Dimanche 27 septembre 2026, la moitié du Sénat change de visage : 178 des 348 sièges sont remis en jeu lors des élections sénatoriales. Si vous n’êtes pas élu local, vous ne voterez pas ce jour-là. Le scrutin est réservé à des « grands électeurs », et non à l’ensemble des citoyens. Voici qui vote, comment se déroule le scrutin et pourquoi il compte.
Les élections sénatoriales du 27 septembre en chiffres
Tous les trois ans, la moitié des sénateurs est renouvelée. Cette année, ce sont ceux élus en 2020 qui sont concernés, selon le ministère de l’Intérieur, qui rappelle que le décret n° 2026-301 du 21 avril 2026 a fixé la date du scrutin. Les candidatures ont été déposées en préfecture du 7 au 11 septembre.
- 178 sièges à pourvoir sur les 348 que compte le Sénat.
- La série 2 est appelée aux urnes : les départements de l’Ain à l’Indre (1 à 36) et du Bas-Rhin au Territoire de Belfort (67 à 90), hors Île-de-France.
- Cinq territoires d’outre-mer votent aussi : la Guyane, Wallis-et-Futuna, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et la Polynésie française.
- Six des douze sénateurs représentant les Français de l’étranger remettent également leur siège en jeu.

Qui vote : des grands électeurs, pas les citoyens
Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect. Le collège électoral réunit des sénateurs, des députés et des élus locaux, dont les conseillers régionaux et départementaux et les délégués des conseils municipaux. Pour ce renouvellement, 93 469 grands électeurs sont appelés à voter, selon le Sénat, dont 95 % de maires et de délégués municipaux.
Le vote est obligatoire pour eux : un grand électeur qui ne se déplace pas sans motif légitime s’expose à une amende de 100 euros, précise le ministère de l’Intérieur. Pour un scrutin où chaque citoyen vote, comme une présidentielle, la procuration se fait en ligne, un point détaillé dans notre guide des démarches administratives en ligne.
Deux modes de scrutin selon la taille du département
Le système dépend du nombre de sénateurs à élire. Dans les départements qui n’en élisent qu’un ou deux, le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours. Le premier tour est connu vers midi, et un second tour a lieu l’après-midi si aucun candidat n’atteint la majorité requise.
Dans les départements de trois sénateurs ou plus, le scrutin est proportionnel, avec un seul tour organisé sur la journée.
À quoi sert le Sénat
Le Sénat partage le pouvoir législatif avec l’Assemblée nationale : il propose et vote les lois, en suit l’application et contrôle l’action du gouvernement. Ses pouvoirs sont toutefois plus limités en cas de désaccord entre les deux chambres, où l’Assemblée a le dernier mot. En contrepartie, le Sénat ne peut pas être dissous, et les sénateurs élus dimanche le sont pour six ans.
La Constitution lui confie aussi la représentation des collectivités territoriales : les projets de loi sur leur organisation passent d’abord par lui. Il examine aussi des textes plus techniques, comme le projet de loi qui transpose la directive européenne sur le greenwashing, adopté en première lecture par le Sénat en février 2026, dont nous détaillons l’application dans notre article sur les nouvelles règles anti-greenwashing du 27 septembre.
Ce qui suit le scrutin
Le siège de Gérard Larcher, président du Sénat depuis octobre 2014, n’est pas renouvelé cette année. Il est candidat à sa succession à la présidence de la chambre, un poste qui dirige le bureau du Sénat et fixe, avec la Conférence des présidents, le programme des séances. Le président du Sénat assure aussi l’intérim de la présidence de la République en cas de vacance, un cas de figure qui ne s’est présenté qu’en 1969 et en 1974.
Sources : Ministère de l’Intérieur, élections sénatoriales le 27 septembre 2026 ; franceinfo, comprendre le scrutin du 27 septembre