Un an du plan Osez l’IA, où en sont vraiment les entreprises françaises

Lancé le 1er juillet 2025 pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises françaises, le plan Osez l’IA a fait l’objet d’un premier bilan officiel, présenté le 3 septembre 2026 à Bercy par la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique.

Des chiffres de sensibilisation en forte hausse

Un an après son lancement, le plan revendique plus de 35 000 entreprises sensibilisées, portées par un réseau de 615 ambassadeurs IA déployés dans 20 régions et collectivités, couvrant 13 secteurs d’activité différents. Ce maillage territorial visait justement à toucher des entreprises qui n’auraient pas spontanément engagé de démarche autour de l’intelligence artificielle sans cet accompagnement de proximité.

Un accompagnement qui dépasse la sensibilisation

Outre les chiffres de sensibilisation, le bilan met en avant des actions plus concrètes : 88 offreurs de solutions d’IA spécifiquement adaptées aux PME et ETI ont été référencés, tandis que 70 Diagnostics Data IA ont déjà été engagés auprès d’entreprises volontaires. La plateforme « Accélérez avec l’IA », pensée comme une vitrine de retours d’expérience concrets, rassemble désormais 54 cas d’usage documentés, permettant à un dirigeant de PME de s’inspirer d’exemples issus de son propre secteur plutôt que de partir d’une page blanche.

Des objectifs ambitieux fixés à horizon 2030

Le plan fixe des objectifs précis pour 2030 : 100 % des grandes entreprises, 80 % des PME et ETI, et 50 % des TPE devront avoir adopté l’intelligence artificielle pour que le dispositif soit considéré comme une réussite. Ces objectifs, volontairement ambitieux, donnent une mesure claire du chemin qu’il reste à parcourir, la sensibilisation d’un dirigeant ne se traduisant pas automatiquement par une adoption réelle et durable au sein de son entreprise.

Un bilan jugé positif mais encore modeste par certains observateurs

Si le discours officiel évoque un premier bilan positif, plusieurs observateurs spécialisés nuancent ce satisfecit, pointant un début encore modeste au regard de l’ampleur des objectifs fixés pour 2030. L’écart entre le nombre d’entreprises sensibilisées, plus de 35 000, et celui des diagnostics réellement engagés, à peine 70, illustre concrètement cette marche qu’il reste à franchir entre la prise de conscience et le passage effectif à l’action au sein d’une entreprise.

Pourquoi cette question dépasse les seules grandes entreprises

Contrairement à une idée répandue, l’enjeu de ce plan ne concerne pas seulement les grands groupes disposant déjà de moyens internes conséquents. Ce sont précisément les TPE et PME, souvent dépourvues de service informatique dédié, qui constituent la cible prioritaire de cet accompagnement, ces structures représentant la majorité du tissu économique français et disposant historiquement d’un accès plus limité à ce type d’outils par rapport aux grands groupes internationaux déjà largement équipés. L’État soutient aussi la filière avec un investissement de 655 millions d’euros pour une IA souveraine.

Ce qu’il faut retenir pour une entreprise qui hésite encore

Pour un dirigeant qui n’a pas encore engagé de démarche sur ce sujet, la plateforme « Accélérez avec l’IA » et le réseau d’ambassadeurs régionaux constituent un point d’entrée gratuit et accompagné, plutôt qu’une démarche isolée à mener seul face à une offre de solutions par ailleurs très fragmentée. Solliciter un Diagnostic Data IA reste également un moyen concret d’évaluer, avant tout investissement, les usages réellement pertinents pour son activité plutôt que de suivre une tendance sans analyse préalable de ses propres besoins. Les salariés sont concernés aussi : notre guide de l’IA au travail détaille la formation et le cadre juridique, et notre guide des usages de l’IA au quotidien présente les assistants les plus courants.

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