La qualité de l’air s’est globalement améliorée en France depuis les années 1990, mais elle reste un enjeu important de santé publique. À l’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air, trois experts de l’Anses font le point : ce qui s’est amélioré, les polluants qui inquiètent aujourd’hui, comme les particules ultrafines, le rôle du changement climatique et quelques gestes pour l’air de la maison.
L’essentiel à retenir
- La qualité de l’air s’est globalement améliorée depuis les années 1990 pour des polluants comme le dioxyde d’azote et les particules fines, mais certains niveaux restent préoccupants au regard des recommandations de l’OMS.
- Les particules ultrafines, le carbone suie et le potentiel oxydant des particules sont de nouveaux indicateurs suivis de près.
- Le changement climatique peut accroître les incendies de végétation, les brumes de sable et la formation d’ozone.
- Aérer son logement 10 à 15 minutes par jour, y compris en hiver, limite l’accumulation de polluants.
Qualité de l’air : des progrès réels, mais pas terminés
Selon Marion Keirsbulck, cheffe de l’unité d’évaluation des risques liés à l’air à l’Anses, la qualité de l’air s’est globalement améliorée depuis les années 1990 grâce aux politiques de réduction des émissions : les concentrations de plusieurs polluants de l’air extérieur, dont le dioxyde d’azote et les particules fines, ont baissé. À l’intérieur des logements, certains polluants comme le formaldéhyde ont aussi diminué. Selon les estimations disponibles, la baisse de l’exposition aux polluants de l’air intérieur aurait évité plusieurs dizaines à centaines de milliers de malades chaque année.

Pour autant, le problème n’est pas réglé : Santé publique France estime que plusieurs dizaines de milliers de cas de maladies pourraient encore être évités en réduisant les niveaux de particules fines et de dioxyde d’azote, et certains niveaux inquiètent au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Pour l’ozone, les concentrations moyennes ne baissent pas.
Les nouvelles préoccupations : particules ultrafines et nouveaux indicateurs
Les scientifiques s’intéressent de plus en plus aux particules ultrafines. Leur très petite taille leur permet de pénétrer profondément dans l’appareil respiratoire et de passer dans la circulation sanguine, avec des effets neurologiques possibles en plus des effets respiratoires et cardiovasculaires connus. D’autres indicateurs, comme le potentiel oxydant ou le carbone suie, permettent de mieux caractériser la pollution et ses effets.
En France, les données de l’air extérieur sont diffusées par le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air sur la plateforme Geod’air, désormais accessible aussi pour les particules ultrafines. L’Anses a élaboré des valeurs toxicologiques de référence pour le carbone suie et les particules ultrafines, nécessaires à l’évaluation des risques sanitaires. Réduire l’exposition suppose d’agir sur toutes les sources maîtrisables : trafic routier, chauffage au bois, industries, agriculture, brûlage de végétaux, transport maritime et sources aéroportuaires.
Le rôle du changement climatique
Selon Claire Dulong, le changement climatique pourrait modifier la fréquence, l’intensité et la répartition de phénomènes qui dégradent l’air, comme les incendies de végétation et les brumes de sable. Les fumées d’incendie contiennent des particules, du monoxyde de carbone, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et, à distance, de l’ozone, et peuvent voyager sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Le changement climatique favorise aussi la formation d’ozone sous l’effet du rayonnement solaire : même si les émissions de ses précurseurs baissent, les niveaux moyens peuvent rester élevés.
À la maison : l’air intérieur et le chauffage au bois
L’air intérieur et l’air extérieur sont liés, mais le logement est aussi une source de pollution à part entière. Certains polluants, comme le formaldéhyde, émis par des matériaux, des produits ménagers ou des peintures, peuvent atteindre des concentrations plus élevées à l’intérieur, tout comme le tabac, la cuisson, le chauffage au bois ou les bougies et l’encens.
Matteo Redaelli recommande d’aérer son logement 10 à 15 minutes par jour, y compris en hiver, sans perte importante de chaleur, de ne pas obstruer les entrées et sorties d’air et d’entretenir les installations. Pour le chauffage, dont notre guide du chauffage en 2026 donne les repères de température, et en particulier le chauffage au bois, il conseille de brûler du bois sec et adapté à l’installation, de ne pas surcharger le foyer et d’ouvrir la porte du foyer en deux temps pour éviter que les fumées reviennent dans le logement.
Les défis à venir
Pour Marion Keirsbulck, le premier défi est d’agir sur toutes les sources et sur l’ensemble du territoire pour se rapprocher des valeurs guides de l’OMS, tout en documentant les sources encore mal étudiées comme les aéroports ou les transports maritime et fluvial. Un autre enjeu est de mieux comprendre les effets sur la santé de l’association entre pollution de l’air et fortes chaleurs.
Pour aller plus loin
Pour la rénovation du logement, voyez notre guide de la rénovation énergétique en 2026. Pour les rappels de produits, notre guide pour vérifier un rappel produit explique où consulter les alertes.
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Sources : Anses, Qualité de l’air : quels défis pour demain ?, publié le 13 octobre 2026