Une part importante de la chaleur d’une maison s’échappe par le toit : France Rénov’ l’évalue à 25 à 30 % dans un logement non isolé. Isoler ses combles est donc le premier chantier à envisager avant l’hiver. Il est relativement peu coûteux, rapide à réaliser et, selon l’organisme public, il permet jusqu’à 30 % d’économies d’énergie. Mais le paysage des aides a changé au 1er septembre 2026 : MaPrimeRénov’ par geste ne finance plus l’isolation. Ce guide fait le point sur les techniques, les aides qui subsistent et les précautions à prendre avec l’artisan.
Isoler ses combles en priorité : pourquoi le toit compte autant
L’air chaud, plus léger, monte et s’échappe par le haut. Sur sa page consacrée à l’isolation des combles, France Rénov’ rappelle que les combles sont à rénover en priorité, parce que leur isolation représente un coût relativement faible pour des économies d’énergie importantes. Un logement mal isolé perd de la chaleur en hiver, et de la fraîcheur en été, par le toit, les murs, les portes, les fenêtres et le sol.

Pour replacer ce chantier dans l’ensemble des gestes qui font baisser la facture, notre dossier pour réduire sa facture d’énergie détaille aussi le contrat, les gestes et les aides, et notre guide du chauffage précise les températures à viser pièce par pièce.
Combles perdus ou combles habitables : deux situations, deux techniques
Le choix de la technique dépend de ce que l’on a sous le toit. Les combles perdus désignent tous les espaces non habitables situés sous la toiture. L’isolant se pose alors sur le plancher de ces combles. France Rénov’ distingue deux façons de faire :
- Les rouleaux ou panneaux : ils conviennent aux combles facilement accessibles, avec un large choix de matériaux (laine de verre, laine de roche, laines d’origine naturelle comme le bois, le chanvre ou la laine de mouton, ou fibres textiles recyclées). La pose est rapide.
- Le soufflage : il est pratiqué pour les combles perdus difficilement accessibles. L’isolant est soufflé en flocons pour couvrir le sol uniformément. Les plus économiques sont les flocons de laine de cellulose, de laine de verre et de laine de roche. La technique est rapide, y compris pour de grandes surfaces.
Pour les combles habitables, les solutions dépendent de l’espace disponible. Avec une hauteur sous toit d’au moins 1,80 m dans un espace non aménagé, une isolation sous rampants est possible, si possible en double couche croisée, en posant l’isolant sous la charpente. Si la hauteur est limitée ou si les combles sont déjà aménagés, l’isolation de la toiture par l’extérieur évite d’empiéter sur le volume habitable. Elle prend tout son sens quand la toiture ou la charpente doivent être refaites en même temps.
Quelle épaisseur d’isolant : la résistance thermique
Un isolant se juge par sa résistance thermique, notée R et exprimée en m².K/W : plus elle est élevée, plus il isole. Pour les travaux aidés, la fiche d’opération standardisée des certificats d’économies d’énergie fixe une exigence minimale. D’après les fiches officielles, la résistance doit être au moins de 7 m².K/W pour des combles perdus et de 6 m².K/W pour des rampants de toiture. Demandez à l’artisan de les indiquer sur le devis.
L’épaisseur nécessaire dépend du matériau, car chacun a sa propre conductivité. Plutôt que de raisonner en centimètres, demandez la résistance thermique de l’isolant posé et vérifiez-la sur la fiche du produit.
Ce qui a changé au 1er septembre 2026
Selon le site de Bercy, mis à jour le 7 septembre 2026, plusieurs travaux ne sont plus pris en compte dans le parcours par geste de MaPrimeRénov’ depuis le 1er septembre. La liste comprend l’isolation, les systèmes de ventilation, les équipements de chauffage indépendants au bois ou à la biomasse, les pompes à chaleur dédiées à l’eau chaude sanitaire et le solaire thermique, sauf dans les Outre-mer. Ce parcours finance désormais surtout l’installation d’un système de chauffage ou d’eau chaude décarboné, comme une pompe à chaleur air/eau ou un raccordement à un réseau de chaleur.
Autrement dit, isoler ses seuls combles ne donne plus droit à la prime par geste. Pour un chantier ciblé sur l’isolation, les aides disponibles sont d’une autre nature : primes des fournisseurs d’énergie, prêt à taux zéro et TVA réduite. Si votre projet est plus large, MaPrimeRénov’ garde un volet de rénovation d’ampleur.
Les aides qui subsistent pour isoler ses combles
Les certificats d’économies d’énergie (CEE). Les fournisseurs d’énergie sont tenus de proposer des aides à leurs clients pour financer tout ou partie des travaux. Selon France Rénov’, elles peuvent prendre la forme d’une prime, d’un bon d’achat ou d’une réduction. Les conditions : un logement, résidence principale ou secondaire, construit depuis au moins deux ans, des travaux qui améliorent l’efficacité énergétique et un artisan certifié RGE, reconnu garant de l’environnement. L’isolation de combles ou de toitures figure parmi les travaux standards ouvrant droit à la prime. Son montant dépend des revenus du ménage, de sa composition et de l’adresse indiquée sur l’avis d’imposition.
MaPrimeRénov’ Parcours accompagné. Cette aide, pour une rénovation d’ampleur, concerne les logements classés E, F ou G avant les travaux et occupés à titre de résidence principale. Le programme doit faire gagner au moins deux classes énergétiques, comporter deux gestes d’isolation thermique parmi la toiture, les fenêtres, les sols ou les murs, et ne pas prévoir de chauffage au fioul, au gaz ou au charbon. Un rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ est obligatoire avant la demande. L’isolation des combles peut donc entrer dans ce parcours, à condition de s’inscrire dans un projet plus large.
L’éco-prêt à taux zéro. Il finance les travaux d’amélioration de la performance énergétique sans condition de ressources, pour une résidence principale achevée depuis plus de deux ans. Il se cumule avec MaPrimeRénov’ pour financer le reste à charge.
La TVA à 5,5 %. Dans un logement achevé depuis plus de deux ans et à usage d’habitation, Service-Public Entreprendre indique que l’isolation thermique des parois opaques bénéficie du taux réduit de 5,5 % en France métropolitaine. Le client doit certifier sur le devis ou la facture que les travaux remplissent les conditions.
L’exonération de taxe foncière. Certaines collectivités exonèrent temporairement, pour trois ans, les foyers qui réalisent des travaux d’économie d’énergie, dans des logements achevés depuis plus de dix ans et sous conditions de dépenses. Notre guide de la taxe foncière détaille les exonérations.
Pour connaître le montant exact de vos aides, un simulateur de France Rénov’ les estime selon votre situation.
Les autres travaux à penser en même temps
France Rénov’ rappelle que l’isolation ne se pense pas seule. Dans le cadre d’une rénovation, la ventilation est un sujet essentiel pour la qualité de l’air du logement. Le système de chauffage reste la première source de consommation d’énergie du logement. Quant à la régulation, avec un thermostat, elle permet de maintenir une température confortable quand c’est nécessaire.

Ces choix pèsent sur les aides : le parcours accompagné de MaPrimeRénov’ exige par exemple un programme qui combine deux gestes d’isolation, et la prime CEE « Coup de pouce » pour une pompe à chaleur n’est accordée qu’aux modèles disposant d’un agrément officiel, comme le détaille notre article sur l’agrément des pompes à chaleur.
Bien choisir son artisan et lire le devis
Le certificat RGE est l’une des conditions des primes CEE : un artisan non qualifié prive donc le chantier de cette aide. Vérifiez ce point avant de signer, et comparez plusieurs devis.
Un devis sérieux détaille l’isolant, sa résistance thermique, la surface traitée et le prix. Voici les points à vérifier avant de signer :
- La certification RGE de l’entreprise, condition des primes CEE.
- La nature de l’isolant et sa résistance thermique, à comparer à l’exigence de 7 m².K/W pour des combles perdus.
- Le taux de TVA de 5,5 %, avec la certification du client sur l’usage d’habitation et l’ancienneté du logement.
- La surface traitée et la technique prévue : rouleaux, soufflage ou isolation sous rampants.
- La date de signature par rapport aux aides : renseignez-vous auprès du fournisseur d’énergie avant de valider le devis.
Un logement mieux isolé améliore aussi sa note énergétique. Notre guide du DPE et des passoires thermiques explique les calendriers qui pèsent sur les logements classés F ou G.
Isolez d’abord les combles, visez la résistance thermique indiquée dans le devis et choisissez un artisan RGE pour conserver le droit aux certificats d’économies d’énergie.
FAQ
Combien d’économies peut-on espérer en isolant ses combles ?
France Rénov’ parle de jusqu’à 30 % d’économies d’énergie. Le gain réel dépend de l’état de départ du logement, du chauffage et de la qualité de la pose.
MaPrimeRénov’ finance-t-elle encore l’isolation des combles ?
Pas en parcours par geste depuis le 1er septembre 2026. L’isolation peut en revanche entrer dans une rénovation d’ampleur, ou être aidée par les primes CEE, l’éco-prêt à taux zéro et la TVA à 5,5 %.
Faut-il un artisan RGE ?
Oui pour bénéficier des primes CEE et de MaPrimeRénov’. France Rénov’ le cite parmi les conditions.
Quelle résistance thermique viser ?
Pour les travaux aidés, la fiche officielle de référence exige au moins 7 m².K/W pour des combles perdus et 6 m².K/W pour des rampants. Demandez la valeur sur le devis.
Quelle différence entre combles perdus et combles habitables ?
Les combles perdus sont des espaces non habitables sous la toiture, où l’isolant se pose sur le plancher. Les combles habitables s’isolent sous rampants, si la hauteur sous toit atteint 1,80 m, ou par l’extérieur de la toiture.
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Sources : France Rénov’ (isolation des combles, aides CEE), economie.gouv.fr (rénovation énergétique, 7 septembre 2026), Service-Public Entreprendre (taux de TVA, vérifié le 21 février 2026), consultés le 6 octobre 2026.