En 2026, assurer une voiture coûte entre 630 et 750 euros par an en moyenne, selon les baromètres des comparateurs. Le prix dépend de la formule, du coefficient de bonus-malus et de l’âge du conducteur. Une seule garantie est obligatoire : la responsabilité civile.
Ce guide de l’assurance auto explique ce que couvre chaque formule, comment se calcule le bonus-malus, à quoi sert la franchise, que faire après un accident et quand changer d’assureur. Les prix cités sont des moyennes. Seul un devis à votre nom donne un tarif fiable.
L’essentiel en six points
- Obligation : la responsabilité civile, qui couvre les dommages causés aux autres. Rouler sans assurance est un délit, puni de 3 750 euros d’amende au maximum.
- Formules : tiers, tiers étendu, tous risques. Plus la voiture est ancienne, moins le tous risques se justifie.
- Bonus-malus : le coefficient est multiplié par 0,95 chaque année sans sinistre responsable, et par 1,25 après un sinistre responsable. Il varie de 0,50 à 3,50.
- Franchise : la somme laissée à votre charge à chaque sinistre. Environ 150 euros pour un bris de glace, de 250 à 800 euros en tous risques selon les contrats.
- Accident : le constat doit parvenir à l’assureur sous 5 jours ouvrés.
- Changer d’assureur : possible à tout moment après un an de contrat, sans frais ni pénalité.

Ce que la loi impose
Tout conducteur doit au minimum être couvert en responsabilité civile. Cette garantie indemnise les dégâts matériels et les blessures que vous causez aux autres. Elle ne paie rien pour votre propre voiture, ni pour vos propres blessures.
Rouler sans assurance est un délit : l’amende peut atteindre 3 750 euros, et le juge peut y ajouter l’immobilisation du véhicule, un travail d’intérêt général ou une suspension du permis. Lors d’un contrôle routier, une amende forfaitaire de 500 euros est possible : 400 euros si elle est payée sous 15 jours, 1 000 euros après 45 jours.
Le contrôle est automatisé. Les forces de l’ordre interrogent le fichier des véhicules assurés (FVA) à partir de la plaque d’immatriculation, lors d’un contrôle routier comme au passage d’un radar. Le fichier est géré par l’Agira. Vous pouvez y vérifier la situation de votre voiture sur consultation-fva.fr. Faites-le après un changement de contrat ou l’achat d’un véhicule.
Tiers, tiers étendu, tous risques : ce que chaque formule couvre
Les assureurs baptisent leurs formules chacun à leur manière, mais on retrouve partout les mêmes trois niveaux de garantie, du plus léger au plus complet.
- Tiers : responsabilité civile et défense-recours, c’est-à-dire l’aide de l’assureur si vous êtes poursuivi ou s’il faut obtenir réparation d’un autre conducteur. Aucun dommage à votre voiture n’est remboursé. Prix moyen cité : environ 536 euros par an.
- Tiers étendu : ce socle, plus le vol, l’incendie et le bris de glace. Selon l’assureur, la tempête, les catastrophes naturelles et une protection du conducteur s’y ajoutent. Les dégâts subis par votre voiture dans un accident dont vous êtes responsable ne sont pas couverts. Environ 623 euros par an.
- Tous risques : tout ce qui précède, plus les dommages à votre voiture même quand vous êtes responsable ou qu’aucun tiers n’est identifié. Environ 1 147 euros par an en 2025.
Ces trois prix viennent d’un seul comparateur, AssurancesLabs. Les autres publient d’autres fourchettes : de 480 à 820 euros pour un tiers étendu, de 712 à plus de 1 100 euros pour un tous risques. L’échantillon, l’année et le profil des assurés changent les résultats. Retenez l’ordre de grandeur : un tous risques coûte à peu près le double d’un tiers.
Le détail des garanties varie surtout en tiers étendu. Deux contrats du même nom peuvent traiter la tempête, les catastrophes naturelles ou le bris de glace de façon différente. Lisez le tableau des garanties, pas le nom de la formule.
Pour une voiture électrique, AssurancesLabs relève 1 125 euros par an en tous risques en 2025, un peu sous sa moyenne générale. Notre guide d’achat d’une voiture électrique replace ce poste dans un budget complet.
Quelle formule selon l’âge de la voiture
L’âge et la valeur de la voiture pèsent plus que tout le reste.
- Voiture neuve ou de moins de 5 ans : le tous risques est la formule recommandée. Elle coûte cher à remplacer, et le prêteur l’exige souvent quand elle est achetée à crédit.
- Voiture de 3 à 7 ans : le tiers étendu offre en général le meilleur équilibre entre couverture et prix.
- Voiture ancienne ou de faible valeur : le tiers suffit souvent, ou le tiers étendu si vous craignez surtout le vol et le bris de glace.
Les seuils d’âge varient d’un conseiller à l’autre, et les zones se recouvrent entre 3 et 5 ans. Faites le calcul avec vos chiffres. Prenons un tous risques qui coûte 400 euros de plus par an qu’un tiers étendu, pour une voiture qui vaut 3 000 euros : en sept ans, le surcoût atteint 2 800 euros, presque la valeur de la voiture. Le calcul ne tranche pas à votre place. Il chiffre le prix de la tranquillité. N’oubliez pas de retrancher la franchise de toute indemnité.
La franchise : combien, et pour quoi faire
La franchise est la somme qui reste à votre charge à chaque sinistre indemnisé. Elle est fixée au contrat, dans le tableau des garanties.
Dans les contrats analysés par AssurancesLabs, la franchise bris de glace tourne autour de 150 euros. En tous risques, elle peut atteindre 500 euros chez certains assureurs, contre 250 euros pour la formule intermédiaire du même assureur. D’autres sources citent 300 à 800 euros en tous risques.
Une franchise plus haute fait baisser la prime. Avant de la relever pour économiser quelques dizaines d’euros par an, posez-vous une question simple : pourriez-vous sortir 500 ou 800 euros demain sans emprunter, si un accrochage survenait dès le mois prochain ? Si la réponse est non, gardez une franchise basse. Comparez-la aussi d’un devis à l’autre : une prime un peu plus basse cache parfois une franchise nettement plus haute.

La garantie du conducteur, souvent oubliée
La responsabilité civile ne paie pas vos propres blessures quand vous causez l’accident. C’est le rôle de la garantie du conducteur, aussi appelée garantie personnelle du conducteur. Elle est incluse en tous risques, souvent en tiers étendu, et proposée en option en tiers.
Les plafonds varient beaucoup. Parmi les contrats analysés par AssurancesLabs : 150 000 à 450 000 euros chez APRIL, 250 000 euros de base chez AXA (jusqu’à 2 millions avec une option), 400 000 euros chez Direct Assurance, jusqu’à 1,5 million chez Generali. Les frais médicaux et l’indemnisation d’une invalidité permanente peuvent être considérables. Un plafond bas est un vrai point faible.
Vérifiez aussi l’assistance : joue-t-elle à 0 kilomètre, devant chez vous, et à l’étranger ? Un véhicule de remplacement est-il prévu, et pour combien de jours ?
Le bonus-malus : comment se calcule le coefficient
Le coefficient de réduction-majoration (CRM) fait varier votre prime selon vos sinistres responsables. Il démarre à 1,00 pour tout nouvel assuré, et chaque année l’assureur multiplie sa prime de référence par votre coefficient pour obtenir le montant que vous payez.
- Une année sans sinistre responsable : le coefficient est multiplié par 0,95, soit 5 % de bonus.
- Un sinistre entièrement responsable : le coefficient est multiplié par 1,25, soit 25 % de malus.
- Une responsabilité partagée : le coefficient est multiplié par 1,125.
- Le plancher est de 0,50, atteint après environ 13 ans sans sinistre responsable.
- Le plafond est de 3,50.
Sur une prime de référence de 700 euros, un coefficient de 0,95 donne 665 euros et un coefficient de 1,25 donne 875 euros. À 0,50, la même prime tombe à 350 euros.
Un accident dont vous n’êtes pas responsable ne fait pas monter le coefficient. Un accident responsable coûte cher : un conducteur à 0,80, qui a mis à peu près quatre ans à le construire, repasse à 1,00 d’un coup (0,80 multiplié par 1,25).
Le coefficient vous suit quand vous changez d’assureur ou de voiture. Le relevé d’information le prouve. Il récapitule vos sinistres et votre coefficient. Votre assureur doit vous le remettre dans les 15 jours après votre demande, et le nouvel assureur en a besoin pour établir son tarif.
Ne confondez pas ce malus avec le malus écologique, une taxe à l’immatriculation des voitures les plus polluantes. Les deux n’ont aucun rapport.
Jeune conducteur : la surprime et la conduite accompagnée
Un conducteur novice paie une surprime légale, en plus du bonus-malus. Elle dure trois ans au maximum.
- Première année : +100 %, la prime est doublée.
- Deuxième année : +50 %.
- Troisième année : +25 %.
Elle disparaît après trois ans sans sinistre responsable. Avec la conduite accompagnée, elle est réduite : +50 % la première année, +25 % la deuxième, puis plus rien.
Sur une prime de base de 500 euros, cela donne 1 000 euros la première année sans conduite accompagnée, et 750 euros avec. La surprime et le malus se cumulent : un sinistre responsable dès la première année fait passer la facture à 1 250 euros (500 × 2 × 1,25).
Le baromètre de décembre 2025 cité par AssurancesLabs donne 2 031 euros par an pour un jeune conducteur, contre 603 euros pour un conducteur expérimenté. Les conducteurs malussés paient en moyenne plus de 2 460 euros. Le coût du permis pèse déjà lourd : notre guide du permis de conduire détaille le budget et les aides.
Après un accident : les gestes et les délais
Commencez par la sécurité. Mettez-vous à l’abri, signalez l’accident et appelez les secours s’il y a un blessé (le 112 fonctionne partout en Europe). Ensuite viennent les papiers.
- Remplissez un constat amiable avec l’autre conducteur, sur papier ou avec l’application gratuite e-constat auto. Sur l’application, les deux conducteurs signent à l’écran, reçoivent un SMS de confirmation, et l’assureur reçoit le constat en PDF.
- Prenez des photos des deux véhicules, de la route et des plaques d’immatriculation, puis notez les coordonnées des témoins avant qu’ils ne repartent.
- Ne signez pas un constat que vous contestez. Décrivez votre version et prévenez votre assureur.
- Envoyez le constat à votre assureur dans les 5 jours ouvrés, décompte à partir du lendemain de l’accident.
Un retard peut faire perdre la garantie si l’assureur prouve qu’il lui a causé un préjudice. Le délai de 5 jours ouvrés s’applique aussi à un accident à l’étranger.
Deux délais font exception. Pour un vol ou une tentative de vol, la loi autorise l’assureur à le ramener à 2 jours ouvrés. Déposez plainte et gardez le récépissé. En cas de catastrophe naturelle reconnue par arrêté, vous disposez de 10 jours ouvrés après sa publication au Journal officiel. Le délai exact figure dans vos conditions générales.
Payer moins sans perdre en couverture
Les tarifs montent. Le coût moyen des sinistres matériels a progressé de 5,3 % en 2025, après 6,7 % en 2024, et les comparateurs relèvent une hausse des primes de 4 à 5 % en 2026. Vous ne contrôlez pas cette tendance. Vous contrôlez cinq choses.
- La comparaison. Demandez au moins trois devis à garanties identiques, franchise comprise. Comparer des noms de formule ne suffit pas.
- Le moment. Après un an de contrat, vous pouvez résilier à tout moment, sans motif. La résiliation prend effet un mois après réception de votre demande, et le nouvel assureur s’occupe des démarches. Vous restez couvert pendant ce mois.
- Le kilométrage. Déclarez-le au plus juste. Si vous roulez peu, comparez une formule au kilomètre.
- La franchise. Relevez-la seulement si vous pouvez la payer sans difficulté.
- La voiture. Les petites cylindrées coûtent moins cher à assurer. Le point est à examiner avant l’achat.
Certains assureurs accordent une remise quand plusieurs contrats sont regroupés chez eux, mais seul le prix total, remise déduite, permet de comparer deux offres à garanties égales. Notre guide pour négocier ses abonnements et ses assurances détaille la marche à suivre, lettre de résiliation comprise. Pour situer l’assurance dans le budget annuel d’une voiture, voyez notre guide de l’entretien automobile. Tous nos articles sur la route se trouvent dans la rubrique auto et mobilité.
Questions fréquentes
Quelle est l’assurance auto minimale obligatoire ?
La responsabilité civile, souvent appelée assurance au tiers. Elle couvre les dommages que vous causez aux autres, jamais ceux que subit votre propre voiture.
Que risque-t-on à rouler sans assurance ?
Un délit puni de 3 750 euros d’amende au maximum, avec des peines possibles en plus : immobilisation du véhicule, travail d’intérêt général, suspension du permis. Lors d’un contrôle, une amende forfaitaire de 500 euros peut aussi être appliquée.
Le bonus-malus augmente-t-il si l’accident n’est pas ma faute ?
Non. Seuls les sinistres pour lesquels vous êtes responsable font monter le coefficient : +25 % si vous l’êtes entièrement, +12,5 % si la responsabilité est partagée.
Peut-on changer d’assureur en cours d’année ?
Oui, à tout moment, dès que le contrat a un an. La résiliation prend effet un mois après la réception de la demande. Avant un an, d’autres règles s’appliquent : résiliation à l’échéance annuelle avec préavis, ou motif prévu par la loi ou par le contrat.
Combien de temps a-t-on pour déclarer un accident ?
5 jours ouvrés à partir du lendemain de l’accident. Pour un vol, l’assureur peut imposer un délai de 2 jours ouvrés. Vérifiez la durée exacte dans vos conditions générales.
Le tous risques est-il obligatoire pour une voiture achetée à crédit ?
Pas par la loi. Le prêteur l’exige en revanche souvent. Lisez l’offre de prêt avant de choisir votre formule.
Combien coûte l’assurance d’un jeune conducteur ?
2 031 euros par an en moyenne d’après le baromètre de décembre 2025 cité par AssurancesLabs, contre 603 euros pour un conducteur expérimenté. La conduite accompagnée réduit la surprime.