Quand un enfant ne veut plus aller à l’école, la cause est rarement un simple caprice. L’Assurance Maladie cite l’anxiété de séparation, la crainte de ne pas réussir et, dans certains cas, le harcèlement. La première étape consiste à parler avec lui, puis à rencontrer l’équipe de l’établissement et, si les signes durent, à consulter un médecin ou un psychologue. Voici comment distinguer les situations, quelles aides existent, dont le dispositif Mon soutien psy dès l’âge de 3 ans, et ce que la loi demande aux parents en matière d’absences.
L’essentiel en six points
- Anxiété de séparation : c’est un trouble fréquent chez les enfants qui refusent d’aller à l’école, surtout en primaire, avec une accélération au collège.
- Signes physiques : maux de tête ou de ventre, nausées, troubles du sommeil et irritabilité accompagnent souvent l’anxiété.
- Harcèlement : le 3018 est un numéro gratuit, anonyme et confidentiel, joignable tous les jours de 9 h à 23 h.
- Soutien psychologique : Mon soutien psy propose jusqu’à 12 séances dès 3 ans, à 50 euros la séance remboursée à 60 % par l’Assurance Maladie.
- Loi : toute absence doit être justifiée, et une procédure démarre à partir de 4 demi-journées non justifiées dans le mois.
- École : l’enseignant, le conseiller principal d’éducation, l’infirmier et le médecin scolaire sont les premiers relais.
Mon enfant ne veut plus aller à l’école : d’abord chercher la cause
L’Assurance Maladie rappelle que les enfants sont fréquemment anxieux, et que cette anxiété peut être passagère, liée par exemple aux apprentissages. Ce sont l’importance des signes et leur durée qui indiquent s’il faut apporter une aide. Quand les manifestations sont intenses, on parle de troubles anxieux, qui prennent des formes physiques ou comportementales : maux de tête, nausées, douleurs abdominales, troubles du sommeil, sueurs, irritabilité, difficultés de concentration, sentiment d’insécurité.
Chez l’enfant, l’anxiété tourne souvent autour de la séparation avec les parents, de peurs précises ou des performances scolaires et sportives. Dans l’anxiété de séparation, l’enfant s’inquiète de façon persistante et excessive qu’il arrive quelque chose de grave à ses parents ou à lui-même. Il peut refuser de quitter la maison, faire des cauchemars sur ce thème et se plaindre de maux physiques au moment des séparations. L’Assurance Maladie souligne que ce trouble est fréquent chez les enfants qui refusent d’aller à l’école, en particulier en primaire, avec une accélération au collège.
L’anxiété sociale et l’anxiété de performance existent aussi. Les phobies sociales sont peu diagnostiquées avant 15 ans, souvent banalisées, alors qu’elles peuvent freiner l’engagement de l’enfant dans sa scolarité. Un trouble anxieux généralisé se caractérise par des inquiétudes difficiles à contrôler qui durent en général plus de six mois. Seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic : cette liste sert à mettre des mots sur ce que l’on observe, pas à conclure seul.

Quand le refus cache du harcèlement
Le ministère de l’Éducation nationale décrit des signes qui doivent alerter. À l’école, ce sont des retards systématiques, du matériel abîmé, perdu ou volé, des absences, une baisse des résultats, un repli sur soi ou un isolement du groupe. Dans le comportement, ce sont des troubles du sommeil, de l’agitation, des colères, de l’anxiété, des maux de ventre, des pleurs. Plusieurs de ces signes ressemblent à ceux de l’anxiété : il faut donc poser la question au calme, sans présumer de la réponse.
Si votre enfant est harcelé, le ministère conseille de prendre rendez-vous avec la direction de l’école, du collège ou du lycée et d’exposer en détail ce qu’il subit. Il propose une grille d’observation pour noter les faits. Demandez quelles mesures sont prises pour protéger l’enfant. Le ministère déconseille de contacter vous-même l’auteur des faits, car cela pourrait aggraver la situation. Un enfant peut craindre de parler : rassurez-le, demandez-lui ce qu’il souhaite et expliquez-lui que les adultes sont là pour faire cesser la violence.
Si la résolution vous paraît lente, vous pouvez appeler le 3018, opéré par l’association e-Enfance. Ce numéro national est gratuit, anonyme et confidentiel, ouvert 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h. Des psychologues, des juristes et des travailleurs sociaux y répondent. Le service permet aussi de signaler des contenus ou des comptes préjudiciables en ligne et d’en demander la suppression. Chaque académie dispose également d’une ligne de signalement.
En parler à la maison et à l’école
L’Assurance Maladie indique que les parents sont souvent les mieux placés pour distinguer le fonctionnement normal de la souffrance. Elle les invite à en parler autour d’eux : à l’école ou au collège, aux autres parents, au médecin traitant. Dans l’établissement, l’équipe éducative et l’équipe de santé, c’est-à-dire l’infirmier ou le médecin scolaire, apportent écoute, aide et soutien. Demander un rendez-vous à l’enseignant ou au conseiller principal d’éducation permet de savoir si l’enfant a changé de comportement en classe ou en récréation.
À la maison, l’Assurance Maladie recommande de préserver un mode de vie propice aux soins : un bon sommeil, une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, une utilisation modérée des écrans et le maintien des activités que l’enfant apprécie. Notre guide pour bien dormir détaille les routines du soir et l’effet des écrans, et notre guide sur la sécurité des enfants revient sur les écrans à la maison.
Les aides médicales et psychologiques
Le médecin traitant est un bon point de départ. Selon l’Assurance Maladie, la prise en charge d’une difficulté psychique de l’enfant est d’abord non médicamenteuse et combine, selon les besoins, une psychothérapie, des rééducations, des mesures éducatives en lien avec le service de santé scolaire et des interventions sociales. Les médicaments ne viennent que dans un second temps, si cette prise en charge ne suffit pas.
Le dispositif Mon soutien psy s’adresse aux personnes dès 3 ans en souffrance psychique d’intensité légère à modérée. Il donne accès à un psychologue partenaire, avec jusqu’à 12 séances. Chaque séance coûte 50 euros et l’Assurance Maladie en rembourse 60 %. Depuis le 15 juin 2024, on peut prendre rendez-vous directement avec un psychologue de l’annuaire du dispositif, sans passer d’abord par un médecin, en cochant « Pour les enfants » dans la recherche. Pour un mineur, les titulaires de l’autorité parentale doivent donner leur accord au psychologue ou au médecin référent.
Pour un adolescent, les Maisons des adolescents et les points d’accueil écoute jeunes accueillent gratuitement, sans rendez-vous et de façon anonyme. Le service Fil santé jeunes répond au 0 800 235 236. En cas de détresse psychique ou de crainte pour la vie de votre enfant, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Ce que la loi demande en cas d’absences
Les parents doivent justifier toute absence de leur enfant, quels que soient la date et le motif. Ils informent au plus vite le directeur d’école ou le chef d’établissement en indiquant la raison. Sont autorisées les absences pour maladie de l’enfant ou d’un proche contagieux, réunion solennelle de famille, problème accidentel de transport ou déplacement avec les représentants légaux hors vacances scolaires. Tout autre motif peut être examiné par les services de l’Éducation nationale. Un certificat médical n’est exigé que pour une maladie contagieuse.
La procédure s’enclenche dès la première absence non justifiée, avec un contact de l’école ou du conseiller principal d’éducation. À partir de 4 demi-journées non justifiées dans le mois, l’équipe éducative recherche les causes de l’absentéisme et propose des mesures d’accompagnement, consignées dans un document signé par la famille. Au-delà de 10 demi-journées dans le mois, une réunion est organisée pour mettre en place un dispositif d’aide contractualisé, et le directeur académique des services de l’Éducation nationale est informé. Si l’absentéisme continue, ce dernier saisit le procureur de la République.
Les sanctions visent les parents qui ne justifient pas les absences ou donnent des motifs inexacts après un avertissement du directeur académique : une amende de 750 euros, et jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende si ces absences compromettent l’éducation de l’enfant. L’absentéisme n’est pas un motif de suspension des allocations familiales. Prévenir l’établissement dès les premiers jours, en expliquant la situation, évite qu’un refus d’école se transforme en série d’absences sans explication. Retrouvez d’autres repères de la vie familiale dans la rubrique vie pratique.
Questions fréquentes
Mon enfant refuse d’aller à l’école : est-ce de l’anxiété ?
Ce peut être le cas, mais d’autres causes existent, dont le harcèlement. L’Assurance Maladie cite l’anxiété de séparation, les peurs précises et l’anxiété de performance. Seul un professionnel de santé peut établir le diagnostic.
À partir de quand faut-il consulter ?
L’Assurance Maladie invite à évaluer l’importance des signes et leur durée. Si l’enfant va mal de façon marquée ou prolongée, parlez-en à son médecin traitant ou à un psychologue partenaire de Mon soutien psy.
Combien de séances Mon soutien psy permet-il ?
Jusqu’à 12 séances par an chez un psychologue partenaire. Une séance coûte 50 euros et l’Assurance Maladie la rembourse à 60 %. Le dispositif s’adresse aux personnes dès 3 ans, avec l’accord des parents pour un mineur.
Que risque-t-on si son enfant manque souvent l’école ?
La procédure commence dès la première absence non justifiée. Après un avertissement du directeur académique, l’amende peut atteindre 750 euros, et les peines montent à 2 ans de prison et 30 000 euros si l’éducation de l’enfant est compromise. Les allocations familiales ne sont pas suspendues.
Qui appeler en cas de harcèlement à l’école ?
La direction de l’établissement en premier lieu, puis la ligne de signalement de l’académie ou le 3018, gratuit, anonyme et joignable tous les jours de 9 h à 23 h.