Plusieurs vaccins sont obligatoires pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018, dont deux contre les méningocoques depuis janvier 2025. À l’âge adulte, les rappels contre la diphtérie, le tétanos, la polio et la coqueluche tombent à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans. La grippe et le Covid-19 font l’objet d’une campagne chaque automne.
Ce guide reprend le calendrier vaccinal 2026, publié par le ministère de la Santé après avis de la Haute Autorité de santé, tel que l’Assurance maladie le présente. Il répond aussi à sept idées reçues, avec l’analyse de l’Inserm. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin, pharmacien, infirmier ou sage-femme.
L’essentiel en sept points
- Nourrissons : diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, Haemophilus influenzae b, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, méningocoques ACWY et B, pneumocoque. L’obligation vise les enfants nés depuis le 1er janvier 2018.
- Méningocoques : depuis janvier 2025, les vaccins contre les méningocoques ACWY (qui remplacent le C) et B sont obligatoires chez tous les nourrissons.
- Rappels : diphtérie, tétanos, polio et coqueluche à 6 ans, entre 11 et 13 ans, à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans.
- Rougeole : les personnes nées après 1980 sans deux doses de ROR se voient proposer un rattrapage.
- Qui vaccine : à partir de 11 ans, médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes.
- Grippe : recommandée chaque année dès 65 ans et pour les personnes à risque, prise en charge à 100 % avec le bon de l’Assurance maladie.
- Grossesse : grippe, coqueluche et Covid-19 sont recommandés, ainsi que le vaccin contre le VRS pour protéger le nouveau-né.

Les vaccins obligatoires des nourrissons
Jusqu’à fin 2024, les vaccins obligatoires comprenaient celui contre le méningocoque C. Depuis janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY, qui remplace celle contre le méningocoque C, et celle contre le méningocoque B sont devenues obligatoires chez tous les nourrissons, afin de mieux protéger contre les méningites.
Les vaccins obligatoires visent ces maladies :
- la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite ;
- la coqueluche ;
- les infections à Haemophilus influenzae b ;
- l’hépatite B ;
- la rougeole, les oreillons et la rubéole ;
- les méningocoques ACWY et le méningocoque B ;
- le pneumocoque.
Le parcours suit 8 rendez-vous et 13 injections, avec des vaccins combinés : à 2, 3, 4, 5, 6, 11 et 12 mois, puis entre 16 et 18 mois. La diphtérie, le tétanos, la polio et la coqueluche reposent sur deux injections, à 2 et 4 mois, puis un rappel à 11 mois.
Pour entrer en crèche ou à l’école, il faut justifier des vaccins obligatoires. Seul un certificat médical de contre-indication dispense, et il vise une vaccination précise, pas l’ensemble.
Jusqu’à 11 ans, un enfant peut être vacciné par un médecin ou une sage-femme. Les services de protection maternelle et infantile vaccinent aussi jusqu’à 6 ans. La plupart des vaccinations coïncident avec les examens obligatoires de l’enfant.
Les rappels de l’enfance à l’âge adulte
Les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la polio et la coqueluche demandent des rappels réguliers. Le calendrier prévoit :
- 6 ans, puis 11 à 13 ans ;
- 25 ans, 45 ans et 65 ans ;
- ensuite tous les 10 ans (75 ans, 85 ans, etc.).
La coqueluche est redevenue une maladie de l’adulte jeune, faute de rappel. Les adultes malades peuvent contaminer des nourrissons pas encore vaccinés, d’où l’intérêt des rappels. Pour les adolescents, la vaccination contre les méningocoques ACWY et contre les papillomavirus (HPV) est fortement recommandée.
Si vous êtes né après 1980 et que vous n’avez pas reçu deux doses de ROR (rougeole, oreillons, rubéole), un rattrapage vous est proposé. La couverture vaccinale reste insuffisante pour le ROR, alors que deux doses sont nécessaires pour une protection individuelle et collective. Cette insuffisance explique la réapparition d’épidémies. Pour protéger la population, 95 % des enfants devraient être vaccinés.
En cas de retard, il n’est pas nécessaire de tout recommencer : on reprend au stade où la vaccination a été interrompue. Faites le point avec votre médecin, et notez vos vaccins dans Mon espace santé. Notre guide des démarches administratives en ligne aide à s’y connecter.

Une plaie : le rappel du tétanos
Le tétanos ne s’attrape pas d’une personne à l’autre : la bactérie se trouve dans la terre et pénètre par une plaie. Une première infection ne protège pas d’une nouvelle. La vaccination est la principale protection.
Après une blessure, la conduite dépend de votre état vaccinal. Si votre vaccination n’est pas à jour, l’Assurance maladie indique qu’une plaie mineure et propre justifie une dose de vaccin immédiate, avec une date de rappel. Une plaie majeure nécessite en plus une injection d’immunoglobuline tétanique pour une protection immédiate. Un médecin décide.
La grippe et le Covid-19 : la campagne d’automne
La grippe circule habituellement d’octobre à mars en métropole. Elle change chaque année, ce qui impose une vaccination annuelle. L’Assurance maladie rappelle son bilan de 2024 : environ 17 600 décès en excès, contre 10 000 habituellement, et environ 30 000 hospitalisations après passage aux urgences.
La vaccination est recommandée chaque année pour les personnes de 65 ans et plus, et fortement recommandée pour les personnes à risque de forme grave :
- les femmes enceintes, quel que soit le terme ;
- les personnes atteintes de certaines maladies chroniques (respiratoires, cardiaques, neurologiques, rénales, diabète, cancer, maladies auto-immunes, VIH), y compris les enfants dès 6 mois ;
- les personnes obèses (indice de masse corporelle d’au moins 40) ;
- les personnes hébergées en établissement de soins de suite ou médico-social ;
- l’entourage d’un nourrisson fragile de moins de 6 mois ou d’une personne immunodéprimée.
Elle peut aussi être proposée aux enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique. Les professionnels de santé et ceux qui travaillent au contact de personnes fragiles sont invités à se vacciner.
Côté pratique, les personnes concernées reçoivent entre septembre et octobre un courrier avec un bon de prise en charge. Le vaccin est remboursé à 100 % pour les personnes à risque : on le retire en pharmacie avec la carte Vitale et le bon, puis on se fait vacciner par le professionnel de son choix (médecin, sage-femme, infirmier ou pharmacien). L’injection est prise en charge à 100 % pour les femmes enceintes et les personnes en affection de longue durée. Pour les enfants de 2 à 17 ans sans comorbidité, le vaccin est remboursé à 65 %. Si vous n’avez pas reçu ou avez perdu le bon, un professionnel de santé peut vous en remettre un.
Les vaccins contre la grippe et le Covid-19 peuvent être faits en une seule séance, en deux points d’injection différents. La campagne a démarré le 14 octobre en 2025 : vérifiez la date de cette année sur ameli.fr.
Grossesse : ce qui est recommandé
Pour protéger la mère et l’enfant à naître, l’Assurance maladie recommande :
- la grippe, pendant la période hivernale, quel que soit le trimestre ;
- la coqueluche, à chaque grossesse, à partir du 2e trimestre et de préférence entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée, y compris pour une femme déjà vaccinée avant la grossesse ;
- le Covid-19, dès le premier trimestre ;
- le VRS, entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée en amont de la saison épidémique, pour protéger le nourrisson de la bronchiolite.
Pour d’autres conseils de santé pour les enfants, voyez notre guide de la sécurité des enfants.
Sept idées reçues, ce que dit l’Inserm
Une étude de 2018 citée par l’Inserm plaçait la France en tête de 144 pays pour le doute sur la sécurité des vaccins : un tiers des Français en doutaient. Voici les idées reçues les plus courantes, avec la réponse de l’institut.
- « Les vaccins non obligatoires ne sont pas vraiment utiles. » Faux. Les vaccins fortement recommandés visent aussi des maladies graves. Plus de 6 000 nouveaux cancers liés aux HPV sont diagnostiqués chaque année en France, dont la moitié au col de l’utérus.
- « Mieux vaut être immunisé par la maladie. » Faux. Peste, variole, grippe espagnole, sida ou Covid-19 ont tué des millions de personnes. Un vaccin entraîne le système immunitaire sans imposer la maladie.
- « Le ROR donne l’autisme. » Faux. De nombreuses études, dont une de 2002 sur plus de 650 000 enfants danois, l’ont démenti. L’idée vient d’une étude de 1998 frauduleuse, rétractée en 2010.
- « Le vaccin contre l’hépatite B donne la sclérose en plaques. » Faux. Plusieurs études indépendantes ont contredit cette rumeur. Les coïncidences sont seulement temporelles.
- « Les sels d’aluminium sont dangereux. » L’Académie de médecine, l’Académie de pharmacie et le Haut conseil de la santé publique ont conclu que l’aluminium des vaccins n’est pas toxique. Les lésions musculaires locales observées existent, mais leurs symptômes présumés n’ont jamais été prouvés.
- « Les vaccins à ARNm modifient l’ADN. » Faux. L’ARN messager ne pénètre pas dans le noyau des cellules, où se trouve l’ADN.
- « La grippe est bénigne. » Elle peut être grave. Selon l’OMS, elle tue chaque année entre 290 000 et 650 000 personnes dans le monde.
Quand et où se faire vacciner
- Vérifiez vos vaccins dans votre carnet de santé ou dans Mon espace santé.
- Parlez-en à votre médecin, votre pharmacien, votre infirmier ou votre sage-femme dès 11 ans.
- Regardez le calendrier des vaccinations 2026 sur le site du ministère de la Santé et sur Vaccination Info Service.
- Retrouvez nos autres dossiers dans la rubrique science.
Questions fréquentes
Quels vaccins sont obligatoires en France ?
Pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 : diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, Haemophilus influenzae b, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, méningocoques ACWY et B, pneumocoque. Les vaccins contre les méningocoques ACWY et B sont obligatoires depuis janvier 2025.
Quand faut-il faire ses rappels de vaccins à l’âge adulte ?
À 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans (75, 85 ans, etc.) pour la diphtérie, le tétanos, la polio et la coqueluche.
Qui peut me vacciner ?
À partir de 11 ans, les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les sages-femmes, selon les recommandations du calendrier. Avant 11 ans, un médecin ou une sage-femme.
Le vaccin contre la grippe est-il remboursé ?
À 100 % pour les personnes à risque, avec le bon de prise en charge de l’Assurance maladie et la carte Vitale. L’injection est prise en charge à 100 % pour les femmes enceintes et les personnes en affection de longue durée. À 65 % pour les enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique.
Peut-on se faire vacciner contre la grippe et le Covid-19 en même temps ?
Oui, dans la même séance, en deux points d’injection différents.
Mon enfant n’a pas fait tous ses vaccins : que faire ?
Parlez-en à votre médecin. Pour le rattrapage, il n’est pas nécessaire de tout recommencer : on reprend la vaccination au stade où elle a été interrompue. Pour l’admission en crèche ou à l’école, les vaccins obligatoires doivent être justifiés.
Le vaccin contre le ROR donne-t-il l’autisme ?
Non. L’Inserm rappelle que cette idée vient d’une étude frauduleuse de 1998, rétractée, et que de grandes études l’ont démentie, dont une portant sur plus de 650 000 enfants.
Sources : Assurance maladie, les vaccins obligatoires chez le nourrisson, puis recommandés ; Assurance maladie, vaccination pour les enfants et les adultes