À l’école, l’IA générative est autorisée, mais encadrée. Le cadre d’usage du ministère de l’Éducation nationale, publié en juin 2025, prévoit une sensibilisation à l’école primaire sans usage direct, un usage guidé par l’enseignant à partir de la quatrième et une autonomie encadrée au lycée. Les parcours Pix sur l’IA sont obligatoires depuis 2026 pour les élèves de quatrième, de seconde et de première année de CAP. Pour les devoirs à la maison, la règle retenue est stricte : sans autorisation expresse de l’enseignant, l’usage d’une IA est assimilé à de la fraude.
Ce guide de l’IA à l’école s’appuie sur le cadre d’usage du ministère, sur Pix et sur la CNIL. Il détaille ce qui est permis, ce que l’école doit faire des données des élèves, et ce que les parents peuvent mettre en place à la maison.

L’essentiel en sept points
- Cadre d’usage : publié par le ministère en juin 2025, il autorise l’IA à des fins pédagogiques dans un cadre défini.
- Primaire : découverte des notions de base sur l’IA, sans usage direct des services d’IA générative.
- Collège : usage guidé, expliqué et accompagné par l’enseignant en classe, à partir de la quatrième.
- Lycée : usage autonome possible, dans un cadre d’apprentissage défini explicitement par l’enseignant.
- Devoirs à la maison : sans autorisation expresse de l’enseignant et sans travail personnel associé, l’usage est considéré comme une fraude.
- Pix IA : parcours obligatoire depuis 2026 pour les élèves de quatrième, de seconde et de première année de CAP, soit plus de 1,5 million d’élèves chaque année.
- Données : aucune donnée personnelle ni confidentielle dans un service d’IA accessible au public, selon le cadre d’usage et la CNIL.
Ce que dit le cadre d’usage du ministère
Annoncé en février 2025 par la ministre Élisabeth Borne, le cadre d’usage de l’IA en éducation a été publié à la mi-juin 2025 pour une application à la rentrée suivante. Son point de départ est prudent. Les outils disponibles sont, pour la plupart, non souverains, non libres, opaques dans leur fonctionnement et dans les données qui les entraînent, et gourmands en ressources et en énergie. L’IA doit donc servir un projet pédagogique, avec discernement.
Les règles varient avec le niveau.
- À l’école primaire : les élèves découvrent des notions de base sur l’IA. Ils n’utilisent pas directement les services d’IA générative.
- Au collège, à partir de la quatrième : l’usage pédagogique de l’IA générative par les élèves en classe est autorisé. Il est limité, encadré, expliqué et accompagné par l’enseignant.
- Au lycée : les élèves peuvent utiliser l’IA générative de façon autonome, à condition que l’enseignant ait défini explicitement le cadre de l’apprentissage.
Deux principes s’appliquent à tous les niveaux. Le premier : l’IA aide, elle ne remplace ni l’apprentissage ni l’effort intellectuel. Le second : un service d’IA accessible au public ne peut être utilisé que si aucune donnée confidentielle ou personnelle n’y est saisie, et les solutions libres sont à privilégier. Le cadre demande aussi de la sobriété : l’IA n’est à utiliser que si aucune solution moins coûteuse pour l’environnement ne répond correctement au besoin.
La règle des devoirs à la maison
C’est le point qui concerne le plus les familles. Selon le cadre d’usage, tel que le relaient des sources académiques, l’usage de l’IA générative pour les devoirs, sans autorisation expresse de l’enseignant et sans travail personnel associé, est désormais assimilé à de la fraude. La règle ne dit pas que l’IA est interdite : elle dit qu’elle doit être autorisée et accompagnée d’un vrai travail de l’élève. Un élève à qui l’on demande une rédaction doit donc savoir si l’enseignant l’accepte, et sous quelle forme.
Pix IA : une formation devenue obligatoire
Le parcours Pix sur l’intelligence artificielle vise « un usage éclairé, raisonné et responsable de l’IA ». Selon Pix, il s’appuie sur un bulletin officiel de l’Éducation nationale du 5 février 2026 qui rend ces parcours obligatoires pour les élèves de quatrième, de seconde et de première année de CAP. Plus de 1,5 million d’élèves sont concernés chaque année à partir de 2026, après des tests menés de septembre à décembre 2025 dans 140 établissements.
Les élèves y travaillent quatre thèmes : le fonctionnement des IA génératives ; les enjeux éthiques (biais, désinformation, deepfakes) ; l’impact environnemental ; les techniques pour dialoguer efficacement avec un assistant. Pour le volet sur les deepfakes, le guide pour reconnaître un contenu généré par IA donne des repères à la maison.
Ce que dit la CNIL sur les données des élèves
La CNIL a publié des consignes à l’intention des enseignants, mises à jour le 20 juin 2025.
- Consentement : il n’est pas obligatoire en principe, car l’usage d’un système d’IA relève de la mission pédagogique de l’établissement. Les familles peuvent toutefois s’opposer à l’utilisation d’un système d’IA qui traite des données personnelles.
- Information : elle est obligatoire si des données personnelles sont utilisées. La CNIL conseille d’associer le délégué à la protection des données à sa rédaction.
- Données interdites : aucun nom, prénom, adresse, identifiant, ni élément de la vie privée de l’enseignant, de l’élève ou d’autrui.
- Choix de l’outil : privilégier les ressources du Gestionnaire d’accès aux ressources (GAR) ; à défaut, vérifier que l’outil ne réutilise pas les données pour améliorer ses services et n’emploie pas de traceurs publicitaires.
- Esprit critique : encadrer les échanges des élèves avec l’outil et les sensibiliser aux erreurs possibles et aux biais.
Un dernier point concerne l’âge. D’après la CNIL, les conditions générales de ces outils réservent souvent l’accès aux adultes, ou aux mineurs d’au moins 13 ou 15 ans avec autorisation parentale. Une utilisation par un enfant plus jeune, hors classe, sort donc du cadre prévu par l’éditeur. Notre guide de protection des données personnelles détaille les réglages et les droits de la famille.
IA à l’école : ce que les parents peuvent faire à la maison
Le cadre d’usage ne fixe pas de règles pour le foyer, mais il donne des repères que les familles peuvent reprendre.
- Demander la règle de la classe : pour chaque matière, l’IA est-elle autorisée pour les devoirs, et sous quelle forme ? L’enseignant décide.
- Utiliser l’outil avec l’enfant : à partir du collège, essayer ensemble, poser une question dont on connaît la réponse, puis vérifier la réponse dans un manuel ou sur un site de référence.
- Ne rien saisir de personnel : ni nom complet, ni adresse, ni photo identifiable, ni note. Le principe est le même que celui de la CNIL pour les enseignants.
- Parler des erreurs et des biais : une réponse fluide n’est pas forcément exacte. Notre guide des usages de l’IA au quotidien présente les assistants courants et leurs limites.
- Garder l’effort de l’enfant : l’IA peut expliquer une notion ou proposer un exercice, mais la rédaction, le raisonnement et la relecture restent à l’élève.
Ces échanges s’inscrivent dans un cadre plus large de vie numérique : la place des écrans, le sommeil et le téléphone. Le guide de la sécurité des enfants donne les repères d’Ameli sur les écrans par âge, et l’interdiction du téléphone au lycée montre où passent aujourd’hui les limites à l’école. Pour organiser la rentrée et ses aides, le guide de la rentrée scolaire réunit les dates et les démarches.

Les risques à garder en tête
Quatre risques reviennent dans les textes cités. Les erreurs et les biais d’abord : la CNIL demande de sensibiliser les élèves aux erreurs possibles de l’outil. La protection des données ensuite : aucun nom, adresse ou élément de vie privée ne doit être saisi. Le remplacement de l’effort : le cadre rappelle que l’IA doit aider sans se substituer à l’apprentissage ni à l’effort intellectuel. L’impact environnemental enfin : le cadre demande de ne recourir à l’IA que si le besoin le justifie.
Le cadre d’usage ne demande pas de laisser l’IA à l’écart de l’école. Il demande de l’enseigner, d’en fixer les règles, et d’en tirer un bénéfice pédagogique réel. L’école prépare aussi à la vie professionnelle, où l’IA s’installe : le guide de l’IA au travail décrit les règles que rencontreront ces élèves plus tard.
Questions fréquentes
Les élèves ont-ils le droit d’utiliser ChatGPT en classe ?
Le cadre d’usage autorise l’usage pédagogique de l’IA générative à partir de la quatrième, en classe, encadré et accompagné par l’enseignant. Au lycée, l’usage peut être autonome dans un cadre défini par l’enseignant. À l’école primaire, il n’y a pas d’usage direct.
Peut-on utiliser l’IA pour faire ses devoirs à la maison ?
Seulement si l’enseignant l’autorise expressément et si l’élève fournit un travail personnel. Sans cela, le cadre d’usage assimile l’usage d’une IA générative pour les devoirs à de la fraude.
Le parcours Pix IA est-il obligatoire ?
Oui, depuis 2026, pour les élèves de quatrième, de seconde et de première année de CAP, selon Pix et le bulletin officiel du 5 février 2026.
L’école doit-elle demander mon accord avant d’utiliser une IA avec mon enfant ?
En principe non, selon la CNIL : l’usage relève de la mission pédagogique. Mais les familles doivent être informées si des données personnelles sont traitées, et peuvent s’opposer à l’utilisation d’un système d’IA qui traite ces données.
Quelles données ne jamais saisir dans un outil d’IA ?
Noms, prénoms, adresses, identifiants et éléments de vie privée, selon la CNIL. Le cadre d’usage précise qu’un service public d’IA ne s’utilise qu’en l’absence de données personnelles ou confidentielles.
Un enfant de moins de 13 ans peut-il utiliser un assistant IA ?
Les conditions d’utilisation de ces outils réservent souvent l’accès aux adultes ou aux mineurs d’au moins 13 ou 15 ans avec autorisation parentale, d’après la CNIL. Vérifiez celles de l’outil concerné.