Le DPE, ou diagnostic de performance énergétique, décide depuis 2025 de ce qu’un propriétaire peut louer. Les logements classés G ne peuvent plus être mis en location, les F suivront le 1er janvier 2028 et les E le 1er janvier 2034. Pour les propriétaires bailleurs comme pour les locataires, il faut donc savoir ce que contient un DPE, combien de temps il est valable et ce qui a changé au 1er janvier 2026. Voici le guide, appuyé sur les fiches Service-Public.
Le DPE, c’est quoi
Le DPE donne des informations sur la performance énergétique et climatique d’un logement. Il est réalisé à l’initiative du propriétaire bailleur ou du propriétaire vendeur pour informer le futur locataire ou acquéreur sur les charges énergétiques du logement et recommander des travaux. Il concerne tous les logements, à quelques exceptions près : les logements destinés à être occupés moins de quatre mois par an, les logements indépendants de moins de 50 m² de surface de plancher et les monuments historiques classés ou inscrits.
Le logement reçoit deux étiquettes, de A (extrêmement performant) à G (extrêmement peu performant) : l’étiquette Énergie, fondée sur la consommation annuelle d’énergie rapportée à la surface, et l’étiquette Climat, fondée sur les émissions de gaz à effet de serre. La zone climatique et l’altitude sont prises en compte.
Passoire thermique : la définition
Un logement est considéré comme une passoire thermique s’il obtient une étiquette F ou G. Ce type de logement dispose généralement d’une mauvaise isolation et nécessite une consommation importante de chauffage. La loi « climat et résilience » du 22 août 2021 prévoit une interdiction progressive de la location de ces logements, considérés comme non décents.

Le calendrier des interdictions de location
| Étiquette du DPE | Date à partir de laquelle la location est interdite | Statut |
|---|---|---|
| G | 1er janvier 2025 | Déjà en vigueur, y compris au renouvellement ou à la reconduction tacite du bail |
| F | 1er janvier 2028 | Logement considéré comme non décent |
| E | 1er janvier 2034 | Logement considéré comme non décent |
| Outre-mer (G) | 1er janvier 2028 | Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte |
| Outre-mer (F) | 1er janvier 2031 | Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte |
L’interdiction pour les logements G s’applique aux contrats signés, renouvelés ou reconduits tacitement à compter du 1er janvier 2025. Un bail signé avant cette date n’est pas concerné tant qu’il n’est pas renouvelé ou reconduit tacitement. Les baux d’habitation durent généralement trois ans, puis peuvent être reconduits tous les trois ans.
Ce que peut faire un locataire
Si un logement ne répond pas aux conditions de décence, notamment sur le plan énergétique, le locataire dispose de recours. Il doit indiquer au propriétaire, si possible par courrier recommandé avec avis de réception, les signes de non-conformité du logement aux critères de décence. La démarche complète figure dans la fiche « Logement à louer décent ». Lorsque vous louez, le propriétaire doit obligatoirement fournir un DPE valide dans le dossier de diagnostic technique. Avec un bail en cours, vous pouvez réclamer un DPE au propriétaire ou à l’agence pour évaluer la décence, notamment lors de la reconduction tacite du contrat.
Qui réalise le DPE, et à quel prix
C’est au propriétaire bailleur de le faire réaliser, par un diagnostiqueur répondant à certains critères, notamment de certification. Il doit avoir une assurance couvrant sa responsabilité et ne pas avoir de lien portant atteinte à son impartialité. Un outil permet de rechercher un diagnostiqueur certifié ou de vérifier un certificat.
Le prix du DPE n’est pas réglementé : le tarif peut varier d’un professionnel à un autre. Comparez plusieurs devis.
Un propriétaire qui fait appel à un diagnostiqueur non certifié peut se voir infliger une amende de 1 500 euros (3 000 euros en cas de récidive). Le diagnostiqueur qui exerce sans certification s’expose à la même amende. Il engage aussi sa responsabilité en cas de DPE erroné, sauf si le propriétaire lui a volontairement communiqué de fausses informations.
Ce que contient le DPE
Le DPE contient au minimum :
- l’identification du logement et sa surface de référence ;
- les caractéristiques du logement et le descriptif de ses équipements de chauffage, d’eau chaude, de refroidissement et de ventilation ;
- la quantité annuelle d’énergie consommée ou estimée et l’évaluation des dépenses annuelles ;
- l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre ;
- les énergies renouvelables produites par les équipements installés à demeure ;
- les deux étiquettes, Énergie et Climat ;
- des recommandations d’amélioration, avec une évaluation de leur coût et de leur efficacité, à valeur indicative ;
- le dernier rapport de contrôle périodique de la chaudière ou l’attestation d’entretien annuel ;
- des éléments sur le confort thermique en période estivale.
Durée de validité
Le propriétaire bailleur doit fournir un DPE datant d’au maximum dix ans à la date de signature du bail ou de son renouvellement. Plusieurs cas particuliers :
- Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Ils doivent être refaits en cas de mise en location.
- Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans.
- Le diagnostiqueur transmet les résultats à l’Ademe, qui lui attribue un numéro d’identification inscrit sur le DPE. Sans ce numéro, le DPE n’est pas valable.
Ce qui a changé en 2024 et 2026
Deux évolutions touchent le calcul de l’étiquette.
- Depuis le 1er juillet 2024, les seuils des étiquettes ont été adaptés pour les logements dont la surface de référence est inférieure ou égale à 40 m². Les propriétaires concernés peuvent télécharger sur le site de l’Ademe une attestation qui remplace l’étiquette initiale.
- Depuis le 1er janvier 2026, le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9. Tous les DPE réalisés depuis cette date intègrent le nouveau coefficient. Les DPE réalisés en 2025 et avant restent valables, mais peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite, en cas d’amélioration de l’étiquette énergétique. Cette mise à jour s’effectue sur le site de l’Ademe.
Concrètement, ce changement est favorable aux logements chauffés à l’électricité : leur étiquette peut s’améliorer sans qu’aucun travaux n’ait été fait. Ne vous fiez toutefois pas à une estimation : vérifiez votre DPE sur le site officiel avant d’en tirer des conclusions.
En pratique : la checklist
Pour un propriétaire bailleur :
- Vérifier l’étiquette du DPE actuel et sa date de réalisation.
- Contrôler qu’il porte bien un numéro d’identification de l’Ademe.
- Faire refaire le DPE s’il date d’entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021.
- Anticiper les échéances de 2028 pour un logement F et de 2034 pour un logement E.
Pour un locataire :
- Demander le DPE au propriétaire ou à l’agence, surtout avant une reconduction tacite.
- Vérifier l’étiquette et les mentions obligatoires de l’annonce.
- En cas de logement non décent, écrire au propriétaire, si possible par courrier recommandé avec avis de réception.
Les mentions obligatoires dans une annonce de location
L’annonce doit indiquer les classements énergétique et climatique. Pour une annonce sur internet, ils doivent être lisibles et en couleur. Elle doit comporter la mention « logement à consommation énergétique excessive » si le logement est classé F ou G, ainsi que le montant des dépenses énergétiques théoriques annuelles, précédé de la mention « Montant estimé des dépenses annuelles d’énergie pour un usage standard » avec l’année de référence des prix de l’énergie.
Si l’annonce comporte de fausses informations, le locataire peut saisir le tribunal du lieu du logement pour demander des dommages et intérêts. Le propriétaire bailleur risque une amende de 3 000 euros maximum (15 000 euros pour une personne morale).
Financer les travaux
Le propriétaire peut notamment bénéficier de MaPrimeRénov pour financer des travaux de rénovation énergétique. Si le logement est insalubre ou dégradé, il peut prétendre à Ma Prime Logement Décent, à condition de respecter un certain niveau de loyer. Service-Public a par ailleurs signalé, dans une actualité du 27 août 2026, que certains projets de travaux seraient exclus du dispositif à partir du 1er septembre 2026 : vérifiez l’éligibilité de votre projet avant de signer un devis. Pour une pompe à chaleur, lisez aussi notre article sur le nouvel agrément Ademe.
Autour de la location et de la vente
Pour les propriétaires qui louent, les nouveaux modèles de bail entrent en vigueur le 1er octobre : voir notre article sur les nouveaux modèles de bail. Pour ceux qui vendent, le DPE fait partie des diagnostics du dossier : voir les critères principaux pour vendre un bien immobilier.
FAQ
Mon logement est classé G : puis-je le louer ?
Non, pas pour un contrat signé, renouvelé ou reconduit tacitement à partir du 1er janvier 2025. Un bail signé avant cette date n’est pas concerné tant qu’il n’est pas renouvelé ou reconduit.
Quand les logements F ne pourront-ils plus être loués ?
À partir du 1er janvier 2028. Les logements classés E suivront le 1er janvier 2034.
Combien de temps un DPE est-il valable ?
Dix ans pour ceux réalisés depuis le 1er juillet 2021. Ceux réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025.
Mon DPE de 2025 doit-il être refait après le changement de coefficient ?
Non. Il reste valable, mais peut être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite, en cas d’amélioration de l’étiquette énergétique.
Combien coûte un DPE ?
Le prix n’est pas réglementé et varie selon le diagnostiqueur. Il faut faire appel à un professionnel certifié.
Sources : Service-Public, diagnostic de performance énergétique (DPE)