Une pile avalée par un jeune enfant peut entraîner très rapidement des lésions potentiellement mortelles. Les piles boutons se cachent dans les télécommandes, les montres, les jouets ou les clés de voiture. RappelConso a publié douze fiches liées à ce risque entre janvier et octobre 2026. Voici ce que montrent les chiffres, ce que recommandent l’ANSES et la DGCCRF, et la consigne en cas d’ingestion, même supposée.
L’essentiel à retenir
- En cas d’ingestion, même supposée, d’une pile bouton : appelez immédiatement un centre antipoison ou le 15, puis allez au service d’urgence qu’ils indiquent.
- Conservez les piles boutons hors de portée des enfants, qu’elles soient emballées ou usagées, et vérifiez que le compartiment à piles des objets est sécurisé.
- Du 1er janvier au 14 octobre 2026, 12 fiches RappelConso concernent des piles boutons ou des produits qui en contiennent, dont 5 lots de piles dont l’emballage n’est pas à l’épreuve des enfants.
- Plus de 4 000 cas d’ingestion ont été étudiés entre 1999 et 2015 par les centres antipoison.
Piles boutons : un risque connu, surtout pour les moins de six ans
Les piles boutons sont des piles plates, rondes et de petite taille, présentes dans de nombreux objets du quotidien : télécommandes, calculatrices, montres, appareils photo, audioprothèses ou certains jouets électriques, rappelle l’ANSES. Une pile avalée peut brûler et perforer l’œsophage, provoquer une hémorragie brutale et imprévisible ou perforer les voies respiratoires.

Les centres antipoison ont étudié 4 030 cas, tous âges confondus, entre janvier 1999 et juin 2015 : 2 enfants sont décédés et 21 cas graves ont été observés. La part des cas avec signes cliniques est passée de 7 % en 1999 à 18 % en 2015, ce que l’ANSES relie à l’augmentation des ingestions de piles de grande taille. Les enfants de moins de 5 ans représentent la majorité des victimes, selon la DGCCRF, et environ deux tiers des accidents viennent d’une pile libérée par un objet laissé à portée de l’enfant.
Que faire en cas d’ingestion
Face à un accident, même supposé, l’ANSES insiste : n’attendez pas, chaque minute compte.
- appelez immédiatement un centre antipoison ou le 15, qui indiquera la marche à suivre ;
- conduisez l’enfant dans le service d’urgence indiqué par le centre antipoison, qui transmettra le protocole à suivre.
Nous ne reprenons ici aucun autre geste : seules ces deux actions figurent dans la consigne de l’ANSES, et le centre antipoison ou le 15 donneront les instructions adaptées.
Prévenir : trois précautions
L’ANSES recommande trois précautions :
- conserver les piles boutons hors de portée d’un enfant, qu’elles soient encore emballées ou usagées ;
- vérifier que le compartiment à piles des objets qui en contiennent est bien sécurisé et ne s’ouvre pas facilement, sinon ne pas laisser l’objet à portée d’un enfant ;
- privilégier l’achat d’appareils dont le compartiment à piles est sécurisé, avec une vis ou un dispositif de blocage.
Pour les piles usagées, notre vrai ou faux sur les piles usagées explique où les déposer. À l’approche de Noël, la vigilance vaut aussi pour les jouets, comme le rappelle la DGCCRF, qui cite l’accessibilité des piles, notamment au lithium, parmi les risques d’accidents graves.
Douze fiches RappelConso en 2026
Dans les données ouvertes de RappelConso, nous avons compté 12 fiches publiées du 1er janvier au 14 octobre 2026 dont le motif ou le risque concerne une pile bouton. Cinq sont des lots de piles vendus seuls, en ligne ou en magasin, dont l’emballage n’est pas à l’épreuve des enfants : les piles sont donc facilement accessibles et un enfant peut les mettre dans la bouche. Ils portent les marques Koonenda et Tianqiu (20 janvier), un lot sans marque (16 février), des piles CR2032 Da Vinci (27 février) et un lot DGTLS (11 juin). Les sept autres concernent des jouets, des déguisements ou des objets lumineux qui fonctionnent avec une pile bouton, comme un jouet de bain, un costume lumineux ou un bâton lumineux.
Ces rappels demandent généralement de ne plus utiliser le produit et de le rapporter au point de vente. Notre décompte de RappelConso en 2026 détaille les autres catégories.
Ce que la DGCCRF a contrôlé
En 2021, la DGCCRF a publié les résultats d’une enquête sur la sécurité des emballages de piles boutons : 12 établissements sur 102 contrôlés ont reçu un avertissement. Elle y relevait notamment l’absence d’avertissement en français sur certains emballages. Une version de 2019 de la norme NF EN 60086-4 préconise des emballages à l’épreuve des enfants, applicable à partir d’avril 2021, mais la norme reste d’application volontaire.
Pour aller plus loin
Pour sécuriser la maison au quotidien, notre guide de la sécurité domestique et notre guide des batteries au lithium complètent ces conseils.
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Sources : ANSES, Piles bouton et jeunes enfants : prévenir l’ingestion et adopter les bons réflexes en cas d’accident, 20 décembre 2018 ; DGCCRF, Sécurité des emballages de piles boutons, écrit le 21 janvier 2021 ; data.economie.gouv.fr, RappelConso V2 – Rappels de produits (jeu de données ouvert), décompte de la rédaction du 15 octobre 2026