Les incendies en Amazonie s’intensifient. Selon l’Observatoire de la Terre de la NASA, la sécheresse qui accompagne El Niño a rendu la forêt prête à brûler, et les satellites enregistrent depuis septembre une nette hausse des feux et de la fumée. Le 12 octobre, l’air de Manaus était jugé extrêmement mauvais. Ce que disent les scientifiques et ce qu’ils redoutent pour les prochains mois.
L’essentiel à retenir
- Depuis septembre 2026, les satellites détectent une forte hausse des feux dans l’Amazonie centrale et orientale, de Manaus et Santarém à l’embouchure du fleuve.
- Le 12 octobre, les particules fines à Manaus dépassaient 135 microgrammes par mètre cube ; écoles fermées et événements annulés.
- Un scientifique de la NASA décrit une « cascade » de feux tropicaux : l’Indonésie d’abord, l’Amazonie ensuite, puis des vagues plus au nord et au sud.
- La grande majorité des feux ont été allumés par des humains, dans une région où la foudre n’en provoque pas 1 %.
Incendies en Amazonie : l’effet retard d’El Niño
Contrairement à une tempête ou à un orage qui détruit en quelques minutes, El Niño agit pendant des mois. Cette année, la sécheresse qui l’accompagne a laissé la forêt amazonienne prête à brûler, et les scientifiques estiment que la région entre dans les premiers temps d’une saison de feux qu’ils jugent longue et sévère.

Depuis septembre, les plateformes de suivi des feux et des émissions, dont celles de la NASA, montrent un net accroissement de l’activité dans l’Amazonie centrale et orientale. Le 12 octobre, une image du satellite Aqua a capturé la fumée de part et d’autre du fleuve et un épais voile sur Manaus.
Manaus étouffe sous la fumée
Ce jour-là, les autorités de Manaus, ville de plus de deux millions d’habitants, ont signalé une qualité de l’air extrêmement mauvaise, avec des particules fines PM2,5 supérieures à 135 microgrammes par mètre cube, le deuxième plus mauvais niveau de l’indice régional. D’après la presse citée par la NASA, des écoles ont fermé et des événements, dont des compétitions sportives d’enfants, ont été annulés.
La sécheresse est sévère : selon l’institut météorologique brésilien, les pluies à Manaus ont été inférieures de 95 % à la normale en août et de 60 % en septembre.
Une cascade de feux dans les tropiques
Pour Douglas Morton, scientifique du centre Goddard, les feux autour de Santarém et de Manaus font partie d’une « cascade » liée à El Niño. Elle commence à l’équateur par la sécheresse et les feux de tourbe en Indonésie, où des centaines de maisons ont été détruites en octobre, puis touche cette partie de l’Amazonie. Selon lui, la prochaine vague frappera plus au nord, en novembre et décembre, au Roraima, au nord du Pará et à l’Amapá, ainsi que dans des régions du Venezuela, du Guyana et du Suriname.
Les risques culmineraient ensuite vers août et septembre 2027 dans le sud de l’Amazonie, au Brésil et au Paraguay. Les feux de la zone de Santarém et Manaus devraient brûler jusqu’aux pluies, en décembre ou janvier.
Des feux majoritairement d’origine humaine
L’Amazonie est si humide que la foudre allume moins de 1 % des feux : la plupart sont d’origine humaine. Beaucoup ont commencé comme des brûlis agricoles, pour nettoyer des pâtures ou des champs, avant de s’échapper dans le sous-bois desséché. Douglas Morton appelle chacun à éviter de brûler « à tout prix » cette année.
Près de Santarém, l’analyse satellitaire indique 50 à 70 feux incontrôlés, et le chercheur Shane Coffield estime avoir repéré environ 40 % de feux de plus que dans les comptages officiels, car la fumée, les nuages et la canopée masquent certains départs.
Pour aller plus loin
El Niño pèse aussi sur la santé : notre article sur les décès supplémentaires liés à la chaleur en détaille l’estimation. Pour les autres dangers naturels du pays, voyez notre guide des séismes et risques naturels en France.
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Sources : NASA Earth Observatory, Fires Arrive in the Amazon Rainforest, image du jour du 15 octobre 2026