Des chercheurs greffent du tissu cérébral humain sur des souris, une première

Une équipe de l’université Stanford a publié le 16 septembre 2026 dans la revue Nature des travaux inédits : la greffe d’organoïdes cérébraux humains sur des souris génétiquement modifiées et dépourvues de cortex, un tissu humain qui a fini par représenter environ 92 % du tissu cortical présent chez ces animaux.

Des souris conçues pour accueillir du tissu humain

Les chercheurs ont travaillé sur des souris génétiquement modifiées pour ne pas développer leur propre cortex, la région du cerveau responsable des fonctions cognitives complexes. Cette absence volontaire laissait un espace disponible dans lequel de petits amas de neurones humains, de la taille d’un pois au départ, ont pu se développer, mûrir et progressivement occuper l’espace laissé vacant par l’animal.

Une intégration qui dépasse les attentes initiales

Le tissu humain greffé ne s’est pas contenté de survivre : il s’est vascularisé, a formé des connexions avec différentes régions du cerveau de la souris, mais aussi avec sa moelle épinière. Ce réseau nouvellement formé s’est révélé actif pendant que les souris étaient éveillées, un signe que l’intégration fonctionnelle allait bien au-delà d’une simple cohabitation passive de deux types de tissus.

Pourquoi créer un modèle aussi hybride

L’objectif de cette expérience n’est pas de créer des souris dotées de capacités cognitives humaines, mais de rendre accessible à l’étude en laboratoire des aspects du développement et du fonctionnement du cerveau humain qui restent aujourd’hui très difficiles à observer directement chez l’être humain. Un modèle vivant de ce type permet de suivre en temps réel des processus qui, chez l’humain, ne peuvent être étudiés qu’indirectement ou après coup.

Des applications déjà envisagées pour des maladies précises

Les chercheurs prévoient d’utiliser cette approche pour étudier la démence frontotemporale ainsi que certaines formes génétiques d’autisme, en fabriquant cette fois des organoïdes à partir de cellules directement issues de patients atteints de ces pathologies. Cette personnalisation du modèle, adapté à une maladie et potentiellement à un patient précis, ouvre une piste pour tester des traitements dans des conditions plus proches de la réalité clinique qu’un modèle animal classique.

Une avancée qui s’inscrit dans un mouvement plus large

Cette greffe rejoint une tendance de fond en biologie expérimentale, celle de la culture de tissus et d’organismes de plus en plus complexes en laboratoire, avec son lot de surprises à chaque nouvelle étape franchie. Comme pour d’autres découvertes récentes qui bousculent des certitudes établies, à l’image de l’azote liquide qui aurait coulé sur Pluton, cette expérience rappelle que des avancées majeures continuent d’émerger d’approches expérimentales inattendues plutôt que de la seule accumulation de données existantes.

Source : Des chercheurs ont connecté du tissu humain dans le cerveau de souris, Futura Sciences

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