Au 1er août 2026, les tarifs réglementés de l’électricité ont augmenté de 2,5 % en moyenne, et le prix repère du gaz a pris 5,6 % entre août et septembre. Pour réduire sa facture d’énergie cet hiver, trois leviers se combinent : la façon de chauffer et de consommer, le choix du contrat et les aides auxquelles vous avez droit. Ce dossier les passe en revue avec les chiffres de l’Ademe, de Bercy et de Service-Public, du geste gratuit à l’aide pour les travaux.
L’essentiel à retenir
- Le chauffage pèse le plus lourd : selon Bercy, il représente 66 % des consommations d’énergie à la maison. Bien le régler est le premier geste.
- Les gestes gratuits comptent : ballon d’eau chaude à 55 °C, programmes « éco », appareils éteints plutôt qu’en veille. Éteindre les veilles permet d’économiser jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage et eau chaude, d’après l’Ademe.
- Le contrat se compare : changer de fournisseur est gratuit, sans coupure, et l’ancien contrat est résilié automatiquement.
- Des aides existent : le chèque énergie, de 48 à 277 euros en 2026 sous condition de ressources, et pour les travaux MaPrimeRénov’, les primes CEE et l’éco-PTZ.

Ce que l’hiver 2026-2027 change sur la facture
Côté électricité, les tarifs réglementés de vente ont augmenté de 2,5 % en moyenne au 1er août 2026, selon Service-Public. Pour un foyer qui consomme 4,5 MWh par an, la facture TTC passe de 1 046 à 1 072 euros, soit environ 26 euros de plus sur douze mois. Elle se compose de trois éléments : le coût de la fourniture d’électricité, les taxes, dont l’accise, et le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, le Turpe. La même annonce précise que l’option heures pleines/heures creuses des tarifs réglementés est désormais ouverte dès 3 kVA de puissance souscrite, contre 6 kVA auparavant.
Côté gaz, le prix repère publié par la Commission de régulation de l’énergie est passé de 162,89 à 172,05 euros TTC par mégawattheure entre août et septembre. Notre article sur la hausse du prix du gaz en septembre 2026 détaille l’effet selon le contrat : un prix fixe protège jusqu’à l’échéance, un prix indexé répercute la hausse le mois suivant.
Ces hausses restent limitées en euros pour un foyer moyen, mais l’hiver concentre la consommation. Pour réduire sa facture d’énergie, le plus sûr est d’agir d’abord sur ce que vous consommez, puis sur ce que vous payez.
Chauffage : le premier poste à régler
Bercy chiffre à 66 % la part du chauffage dans les consommations énergétiques d’un logement. Un réglage fin est donc le premier levier. L’Ademe conseille de ne pas chauffer toutes les pièces à la même température, 24 heures sur 24, ni de chauffer à 19 °C quand personne n’est là.
- Pièces de vie occupées : 19 °C, et 16 à 17 °C quand vous vous absentez pour la journée.
- Chambres et salle de bain inoccupées : 17 °C en journée. La nuit, 18 °C au plus dans les chambres, pour préserver le sommeil.
- Absence de quelques jours : position hors gel du système de chauffage.
Le détail pièce par pièce, ce que la loi impose au propriétaire et la question du bon moment pour allumer sont traités dans notre guide sur la température de chauffage en 2026.
Un thermostat programmable évite d’agir sur chaque radiateur plusieurs fois par jour : il fixe une consigne pièce par pièce selon vos besoins. Certains systèmes connectés se pilotent à distance, ce qui évite de chauffer si vous rentrez plus tard que prévu. Leur sécurité mérite un réglage soigneux, expliqué dans notre guide de la maison connectée.
Le froid entre aussi par les fuites d’air. L’Ademe recommande de fermer les portes des pièces non chauffées, de fermer les inserts de cheminée et de calfeutrer les portes donnant sur l’extérieur avec des boudins de bas de porte. Volets fermés et rideaux tirés dès la tombée de la nuit limitent les déperditions par les vitrages, et des rideaux thermiques font davantage barrage au froid que des rideaux classiques. Par grand froid, gardez les volets fermés même en journée si vous êtes absent. Bercy ajoute de ne pas placer de meubles devant les radiateurs, pour que la chaleur circule.
Une seule exception à cette chasse aux courants d’air : ne bouchez jamais les grilles de ventilation. Elles maintiennent la qualité de l’air du logement.
L’eau chaude : ballon, robinets et douche
L’Ademe conseille de programmer un ballon d’eau chaude électrique à 55 °C. Cette température suffit à limiter le développement de bactéries pathogènes et réduit l’électricité nécessaire pour chauffer l’eau. Pour une absence de plusieurs jours, il peut être intéressant de l’éteindre.
Calorifuger le ballon et les tuyaux qui traversent des pièces non chauffées, comme le sous-sol ou le garage, évite que l’eau refroidisse trop vite et que la résistance se remette en marche. L’intérêt augmente quand les points d’eau sont éloignés du ballon.
Aux robinets, ne laissez pas le mitigeur en position intermédiaire : l’eau tiède ainsi obtenue gaspille de l’énergie quand l’eau froide suffit, pour se laver les mains ou rincer une éponge. Des mousseurs ou des réducteurs de débit sur les robinets et la douche permettent d’économiser de 30 à 50 % d’eau. Une douche de 5 minutes consomme environ 35 litres, contre plus de 100 litres pour 15 minutes.
Électroménager, veilles et multimédia : ce qui consomme vraiment
Bercy reprend un classement de l’Ademe des appareils les plus gourmands, en kilowattheures par an :
- combiné réfrigérateur et congélateur : environ 328 kWh ;
- congélateur : environ 296 kWh ;
- réfrigérateur : environ 201 kWh ;
- sèche-linge : environ 181 kWh ;
- téléviseur : environ 152 kWh ;
- lave-vaisselle : environ 141 kWh ;
- four : plus de 133 kWh.
L’Ademe note que les appareils de froid fonctionnent 24 heures sur 24 et pèsent donc sur toute l’année, alors que le four et les plaques consomment beaucoup mais brièvement. Au moment de remplacer un réfrigérateur, l’étiquette énergie est décisive, et notre dossier sur l’électroménager basse consommation explique comment la lire.

Laver, sécher, cuisiner
- Le programme « éco » : il économise de l’eau et de l’énergie même si le cycle dure plus longtemps, car c’est le chauffage de l’eau qui consomme le plus. Laver la vaisselle à 50 °C ou en programme « éco » consomme jusqu’à 45 % d’électricité de moins qu’un programme intensif. Sur un lave-linge récent, il s’appelle souvent « Éco 40-60 ».
- Les machines pleines : la demi-charge d’un lave-linge consomme moins d’eau, mais tout autant d’électricité.
- Le sèche-linge : essorez bien le linge dans le lave-linge, car l’extraction mécanique de l’humidité est 100 fois plus économe que l’extraction thermique. Si vous le pouvez, séchez à l’air libre.
- La cuisine : un couvercle sur les casseroles et les poêles fait consommer jusqu’à 25 % d’énergie en moins. Éteindre le four avant la fin de la cuisson économise jusqu’à 10 % d’électricité. Avec une bouilloire à thermostat, chauffer l’eau à 80 °C au lieu de 100 °C peut économiser 25 % d’électricité.
Box, écrans et veilles
Une box laissée allumée 24 heures sur 24 peut consommer plus de 200 kWh par an, autant qu’un lave-linge. L’éteindre la nuit économise environ 25 % de sa consommation. Un téléviseur de 160 cm de diagonale consomme autant que trois ou quatre téléviseurs de 80 cm, et baisser sa luminosité réduit la consommation d’environ 25 %.
Éteindre les veilles peut permettre d’économiser jusqu’à 15 % de la facture d’électricité, hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 euros par an selon l’Ademe. Le gain varie beaucoup d’un appareil à l’autre : débrancher une machine à expresso rapporte 3 à 4 euros par an. Pour les lave-linge et les lave-vaisselle, la veille sert souvent à détecter les fuites d’eau : il n’est pas judicieux de les déconnecter. Le bon outil est la multiprise à interrupteur, qui coupe d’un seul geste un poste entier (télévision, console, box).
Éclairage : la LED et les lumières inutiles
L’éclairage ne pèse pas le plus lourd sur la facture, mais il se règle vite. Les lampes à LED durent jusqu’à 40 000 heures, ce qui compense leur prix d’achat, à condition qu’elles dépassent 20 000 heures et soient bien classées sur l’étiquette énergie. L’Ademe conseille des blancs chauds de 2 700 à 3 500 kelvins pour le salon et les chambres. Éteignez en quittant une pièce, méfiez-vous des LED de décoration sur les meubles, qui consomment sans éclairer, et profitez de la lumière du jour en plaçant canapés et bureaux près des fenêtres.
Heures creuses, contrat, fournisseur : payer moins pour le même usage
Les heures creuses sont des plages horaires où la consommation d’électricité est moins élevée, avec un kilowattheure moins cher, rappelle Bercy, qui conseille d’y faire tourner lave-linge, lave-vaisselle et sèche-linge quand c’est possible. La plupart des appareils sont programmables, et l’Ademe invite à vérifier son contrat pour connaître les heures les plus favorables. Avant de choisir ou de conserver cette option, regardez sur votre facture la part de votre consommation qui tombe réellement dans ces plages.
Comparer les offres est le second levier sur le prix. Le comparateur du médiateur national de l’énergie, accessible sur energie-info.fr, permet de connaître à partir du code postal les offres d’électricité et de gaz proposées. Changer de fournisseur est gratuit et possible autant de fois que vous le souhaitez. Vous ne risquez aucune coupure : le gestionnaire de réseau assure la continuité. C’est le nouveau fournisseur qui effectue les démarches, et la résiliation de l’ancien contrat est automatique à la date de prise d’effet du nouveau.
Gardez votre dernière facture sous la main : elle porte le numéro de point de livraison de l’électricité (PDL, aussi appelé PRM) ou le numéro PCE du gaz, à 14 chiffres. Si vous signez à distance ou après un démarchage à domicile, vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours.
Les aides pour alléger la facture
Le chèque énergie 2026
Le chèque énergie aide à payer les dépenses d’énergie du logement : électricité, gaz, fioul, bois ou autres énergies. En 2026, son montant est compris entre 48 et 277 euros selon les revenus et la composition du foyer fiscal, pour une moyenne de 153 euros.
Les ménages dont le revenu fiscal de référence 2024 par unité de consommation est inférieur à 11 000 euros y ont droit. La première personne du foyer fiscal compte pour 1 unité de consommation, la deuxième pour 0,5 et chacune des suivantes pour 0,3. À titre d’illustration, un couple compte pour 1,5 unité : le seuil correspond alors à un revenu fiscal de référence de moins de 16 500 euros pour le foyer. Le simulateur du site chequeenergie.gouv.fr permet de vérifier son éligibilité.
Vous n’avez normalement aucune démarche à faire : l’Agence de services et de paiement envoie le chèque automatiquement aux foyers identifiés. En 2026, l’envoi a commencé le 1er avril, entre le 1er et le 20 avril pour 3,8 millions de foyers et en mai pour 700 000 autres. Si vous pensez y avoir droit sans l’avoir reçu, vous pouvez déposer une demande jusqu’au 31 décembre 2026, en ligne sur chequeenergie.gouv.fr ou par courrier. Elle doit comporter une attestation de contrat d’électricité de moins de trois mois, avec le numéro de point de livraison du logement.
Pour l’utiliser, trois voies existent : en ligne avec le numéro du chèque et les références du contrat de fourniture, par courrier à votre fournisseur avec une copie de la facture, ou en main propre à un vendeur de bois ou de fioul. Le service « e-Chèque énergie » de votre espace bénéficiaire évite le chèque papier et le risque de perte. Attention : depuis la loi de finances pour 2025, le chèque ne peut plus payer des travaux de rénovation. Seuls les « chèques travaux » émis avant sa publication, le 15 février 2025, restent utilisables jusqu’à leur date d’expiration.
Le chèque énergie attire les escrocs. Bercy rappelle que l’administration ne démarche pas les bénéficiaires et ne demande jamais de coordonnées bancaires. Refusez toute sollicitation de ce type et appelez au 0 805 204 805, service et appel gratuits, du lundi au vendredi de 8 h à 20 h. Notre guide des arnaques courantes détaille les signaux d’alerte. Le chèque énergie n’est qu’une aide parmi d’autres, toutes présentées dans notre guide complet des aides sociales.
Les aides pour les travaux
Agir durablement sur la facture passe par l’isolation et le mode de chauffage. MaPrimeRénov’, les primes CEE, l’éco-PTZ et la TVA réduite financent ces chantiers, avec des règles qui ont changé le 1er septembre 2026. Notre dossier sur la rénovation énergétique en 2026 détaille les conditions et les démarches, et notre article sur l’agrément Ademe des pompes à chaleur précise ce qu’il faut vérifier avant d’en installer une. L’Ademe recommande de ne pas décider de travaux sans en avoir discuté avec un professionnel, au risque de manquer les chantiers prioritaires.
Un plan en trois temps pour réduire sa facture d’énergie
- Cette semaine, sans dépense : régler les températures pièce par pièce, passer le ballon à 55 °C, choisir les programmes « éco », éteindre les multiprises la nuit, fermer volets et rideaux dès le soir.
- Ce mois-ci, petit budget : poser des mousseurs et des boudins de porte, calorifuger le ballon et les tuyaux, installer une multiprise à interrupteur, passer aux LED, envisager un thermostat programmable.
- Avant la fin de l’année : comparer les offres d’énergie, vérifier vos droits au chèque énergie, et si un chantier d’isolation ou de chauffage se dessine, en parler à un professionnel avant de signer.
Les erreurs qui font grimper la facture
- Boucher les grilles de ventilation pour supprimer un courant d’air : l’Ademe déconseille formellement de le faire.
- Chauffer toutes les pièces à la même température toute la journée, y compris les chambres vides.
- Débrancher le lave-linge ou le lave-vaisselle pour éviter la veille, alors que celle-ci sert souvent à détecter les fuites.
- Acheter un appareil surdimensionné, ou multiplier les objets connectés : Bercy conseille d’éviter le suréquipement.
- Reconduire un contrat par habitude sans jamais comparer les offres.
Questions fréquentes
Quelle température viser pour réduire sa facture de chauffage ?
L’Ademe recommande 19 °C dans les pièces de vie occupées, 16 à 17 °C quand vous êtes absent la journée et 17 à 18 °C dans les chambres. Adapter la température à la présence évite de chauffer pour rien.
Faut-il tout débrancher pour économiser ?
Non. Éteindre télévision, console, box et petit électroménager est utile, et une multiprise à interrupteur simplifie le geste. En revanche, les veilles des lave-linge et des lave-vaisselle servent souvent à détecter les fuites d’eau : l’Ademe ne conseille pas de les couper.
Le chèque énergie est-il versé automatiquement en 2026 ?
Oui pour les foyers identifiés : le chèque est envoyé par courrier ou sous forme dématérialisée. Sinon, vous pouvez le demander jusqu’au 31 décembre 2026 si vous remplissez les conditions, notamment un revenu fiscal de référence par unité de consommation inférieur à 11 000 euros.
Changer de fournisseur peut-il couper l’électricité ?
Non. Le changement est gratuit, sans coupure d’électricité ni de gaz, et l’ancien contrat est résilié automatiquement une fois le nouveau conclu.
Les heures creuses sont-elles toujours intéressantes ?
Cela dépend de vos usages : l’option profite à celui qui décale lave-linge, sèche-linge et lave-vaisselle dans les plages creuses. Regardez la répartition de votre consommation sur votre facture avant de choisir. Au tarif réglementé, elle est désormais accessible dès 3 kVA.
Que faire si la facture reste élevée malgré les gestes ?
Regardez d’abord d’où vient la consommation : chauffage, eau chaude ou appareils. Comparez ensuite les offres de fournisseurs, puis, si le logement est mal isolé, faites le point avec un professionnel sur les travaux et les aides disponibles.
Sources : Ademe, 20 solutions pour réduire sa consommation d’électricité (mise à jour le 13 août 2026) ; economie.gouv.fr,