Fitness, dojo, studio de danse, gymnase : que respire-t-on vraiment à l’intérieur ? Jusqu’ici, la qualité de l’air dans les salles de sport était peu étudiée. L’ADEME vient de publier deux études financées par ses soins, qui mesurent les polluants chimiques et microbiologiques et proposent des recommandations. Ce qu’elles montrent.
L’essentiel à retenir
- Aucune réglementation française spécifique ne porte sur l’air intérieur des salles de sport, sauf celles intégrées dans les écoles, collèges et lycées.
- L’étude QAI Sport a détecté une cinquantaine de composés organiques volatils, à des niveaux globalement comparables à d’autres environnements intérieurs, avec formaldéhyde et benzène sous les seuils réglementaires.
- L’étude PAIR’SO, dans 15 gymnases parisiens, montre un renouvellement de l’air globalement satisfaisant, avec quelques pics, et des particules fines à surveiller.
- Les deux recommandent des matériaux peu émissifs, une ventilation performante et la rénovation des bâtiments anciens.
Qualité de l’air dans les salles de sport : un angle mort
Avec le nombre croissant de sportifs, les infrastructures couvertes se développent. Les niveaux de polluants peuvent être plus élevés à l’intérieur qu’à l’extérieur, et une activité physique intense peut accroître l’exposition. L’ADEME y voit un possible enjeu sanitaire masqué par le manque de données.

Aucune réglementation française spécifique ne s’applique à l’air intérieur de ces salles, hormis celles intégrées dans les écoles, collèges et lycées, soumises à la surveillance de la qualité de l’air dans les établissements recevant du public.
QAI Sport : ce que l’étude a mesuré
Menée par l’Institut Mines-Télécom Mines d’Alès, site de Pau, et l’École des hautes études en santé publique, l’étude a mesuré les composés organiques volatils, les composés organiques semi-volatils émergents et les micro-organismes dans différentes salles : fitness, dojos, salles de motricité en école maternelle, studio de danse et gymnase. Les salles d’escalade n’ont pas été prises en compte.
Elle a détecté une cinquantaine de composés organiques volatils, des composés semi-volatils émergents et des micro-organismes, avec des polluants chimiques à des niveaux globalement comparables à d’autres environnements intérieurs. Certains composés sont identifiés : le benzothiazole, issu de caoutchouc recyclé, des siloxanes, issus de cosmétiques, ou l’acétone, liée à l’activité humaine. Le formaldéhyde et le benzène, polluants réglementés dans les établissements recevant du public, restent sous les seuils. Les phtalates des PVC et les hydrocarbures aromatiques polycycliques, retardateurs de flamme et biocides se retrouvent dans les poussières, surtout en salles de fitness, et les bactéries peuvent atteindre des niveaux élevés en période d’occupation, surtout en salles de musculation.
PAIR’SO : 15 gymnases parisiens
Porté par le Centre scientifique et technique du bâtiment et le service des laboratoires de santé environnementale de la Ville de Paris, ce projet a mené deux campagnes de mesure dans 15 gymnases parisiens, après une phase exploratoire dans trois salles. Les concentrations de CO₂ sont majoritairement sous les seuils, signe d’un renouvellement de l’air globalement satisfaisant malgré quelques pics. Les oxydes d’azote sont comparables à l’intérieur et à l’extérieur, l’ozone nettement plus faible en intérieur, et les polluants organiques largement sous les valeurs de référence, même s’ils augmentent l’été. Les particules fines passent entre l’extérieur et l’intérieur, et l’activité sportive peut les remettre en suspension, avec parfois des concentrations élevées.
Les recommandations
QAI Sport recommande de privilégier dans les cahiers des charges des matériaux peu émissifs, sans substances dangereuses, de choisir des équipements sportifs aux meilleures caractéristiques sanitaires, de prioriser la rénovation des bâtiments anciens, notamment ceux qui accueillent des enfants, et d’améliorer le renouvellement de l’air avec une ventilation adaptée au taux d’occupation. PAIR’SO ajoute de nettoyer les surfaces à l’eau, de limiter les produits nettoyants émissifs, d’entretenir rigoureusement la ventilation, d’améliorer le confort thermique et d’utiliser des outils de modélisation pour anticiper les problèmes.
Pour aller plus loin
Pour la qualité de l’air en général, notre article sur le point de l’Anses sur la qualité de l’air donne les gestes pour la maison. Pour s’entraîner chez soi, voyez notre guide du sport à la maison en 2026.
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Sources : ADEME, L’ADEME publie deux études sur la qualité de l’air intérieur des salles de sport et gymnases, communiqué du 22 septembre 2026