Le microcrédit est un prêt de faible montant destiné aux personnes qui n’obtiennent pas de crédit bancaire classique. Il existe en deux versions. Le microcrédit personnel est plafonné à 8 000 euros, remboursables en sept ans au plus, et finance par exemple un véhicule ou un permis de conduire. Le microcrédit professionnel est plafonné à 17 000 euros depuis le 1er janvier 2025, remboursables en cinq ans au plus, pour créer ou reprendre une entreprise de moins de trois salariés. Dans les deux cas, un accompagnement est prévu. Voici qui peut en bénéficier, comment se déroule la demande et ce qu’il faut vérifier avant de s’engager.
L’essentiel en cinq points
- Public : les personnes qui ne peuvent obtenir un crédit classique en raison de faibles revenus ou d’une situation de précarité, selon la Banque de France.
- Montants : 8 000 euros maximum sur sept ans pour le microcrédit personnel, 17 000 euros maximum sur cinq ans pour le microcrédit professionnel.
- Garantie : pour un projet professionnel, une garantie de 50 % à 80 % du montant emprunté est exigée, avec la possibilité de recourir au Fonds de cohésion sociale.
- Accompagnement : un suivi social est mis en place de la demande jusqu’à la fin du remboursement.
- Guichets : la Banque de France ne prête pas elle-même, les demandes passent par des associations et réseaux habilités.
Microcrédit : à quoi sert-il et qui peut y prétendre ?
Selon la Banque de France, le microcrédit s’adresse aux personnes exclues du crédit bancaire classique à cause de faibles revenus ou de difficultés sociales. Son but est de financer des projets qui facilitent le retour vers l’emploi, et d’encourager la création d’entreprise dans ce cadre. Le prêt n’est jamais automatique : il est accordé après étude du dossier, à condition que la capacité de remboursement soit suffisante, et un taux d’intérêt s’applique.
La Banque de France précise qu’elle ne distribue pas de microcrédit, mais qu’elle participe à des actions pour le promouvoir. Les demandes sont étudiées par des structures locales d’accompagnement pour le microcrédit personnel, et par des réseaux de financement de la création d’entreprise pour le microcrédit professionnel. La différence entre les deux tient donc au projet financé, au plafond et au type d’organisme à contacter.

Le microcrédit personnel : véhicule, permis, formation
Le microcrédit personnel vise l’insertion sociale et professionnelle. La Banque de France indique qu’il finance le plus souvent un projet de mobilité, comme l’achat ou la réparation d’un véhicule permettant d’aller travailler ou de suivre une formation. Il peut aussi couvrir le passage du permis de conduire, une formation, une stabilisation budgétaire ou la rénovation énergétique d’un logement. Le plafond est de 8 000 euros, avec un remboursement sur sept ans maximum.
Un exemple cité par la Banque de France dans son prix du microcrédit 2023 donne l’échelle : un prêt de 2 000 euros, accordé par une banque régionale avec l’appui d’une structure d’accompagnement, a permis à une mère célibataire qui enchaînait des postes précaires d’acheter un véhicule et d’élargir sa recherche d’emploi. Notre guide du permis de conduire présente les autres moyens de financer cette dépense.
Dans tous les cas, un accompagnement s’ajoute au prêt. Le projet est évalué, la capacité de remboursement est vérifiée, des droits sociaux sont souvent ouverts et un suivi budgétaire est mis en place. Parmi les associations que la Banque de France cite comme structures d’accompagnement figurent Crésus, la Croix-Rouge, Emmaüs, Familles rurales, les Restos du Cœur, le Secours catholique et les UDAF.
Le microcrédit professionnel : jusqu’à 17 000 euros depuis 2025
Le microcrédit professionnel encourage la création ou la reprise d’entreprises de moins de trois salariés dont l’activité s’exerce en France. Il peut venir à la place d’un prêt bancaire classique ou le compléter. Dans certains cas, il a un caractère de fonds propres et compte alors comme apport personnel. Le plafond est de 17 000 euros pour cinq ans maximum. Depuis le 1er janvier 2025, il est passé de 12 000 à 17 000 euros, en application d’un décret du 4 décembre 2024, après une expérimentation à 15 000 euros dans plusieurs territoires d’outre-mer entre 2020 et 2024.
Le ministère du Travail indique qu’une garantie des prêts, de 50 % à 80 % du montant emprunté, est exigée. Le Fonds de cohésion sociale, créé à l’initiative de l’État, peut la fournir aux créateurs et repreneurs d’entreprise en difficulté. Le prêt est distribué par des organismes agréés, comme l’Adie ou Créa-sol, et par un réseau bancaire spécialisé. France Active, Initiative France, Réseau Entreprendre et BGE font partie des réseaux cités par la Banque de France.
L’Adie fixe son propre plafond à 15 000 euros. Sur sa fiche pratique du 1er juin 2026, elle indique que le projet doit être peu susceptible d’être financé par une banque et qu’une personne de l’entourage doit accepter de se porter garante à hauteur de 50 % du montant. L’association s’adresse aux travailleurs indépendants, micro-entrepreneurs, salariés, demandeurs d’emploi, étudiants, allocataires des minima sociaux et retraités. Elle propose en complément une avance jusqu’à 3 000 euros à taux zéro, dont le remboursement peut être différé de deux ans.
Les sommes accordées sont souvent inférieures aux plafonds. La Banque de France cite un entrepreneur de restauration ambulante qui a obtenu 3 800 euros de l’Adie pour aménager une cuisine sur un vélo cargo, et le ministère du Travail un prêt de 4 750 euros pour l’achat d’un véhicule par une structure spécialisée dans le compost.
Comment se déroule la demande
1. Identifier le projet. Un besoin lié à l’emploi ou à la vie quotidienne relève du microcrédit personnel, la création ou le développement d’une activité du microcrédit professionnel. 2. Contacter une structure habilitée. La Banque de France propose un annuaire des acteurs du microcrédit sur son site. Pour un projet d’entreprise, l’Adie permet de prendre rendez-vous directement en ligne ou par téléphone. 3. Faire étudier le dossier. La structure examine le projet et la capacité de remboursement, puis cherche la garantie et, si besoin, le complément bancaire. 4. Suivre l’accompagnement. Un référent suit le projet et le budget jusqu’au dernier remboursement.
Le Fonds de cohésion sociale occupe une place centrale dans ce parcours. Créé à l’initiative de l’État, il garantit des microcrédits accordés par des établissements de crédit ou par des associations habilitées, ce qui sécurise le prêt pour l’organisme qui l’accorde. D’après la Banque de France, les quotités de garantie s’échelonnent de 50 % à un maximum de 80 % pour certains publics. Le modèle français repose sur l’action coordonnée d’acteurs publics, associatifs et bancaires, qui sélectionnent les dossiers, financent les prêts et accompagnent les bénéficiaires.
Ce qu’il faut vérifier avant d’emprunter
Le microcrédit reste un prêt : il faut le rembourser avec des intérêts. La fiche de l’Adie cite elle-même, parmi les critiques adressées au microcrédit, des taux qui, bien que qualifiés de raisonnables, peuvent dépasser ceux des prêts classiques, notamment à cause du coût de l’accompagnement, ainsi qu’un risque d’endettement excessif. Quelques points méritent une vérification écrite avant de signer :
- Le taux et la durée : demandez la mensualité et le coût total, et utilisez le simulateur quand la structure en propose un.
- La garantie : repérez qui se porte garant, pour quel pourcentage et pour quelle durée.
- La capacité de remboursement : comparez la mensualité à vos revenus réguliers, sans compter sur des rentrées incertaines.
- L’interlocuteur : vérifiez que l’organisme figure parmi les structures citées par la Banque de France, car une offre de prêt reçue par message d’un expéditeur inconnu n’en fait pas partie.
Notre guide des arnaques en ligne et par téléphone détaille les faux prêts et les frais réclamés d’avance. Le microcrédit peut aussi s’ajouter à des droits déjà ouverts : le guide des aides sociales présente les prestations auxquelles vous avez peut-être droit. Pour d’autres repères sur le budget, consultez la rubrique argent et aides.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un microcrédit ?
C’est un prêt de faible montant, avec accompagnement, pour les personnes qui n’accèdent pas au crédit bancaire classique. Il finance un projet personnel lié à l’emploi ou à l’insertion, ou un projet professionnel de création ou de reprise d’entreprise.
Quel est le montant maximum d’un microcrédit ?
La Banque de France indique 8 000 euros sur sept ans pour le microcrédit personnel et 17 000 euros sur cinq ans pour le microcrédit professionnel. L’Adie fixe son propre plafond à 15 000 euros.
Faut-il un garant pour obtenir un microcrédit professionnel ?
Une garantie de 50 % à 80 % du montant emprunté est exigée, avec la possibilité de faire appel au Fonds de cohésion sociale. L’Adie demande une personne de l’entourage prête à se porter garante à hauteur de 50 %.
Peut-on obtenir un microcrédit sans emploi ?
L’Adie indique que ses prêts sont ouverts, entre autres, aux demandeurs d’emploi et aux allocataires des minima sociaux. Le microcrédit personnel vise justement à faciliter le retour vers l’emploi.
La Banque de France accorde-t-elle des microcrédits ?
Non. Elle pilote le dispositif et le promeut, mais les prêts sont distribués par des associations, des réseaux de financement et des établissements habilités.