Le changement climatique en France en 2026 : ce que les mesures montrent, de 2025 à l’été record

Le changement climatique en France se lit dans des mesures précises. L’été 2026 est le plus chaud depuis le début des relevés en 1900, avec une température moyenne de 24,0 °C, soit 3,6 °C au-dessus de la référence 1991-2020, et 53 jours de vague de chaleur en trois épisodes. La canicule du 17 juin au 2 juillet s’est accompagnée de 5 764 décès en excès, selon Santé publique France. Côté avenir, la trajectoire officielle retenue pour l’adaptation table sur +2 °C en France en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle.

Ce guide du changement climatique en France s’appuie sur Météo-France, sur Santé publique France, sur le ministère de la Transition écologique et sur Service-Public. Il distingue ce qui est mesuré, ce qui est projeté, et ce que chacun peut faire.

L’essentiel en sept points

  • Été 2026 : 24,0 °C en moyenne, +3,6 °C par rapport à 1991-2020, premier rang depuis 1900, devant 2003 (+2,7 °C) et 2022 (+2,3 °C).
  • Vagues de chaleur : 53 jours en trois épisodes, dont 14 jours en juin avec jusqu’à 72 départements en vigilance rouge.
  • Sécheresse : un déficit de pluie d’environ 40 %, deuxième été le moins pluvieux depuis 1959, et une surface brûlée record par les incendies.
  • Année 2025 : 14,0 °C en moyenne, +1,0 °C par rapport à la normale, quatrième rang depuis 1900, avec dix fois plus de records de chaleur que de records de froid.
  • Santé : 5 764 décès en excès (+36 %) du 17 juin au 2 juillet 2026, dont deux tiers chez les 75 ans et plus.
  • Projection officielle : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 pour la France métropolitaine (trajectoire TRACC).
  • Réflexes : boire, fermer les volets, aérer la nuit, s’inscrire sur le registre canicule de sa mairie si l’on est concerné, appeler le 15 en cas de malaise.

Changement climatique en France : ce que dit l’été 2026

Météo-France publie le 3 septembre 2026 son bilan de l’été. Il est sans équivalent dans les séries depuis 1900. La température moyenne atteint 24,0 °C, avec une anomalie de +3,6 °C par rapport à la référence 1991-2020. Les étés 2003 (+2,7 °C) et 2022 (+2,3 °C) suivent. Les températures maximales dépassent la référence de 4,8 °C en moyenne sur la saison.

Trois vagues de chaleur se succèdent, pour un total de 53 jours, contre 33 en 2022.

  • Du 17 au 30 juin : 14 jours, jusqu’à 72 départements en vigilance rouge, la plus intense depuis 1947. Les 24 et 25 juin, la température moyenne sur 24 heures atteint 30 °C, un niveau jamais relevé.
  • Du 4 au 19 juillet : 16 jours, avec 37 départements en vigilance rouge au plus fort de l’épisode.
  • Du 28 juillet au 19 août : 23 jours, ce qui égale la plus longue vague de chaleur de l’histoire, celle de 1983. Le 14 août, 83 départements sont en vigilance orange.

La pluie manque : le déficit est d’environ 40 %, ce qui fait de l’été 2026 le deuxième le moins pluvieux depuis 1959, avec 15 à 20 jours de pluie contre 20 à 30 en temps normal. L’ensoleillement dépasse la normale d’environ 20 %, un record. Les sols connaissent une sécheresse historique et généralisée, et l’année est marquée par une surface brûlée inédite.

Ce que dit l’année 2025

L’été 2026 n’est pas un accident isolé. Le bilan annuel de Météo-France, publié le 15 décembre 2025, place 2025 au quatrième rang des années les plus chaudes depuis 1900 (parfois classée au troisième), derrière 2022 et 2023, devant 2024. La température moyenne est de 14,0 °C, avec +1,0 °C par rapport à la normale 1991-2020.

Deux indicateurs éclairent la tendance. Les records de chaleur sont dix fois plus nombreux que les records de froid. Et une journée sur deux se situe au-dessus de la normale de saison, contre une sur cinq en dessous. Les cumuls de pluie de 2025 restent proches de la normale sur la quasi-totalité du territoire. La sécheresse des sols a concerné au moins 30 % du pays entre mai et août 2025.

Météo, épisode, tendance : ce qu’on peut affirmer

Une vague de chaleur isolée ne prouve pas à elle seule un changement du climat. Ce qui le montre, ce sont les séries de longue durée : la répétition des années chaudes, l’écart croissant entre records de chaleur et records de froid, la fréquence des journées au-dessus de la normale. Ce guide sépare donc l’épisode (l’été 2026), la tendance (les séries de plusieurs décennies) et les projections (la TRACC).

À l’inverse, on ne peut pas déduire d’une année moins chaude que la tendance s’inverse. C’est pourquoi les organismes comparent les valeurs à une référence, ici 1991-2020, et regardent l’écart, pas la valeur brute.

Ce qui est projeté : la trajectoire TRACC

La trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, dite TRACC, est le cadre officiel de la planification. Pour la France métropolitaine, elle retient +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Elle correspond à un scénario où le réchauffement mondial se poursuit et atteint +3 °C en 2100, soit environ +4 °C en France hexagonale, en tenant compte des politiques actuelles et des engagements de l’Accord de Paris.

Inscrite dans le code de l’environnement par un décret et un arrêté publiés en janvier 2026, la TRACC sert à mettre à jour les référentiels de risque, les normes et les réglementations techniques du bâtiment, des transports, de l’énergie, des réseaux et des risques naturels. Elle sert aussi à intégrer le réchauffement dans les documents de planification et les plans d’adaptation. C’est un outil de planification, pas une prévision exacte : elle fixe un niveau de référence commun pour préparer les territoires. Les risques naturels qui en découlent sont abordés dans le guide des risques naturels.

Ce que ça change pour la santé

Santé publique France a estimé le coût humain des vagues de chaleur de 2026. Du 17 juin au 2 juillet, l’excès est de 5 764 décès toutes causes confondues, soit +36 %, dans 92 départements qui regroupent 98,5 % de la population métropolitaine. Plus de 56 % de ces décès en excès se concentrent entre le 25 et le 27 juin. Les 75 ans et plus représentent deux tiers de l’excès, avec environ 3 719 décès (+33,3 %). L’Île-de-France est la plus touchée, avec près de 2 000 décès (+81,2 %).

Du 3 au 22 juillet, l’excès estimé atteint au moins 1 243 décès (+9,2 %) dans 78 départements. L’estimation compare 14 713 décès observés à 13 470 décès attendus. Ces chiffres sont préliminaires : ils reposent sur des données de mortalité non consolidées, compilées quelques semaines après les épisodes.

Ce que ça change dans l’assiette et dans le budget

La chaleur et le manque d’eau ont aussi des effets économiques. Notre article sur les prix des fruits et légumes après la canicule détaille l’impact de l’été sur les récoltes et sur les prix à la rentrée. Pour dormir par forte chaleur, le guide pour bien dormir donne les repères de l’Assurance maladie sur la chambre.

Se protéger : les gestes officiels

Service-Public, dans une page mise à jour le 26 mai 2026, définit une canicule comme de très fortes chaleurs le jour et la nuit pendant au moins trois jours consécutifs. Les gestes recommandés sont simples.

  • Boire et manger léger : de l’eau, éventuellement gélifiée ou pétillante, en évitant la caféine, l’alcool et les boissons très sucrées. Privilégier fruits et légumes riches en eau.
  • Se rafraîchir : se mouiller le corps, utiliser ventilateurs ou brumisateurs.
  • Garder le logement frais : fermer volets et fenêtres quand le soleil tape et quand il fait plus chaud dehors que dedans, créer des courants d’air la nuit.
  • Repérer les personnes à risque : les seniors, les enfants, les femmes enceintes, les personnes handicapées et celles sous traitement médical.
  • S’inscrire au registre canicule : les personnes de 65 ans et plus, celles reconnues inaptes au travail, les adultes handicapés et les personnes vulnérables isolées peuvent s’y inscrire auprès de leur mairie. Le centre communal d’action sociale coordonne l’aide.
  • En cas de malaise : appeler le 15.

Nous conseillons aussi de prendre des nouvelles, chaque jour d’alerte, d’un voisin âgé ou isolé. Ce geste n’a rien d’officiel, mais il complète le registre communal.

Questions fréquentes

Quel est l’été le plus chaud enregistré en France ?

L’été 2026, avec une moyenne de 24,0 °C, soit +3,6 °C par rapport à 1991-2020, selon Météo-France. Il devance 2003 (+2,7 °C) et 2022 (+2,3 °C) depuis le début des relevés en 1900.

Combien de jours de vague de chaleur en 2026 ?

53 jours répartis en trois épisodes : du 17 au 30 juin, du 4 au 19 juillet et du 28 juillet au 19 août, contre 33 jours en 2022.

Combien de décès en excès pendant la canicule de juin-juillet 2026 ?

Santé publique France estime 5 764 décès en excès (+36 %) du 17 juin au 2 juillet 2026, et au moins 1 243 (+9,2 %) du 3 au 22 juillet. Ce sont des estimations préliminaires.

Que prévoit la trajectoire officielle de réchauffement ?

La TRACC retient pour la France métropolitaine +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. C’est un cadre de planification, pas une prévision exacte.

Qu’est-ce qu’une canicule ?

De très fortes chaleurs le jour et la nuit pendant au moins trois jours consécutifs, selon Service-Public. Un pic de chaleur est plus bref ou ponctuel.

Comment s’inscrire au registre canicule ?

Auprès de la mairie, pour les personnes de 65 ans et plus, celles reconnues inaptes au travail, les adultes handicapés et les personnes vulnérables isolées. Un proche peut faire la démarche.

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