Le télescope Roman de la NASA voit plus net que prévu. Lancé le 30 août, l’observatoire spatial vient de passer plusieurs semaines de réglages, et son instrument principal, la caméra à grand champ, affiche des performances supérieures d’environ 30 % à l’exigence fixée. La correction nécessaire a été minuscule. Les détails du bilan publié le 14 octobre.
L’essentiel à retenir
- L’instrument à grand champ du télescope Roman est activé depuis septembre et fonctionne bien.
- Son erreur optique est de 63 nanomètres, contre 90 nanomètres exigés, soit environ 30 % de mieux.
- Le miroir secondaire n’a été déplacé que d’environ un seizième de l’épaisseur d’un cheveu.
- Le coronographe a été remis au point ; ses démonstrations de blocage de la lumière sont attendues dans les semaines à venir.
Télescope Roman : l’instrument à grand champ passe ses tests
Depuis l’activation de l’instrument à grand champ en septembre, l’équipe l’a soumis à une série de vérifications. Elle a commencé par contrôler ses 18 détecteurs, de la taille d’un pense-bête, et leur électronique, puis la roue à éléments, qui porte les filtres et laisse passer des longueurs d’onde précises. Elle a ensuite allumé les diodes du système d’étalonnage, testé le mécanisme d’alignement et vérifié le système thermique.

L’ingénieur Maxime Rizzo compare l’étalonnage à l’accord d’un piano ou d’une guitare avant un concert : on règle tout, puis on laisse les paramètres en l’état pour que l’instrument reste constant. Cet instrument est indispensable à de nombreux objectifs de la mission, comme l’étude de la matière noire et de l’énergie noire.
Un réglage de la taille d’un cheveu
Parallèlement, une autre équipe a affiné la mise au point du télescope. Selon Matthew Bolcar, responsable de l’optique, les performances étaient déjà excellentes avant d’ajuster l’alignement des miroirs, grâce au travail de préparation au sol. Il restait de petites corrections à faire.
L’ingénieur Alden Jurling indique que le miroir secondaire a été déplacé d’environ un seizième du diamètre d’un cheveu humain. À l’échelle de l’Empire State Building, expliquent les équipes, ce changement de hauteur serait un peu inférieur à une pièce posée sur sa pointe.
Des images plus nettes que l’exigence
L’exigence de qualité d’image était fixée à environ 90 nanomètres RMS, c’est-à-dire un écart à la perfection mille fois plus fin qu’un cheveu. Après corrections, l’instrument à grand champ atteint 63 nanomètres RMS, soit des performances près de 30 % meilleures que prévu. « Toutes les images des relevés cosmiques de Roman seront encore plus nettes que ce que nous attendions », résume Alden Jurling.
Le coronographe, lui, était légèrement flou au départ, dans une mesure moindre que prévu. Il répond désormais aux attentes, et son équipe doit encore régler ses miroirs déformables avant de tenter de démontrer sa capacité à bloquer la lumière d’une étoile dans les semaines à venir.
Pour aller plus loin
Pour d’autres découvertes récentes, voyez notre article sur la plus jeune planète jamais observée. Les curieux du ciel peuvent aussi consulter notre guide du ciel d’octobre 2026.
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Sources : NASA Science, NASA Roman Team Checks Out Main Instrument, Sharpens Telescope’s Focus, billet du 14 octobre 2026