglages à vérifier.
Sécurité des enfants : le pense-bête pièce par pièce
- Cuisine : produits ménagers dans leur contenant d’origine, en hauteur ou dans un placard fermé, loin de la nourriture.
- Salle de bains : médicaments dans une armoire fermée, dosettes de lessive dans leur boîte d’origine bien refermée.
- Chambre : pas d’écran la nuit, piles boutons hors de portée dans les jouets et les télécommandes.
- Salon : aimants et petites pièces rangés, télévision éteinte pendant les repas.
- Chauffage : installations révisées, aération régulière, détecteurs testés.
- Téléphone : le numéro du centre antipoison enregistré, avec 15, 18 et 112.
Questions fréquentes
Que faire si un enfant a avalé une pile bouton ?
La DGCCRF signale le danger de l’ingestion des piles boutons. En cas de suspicion d’ingestion, contactez immédiatement un centre antipoison, et appelez le 15 ou le 112 en cas de détresse.
Le marquage CE garantit-il qu’un jouet est sûr ?
Il indique que le fabricant atteste avoir respecté les exigences essentielles de sécurité. Il faut aussi vérifier l’âge indiqué et lire les avertissements. Un jouet sans marquage CE est à éviter.
Peut-on transvaser un produit ménager dans une bouteille ?
L’Anses le déconseille, car des accidents graves, dont des décès, sont liés au déconditionnement. Si c’est inévitable, écrivez le nom du produit sur le récipient, photographiez le code UFI et rangez-le hors de portée, idéalement sous clé.
Quels sont les numéros à connaître ?
Le 15, le 18 ou le 112 en cas de détresse (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes), et le centre antipoison au 01 45 42 59 59, disponible 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.
À quel âge un enfant peut-il regarder un écran ?
Ameli recommande aucun écran avant 3 ans, hors appels vidéo familiaux, et pas plus de 30 à 40 minutes par jour de 3 à 6 ans, en compagnie d’un adulte.
Le monoxyde de carbone concerne-t-il vraiment les enfants ?
Oui. Il est la première cause d’hospitalisation pour intoxication accidentelle chez les moins de 6 ans, à 11 % des cas, selon l’Anses. Faites réviser vos installations de chauffage et aérez.