À l’approche de l’hiver, la même question revient : quelle température de chauffage viser, et quand allumer ? Les réponses tiennent en quelques chiffres. L’Ademe et le ministère de la Transition écologique recommandent 19 °C dans les pièces occupées et 17 °C dans les chambres, la loi impose 18 °C au minimum dans les logements récents, et aucune date nationale ne dicte le moment de la mise en route. Ce guide rassemble ces repères, les gestes qui comptent vraiment et les recours en cas de logement trop froid ou trop chaud.
La température de chauffage recommandée, pièce par pièce
Adapter la température de chauffage selon les pièces et les moments de la journée permet de concilier confort et économies. Voici les valeurs conseillées par l’Ademe.
- Salon, bureau et pièces de vie : 19 °C quand elles sont occupées, 16 à 17 °C quand elles sont vides.
- Chambre d’adulte : 17 °C quand elle est inoccupée et la nuit.
- Chambre d’enfant : 17 °C la nuit et 19 °C quand elle est occupée en journée.
- Salle de bain : 22 °C quand on l’utilise, 16 à 17 °C le reste du temps.
- Absence prolongée : autour de 12 °C, selon le ministère de la Transition écologique.
Un thermostat réglé sur 19 °C ne garantit pas un ressenti équivalent. L’Ademe rappelle qu’un logement humide, mal isolé ou traversé de courants d’air peut donner l’impression de 16,5 °C. Le réglage compte, l’état du logement aussi.

Ce que dit la loi : 18 °C au minimum, 19 °C en moyenne au maximum
Le droit fixe deux repères, que Service-Public rappelle dans une fiche vérifiée en mars 2026.
Pour le minimum, un chauffage est en général jugé insuffisant lorsqu’il ne permet pas d’atteindre 18 °C au centre de chaque pièce. Cette règle vaut pour les logements dont le permis de construire a été déposé après le 1er juin 2001. Pour un logement plus ancien, la loi parle de se chauffer « normalement », sans définir le terme : c’est le juge qui apprécie, en application des règles de décence.
Le locataire ne peut pas exiger davantage que 18 °C. S’il ajoute un chauffage d’appoint pour monter la température, l’appareil est à sa charge.
Pour le maximum, la moyenne des températures de l’ensemble des pièces est réglementairement limitée à 19 °C. Un chauffage qui ne permet pas de dépasser cette moyenne n’est donc pas défaillant. La température d’une pièce se mesure au centre, à 1,50 mètre du sol, et la moyenne est pondérée par le volume de chaque pièce. Ces règles de décence font partie des droits du locataire détaillés dans notre dossier.
Quand allumer le chauffage : pas de date nationale
Aucun texte ne fixe le jour où le chauffage doit être lancé. En chauffage collectif, la loi ne détermine pas de date de mise en service : la copropriété ou le gestionnaire de l’immeuble décide de la période de chauffe, par le règlement ou par un vote en assemblée générale. Les dates figurent souvent au contrat d’exploitation.
En chauffage individuel, c’est à vous de choisir. Un repère simple : allumez quand le logement descend sous les valeurs de confort ci-dessus, et laissez un thermostat programmable faire le travail plutôt que de trancher chaque soir.
Baisser plutôt qu’éteindre
L’idée qu’il vaut mieux couper complètement le chauffage pour économiser est fausse, selon le ministère de la Transition écologique. Baisser la température est plus efficace que l’éteindre, car il faut ensuite réchauffer tout le logement, ce qui consomme souvent davantage. Pour votre température de chauffage, réglez donc 17 °C la nuit dans les chambres, 16 à 17 °C en journée dans les pièces vides, et descendez vers 12 °C seulement en cas d’absence prolongée.
Le thermostat programmable : ce qu’il change
Quel que soit le système de chauffage, un thermostat programmable module la température selon les moments de la journée ou de la semaine. Il peut être filaire, sans fil ou piloté depuis un smartphone, et certains modèles détectent la présence ou l’ouverture d’une fenêtre. Le ministère estime qu’un thermostat programmable, associé à un chauffage individualisé par pièce, permet de réduire la consommation d’environ 7 %.
Il devient aussi une obligation. Selon Service-Public, un système de régulation automatique de la température par pièce est déjà requis à l’installation d’une nouvelle chaudière depuis 2018. Il s’imposera aux bâtiments neufs dont le permis est déposé à partir du 1er janvier 2027, et aux logements existants au 1er janvier 2030, sauf si l’installation est techniquement ou économiquement irréalisable, par exemple quand le retour sur investissement dépasse dix ans.
Les gestes qui gagnent des degrés sans toucher au thermostat
Avant de monter le chauffage, vérifiez d’où vient le froid. L’Ademe classe plusieurs gestes simples.
- Stopper les courants d’air : fermer les portes des pièces non chauffées, poser des joints et des bas de porte, tirer les rideaux épais et fermer les volets chaque soir, sans couvrir les radiateurs. Fermez aussi la trappe de cheminée quand elle ne sert pas, et isolez les coffres de volets roulants.
- Chasser l’humidité : l’air se réchauffe mieux quand il est sec, avec un taux idéal entre 40 et 60 %. Aérez cinq minutes le matin et cinq minutes le soir, radiateurs éteints, et vérifiez les bouches de ventilation.
- Dégager les radiateurs : ni meubles, ni linge, ni rideaux devant. Sur une pompe à chaleur, retirez feuilles et poussières de l’unité extérieure.
- Soigner l’ambiance : tapis, chaussons et plaid réchauffent le ressenti sans dépenser un kilowattheure.
Le chauffage représente 66 % des dépenses d’énergie d’un logement, selon l’Ademe, et l’isolation est la première piste pour les réduire. Notre dossier sur la rénovation énergétique en 2026 détaille les aides qui financent ces travaux. Pour le contexte du budget, l’évolution du gaz est suivie dans notre article sur le prix du gaz en septembre 2026.

Radiateurs d’appoint : à limiter
Les radiateurs d’appoint sont peu performants et très énergivores, prévient l’Ademe. Si vous devez en utiliser un, préférez un modèle électrique rayonnant ou à bain d’huile. Évitez les appareils à combustible (pétrole ou gaz) : plus énergivores, ils émettent du monoxyde de carbone, présentent un risque d’incendie et dégradent la qualité de l’air. Rappelons aussi que, dans un logement loué, l’appoint qui sert à dépasser 18 °C est à la charge du locataire.
L’entretien du chauffage : obligatoire pour les chaudières
Une chaudière mal entretenue consomme plus, pollue davantage et peut être dangereuse. L’Ademe rappelle qu’une révision annuelle est obligatoire pour les chaudières au fioul, au gaz ou au bois, et tous les deux ans pour les pompes à chaleur. Pour le bois, le conduit de fumée se ramone une à deux fois par an.
Dans un logement loué, Service-Public précise que l’entretien des chaudières de 4 à 400 kW incombe au locataire, sauf clause contraire du bail. Le professionnel remet une attestation d’entretien dans les 15 jours suivant sa visite, à conserver au moins deux ans. La réglementation ne prévoit pas de sanction, mais l’assureur peut refuser d’indemniser un sinistre lié à une chaudière mal entretenue.
Logement trop froid ou trop chaud : que faire
Si vous pensez que la température n’est pas conforme, vous pouvez faire vous-même un contrôle, ou le faire faire à vos frais. En cas de sous-chauffe ou de surchauffe avérée, le locataire envoie un courrier recommandé avec accusé de réception au propriétaire ou à l’agence, l’informe de la situation et le met en demeure de régler le chauffage. Sans réponse, il peut saisir le juge des contentieux de la protection. Un copropriétaire s’adresse au syndic en cas de chauffage collectif.
Questions fréquentes
Quelle est la température idéale dans une chambre ?
L’Ademe recommande 17 °C dans la chambre quand elle est inoccupée et la nuit. Pour une chambre d’enfant, elle conseille 17 °C la nuit et 19 °C quand elle est occupée en journée.
Faut-il couper le chauffage la nuit ou pendant l’absence ?
Non, mieux vaut baisser que couper. Le ministère de la Transition écologique explique que réchauffer un logement entièrement refroidi consomme souvent plus. Il recommande environ 12 °C en cas d’absence prolongée.
Le propriétaire doit-il garantir 19 °C ?
Non. Pour les logements dont le permis a été déposé après le 1er juin 2001, il doit permettre 18 °C au centre de chaque pièce. Pour les plus anciens, le chauffage doit permettre de se chauffer normalement. La moyenne de 19 °C est un plafond réglementaire, pas une obligation.
Quand le chauffage collectif est-il mis en route ?
À la date décidée par la copropriété ou le gestionnaire de l’immeuble. La loi ne fixe aucune date nationale.
Qui paie l’entretien de la chaudière d’un logement loué ?
En principe le locataire, qui choisit un professionnel qualifié, sauf si le bail prévoit que c’est le propriétaire. L’entretien est annuel pour les chaudières de 4 à 400 kW.
Le thermostat programmable est-il obligatoire ?
Pas partout pour l’instant. Il est requis depuis 2018 à l’installation d’une nouvelle chaudière, il le sera pour les bâtiments neufs à partir de 2027 et pour les logements existants au 1er janvier 2030, avec des exceptions.
Sources : Service-Public, à quelle température doit être chauffé un logement