Votre smartphone sait où vous dormez, où vous travaillez et quelles applications vous ouvrez le plus. Le pistage publicitaire consiste à relier ces informations à un identifiant pour construire un profil d’habitudes, utilisé pour cibler des annonces. Il existe des réglages pour limiter ce pistage publicitaire, sur iPhone comme sur Android, et ils prennent dix minutes. Ce guide s’appuie sur les recommandations de la CNIL et sur les pages d’aide d’Apple et de Google pour expliquer ce qu’ils changent.
Le pistage publicitaire : à quoi correspond-il
Apple définit le suivi par les apps comme la collecte de données identifiantes associées à des données recueillies sur des apps, des sites web et d’autres emplacements appartenant à des tiers, pour de la publicité ciblée ou pour les partager avec des courtiers de données. L’identifiant publicitaire est l’outil de ce suivi : sur iPhone, l’IDFA, sur Android, l’identifiant publicitaire de Google.

La CNIL explique pourquoi cet identifiant pose question. Plus il est stable dans le temps, plus il permet aux annonceurs d’accumuler des informations précises sur les habitudes de son titulaire. Elle recommande de le réinitialiser régulièrement et de désactiver la personnalisation publicitaire lorsque c’est possible. Dans sa page sur les réglages de vie privée du smartphone, elle rappelle aussi que les applications peuvent continuer à collecter et transmettre des informations, comme des identifiants ou la localisation, même lorsqu’on ne s’en sert pas.
iPhone : le suivi par les apps se règle application par application
À partir d’iOS 14.5, les applications doivent obtenir le consentement de l’utilisateur avant de le suivre. Apple décrit le chemin pour contrôler ces autorisations : Réglages, Confidentialité et sécurité, puis Suivi. On y active ou désactive l’autorisation pour chaque application, et on peut modifier ces choix à tout moment.
Le réglage « Autoriser les demandes de suivi des apps » détermine si les applications peuvent afficher la fenêtre de demande. S’il est désactivé, les demandes ne s’affichent plus et les applications sont traitées comme si l’utilisateur avait touché « Demander à l’app de ne pas suivre mes activités ». Une fois le suivi refusé pour une application, son développeur n’a plus accès à l’identifiant publicitaire de l’utilisateur ni à d’autres données identifiantes pour le suivre, tout en conservant l’accès à toutes les fonctionnalités de l’application.
La CNIL cite aussi, pour iOS, le suivi publicitaire limité dans les réglages de confidentialité, sous la rubrique publicité, dans les versions les plus anciennes du système.
Android : réinitialiser ou supprimer l’identifiant publicitaire
Sur Android, l’identifiant publicitaire est décrit par Google comme un identifiant unique, réinitialisable et supprimable par l’utilisateur. La page d’aide de Google indique le chemin sur les appareils récents : Paramètres, Confidentialité, Annonces, puis « Réinitialiser l’identifiant publicitaire » ou sa suppression. Lorsqu’il est supprimé, toute application qui tente d’y accéder reçoit une suite de zéros. Ce comportement s’est déployé progressivement à partir d’Android 12, puis sur les appareils compatibles à partir du 1er avril 2022, selon Google.
Pour les anciennes versions d’Android, la voie passe par Paramètres, Confidentialité, Paramètres avancés, Annonces, puis l’activation de « Désactiver la personnalisation des annonces ». La CNIL indique de son côté, pour Android, de passer par l’application de paramètres Google, de désactiver les annonces par centres d’intérêt et de réinitialiser l’identifiant. Google précise que certaines applications ont leurs propres réglages, qui peuvent aussi influencer le type d’annonces affichées.
Les annonces personnalisées de Google
Même sans identifiant publicitaire, Google personnalise les annonces de ses services à partir de l’activité enregistrée dans le compte : recherches, vidéos regardées sur YouTube, applications installées sur l’appareil Android, informations du compte comme l’âge et le genre, et préférences choisies dans « Mes préférences publicitaires ». Pour désactiver cette personnalisation, il faut se connecter à son compte, ouvrir ces préférences et choisir « Désactivé » à côté de « Annonces personnalisées ».
Google indique que, une fois la personnalisation désactivée, les annonces des services Google ne sont plus personnalisées mais s’appuient sur des facteurs contextuels, comme l’heure ou le thème du site, et que les préférences enregistrées sont supprimées.
La géolocalisation : l’autorisation « uniquement lorsque l’application est utilisée »
La CNIL met en garde contre les données de localisation : les déplacements révèlent les habitudes, le domicile, le lieu de travail et les sorties, mais aussi les centres d’intérêt et les relations. Ils peuvent aussi exposer des lieux sensibles, comme un lieu de culte, un établissement de santé ou un syndicat. Même des données dites anonymisées présentent un risque : quelques points de localisation suffisent souvent à reconnaître quelqu’un, surtout en cas de routine.
Ses conseils, détaillés sur sa page consacrée à la géolocalisation, sont simples :
- Activer la localisation uniquement lorsque c’est nécessaire, en choisissant l’autorisation « uniquement lorsque l’application est utilisée ».
- Vérifier régulièrement quelles applications ont accès à la localisation et retirer les autorisations inutiles.
- Désactiver l’activité en arrière-plan des applications inutilisées.
- Supprimer l’historique de localisation lorsqu’il existe.
- Choisir des applications dont la politique limite le partage des données avec des tiers.
Ce que dit la recommandation de la CNIL sur les applications
La CNIL a publié en septembre 2024 une recommandation sur les applications mobiles, suivie d’une campagne de contrôle de grande ampleur au printemps 2025. Elle y rappelle que les applications doivent obtenir un consentement explicite pour toute collecte de données sans rapport avec leur fonction principale, notamment pour le ciblage publicitaire. Les utilisateurs peuvent accepter ou refuser selon la finalité : autoriser la localisation pour une livraison, par exemple, tout en la refusant pour la publicité ciblée.

Les permissions, comme l’appareil photo, le micro ou les contacts, doivent être justifiées : une application de lampe torche, par exemple, n’a pas à accéder aux contacts ni à la localisation. Les éditeurs d’outils de développement ne doivent pas collecter ni partager de données sans consentement. Pour les utilisateurs, ces règles se traduisent par un réflexe simple : refuser une autorisation qui ne correspond pas à l’usage de l’application.
Vos droits face au pistage publicitaire
La CNIL rappelle que, face au pistage publicitaire comme à toute collecte de données, l’utilisateur peut accéder aux données collectées, en demander la suppression ou les transférer vers une application similaire. Les informations sur l’usage des données doivent être claires, présentées au bon moment dans l’application. Si une application collecte trop de données, la première démarche consiste à exercer ses droits directement auprès de l’éditeur : accès, suppression, retrait du consentement. En cas de difficulté, on peut ensuite saisir la CNIL.
Le sujet concerne beaucoup de monde : la CNIL évoque en moyenne 30 applications téléchargées par personne en 2023 et 3 h 30 d’usage quotidien du smartphone en France. Chaque application ajoutée est une porte d’entrée supplémentaire pour la collecte. Faire un tri régulier, comme on le fait pour ses abonnements, limite d’autant le pistage publicitaire.
Les réglages à faire en dix minutes
- Sur iPhone : ouvrez Réglages, Confidentialité et sécurité, Suivi, et désactivez les applications qui n’ont pas besoin de vous suivre.
- Sur Android : ouvrez Paramètres, Confidentialité, Annonces, et réinitialisez ou supprimez l’identifiant publicitaire.
- Désactivez la personnalisation des annonces Google depuis « Mes préférences publicitaires ».
- Passez la localisation en « uniquement lorsque l’application est utilisée » pour toutes les applications qui n’ont pas besoin de vous suivre en continu.
- Supprimez les applications que vous n’utilisez plus.
- Exercez vos droits d’accès, de suppression ou de retrait du consentement auprès de l’éditeur, avant de saisir la CNIL en cas de difficulté.
Pour limiter le suivi sur les sites que l’on visite, notre guide des cookies et des bannières détaille les choix possibles, et notre guide des mots de passe et des passkeys aide à sécuriser ses comptes. Pour un téléphone neuf, notre dossier pour choisir, sécuriser et revendre son smartphone couvre les premiers réglages.
Dix minutes suffisent : désactiver le suivi des applications qui n’en ont pas besoin, supprimer l’identifiant publicitaire sur Android et limiter la géolocalisation.
FAQ
Qu’est-ce que l’identifiant publicitaire ?
C’est un identifiant propre à l’appareil que les applications utilisent pour la publicité. Sur Android, Google le décrit comme unique, réinitialisable et supprimable par l’utilisateur. Sur iPhone, il se désigne par l’IDFA.
Refuser le suivi empêche-t-il d’utiliser l’application ?
Non, selon Apple : le développeur perd l’accès à l’identifiant publicitaire et aux autres données identifiantes de suivi, tout en conservant l’accès à toutes les fonctionnalités de l’application.
Faut-il réinitialiser régulièrement l’identifiant publicitaire ?
La CNIL le recommande, car un identifiant stable dans le temps permet d’accumuler des informations précises sur les habitudes.
Que signifie « uniquement lorsque l’application est utilisée » ?
C’est l’autorisation de localisation que la CNIL conseille de privilégier : l’application n’accède à la position que lorsqu’elle est ouverte, et non en continu.
Désactiver la personnalisation supprime-t-il les publicités ?
Non. Selon Google, les annonces des services Google ne sont plus personnalisées, mais elles continuent de s’afficher en s’appuyant sur des facteurs contextuels, comme l’heure ou le thème du site consulté.
Que faire si une application collecte trop de données ?
La CNIL conseille d’abord d’exercer ses droits directement auprès de l’éditeur : accès, suppression ou retrait du consentement. En cas de difficulté, il est possible de saisir la CNIL.
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Sources : CNIL (réglages de vie privée du smartphone, géolocalisation et applications mobiles, recommandation sur les applications mobiles), Apple (suivi par les apps), Google (identifiant publicitaire, annonces personnalisées), consultés le 6 octobre 2026.