Un salarié en télétravail ne doit pas en supporter le coût. L’employeur rembourse les frais réels ou verse une indemnité forfaitaire. L’indemnité télétravail 2026 prend la forme d’une allocation forfaitaire, exonérée de cotisations jusqu’à 2,70 euros par jour télétravaillé, soit 59,40 euros par mois. Un accident survenu sur le lieu de télétravail pendant les heures de travail est présumé être un accident du travail.
Ce guide s’appuie sur Service-Public, sur la page de Service-Public Entreprendre consacrée au barème 2026, sur impots.gouv.fr et sur l’INRS. Il couvre l’indemnité de télétravail, la fiscalité, l’aménagement du poste et les questions à poser à son employeur.
L’essentiel en sept points
- Mise en place : par accord collectif, par charte de l’employeur, ou, à défaut, par accord entre l’employeur et le salarié. Mieux vaut un écrit.
- Refus : l’employeur qui refuse le télétravail à un salarié dont le poste s’y prête doit en donner les motifs. Le salarié qui refuse d’y passer ne peut pas voir son contrat rompu pour ce seul motif.
- Frais : l’employeur supporte les charges liées au télétravail, en remboursant les dépenses justifiées ou en versant une indemnité forfaitaire.
- Barème 2026 : 2,70 euros par jour (59,40 euros par mois au plus), soit 11 euros par mois pour un jour de télétravail par semaine. Avec un accord collectif : 3,30 euros par jour, 13,20 euros par jour hebdomadaire.
- Impôt : l’allocation est exonérée dans ces limites. Au-delà, il faut pouvoir justifier que l’argent a couvert des frais de télétravail.
- Accident : un accident survenu sur le lieu de télétravail pendant l’activité professionnelle est présumé accident du travail.
- Poste de travail : l’INRS conseille un espace dédié, un écran surélevé, un clavier et une souris séparés, de la lumière naturelle et des pauses régulières.

Qui décide de passer en télétravail
Le télétravail peut être fixé par un accord collectif ou par une charte rédigée par l’employeur. Sans l’un ni l’autre, l’employeur et le salarié peuvent s’entendre entre eux. Service-Public recommande de le faire par écrit pour éviter les litiges.
Le salarié garde des protections. Refuser de passer en télétravail n’est pas un motif de rupture du contrat. À l’inverse, l’employeur qui écarte la demande d’un salarié dont le poste est compatible doit expliquer sa réponse. La règle vaut aussi, avec la même obligation de motiver, pour un travailleur handicapé ou un salarié aidant d’un enfant, d’un parent ou d’un proche.
Le télétravail est réversible. L’employeur et le salarié peuvent y mettre fin d’un commun accord, et le télétravailleur est prioritaire pour reprendre un poste sans télétravail correspondant à ses qualifications. Dans des circonstances exceptionnelles, comme une menace d’épidémie, le télétravail peut être imposé. Pour les autres droits liés au contrat, notre guide des droits du salarié reprend les règles sur les congés, la rupture et l’arrêt maladie.
Indemnité télétravail : qui paie les frais
Service-Public est net : l’employeur doit supporter les charges liées au télétravail. Il a deux moyens de le faire. Il peut rembourser les dépenses réelles sur justificatifs, ou verser une indemnité forfaitaire.
L’indemnité forfaitaire est la solution la plus courante, et celle que la plupart des salariés rencontrent. Ce que l’Urssaf fixe, ce sont des plafonds d’exonération, pas des montants dus. Un employeur peut verser moins, ou plus. Pour 2026, les plafonds publiés par Service-Public Entreprendre le 7 janvier 2026 sont les suivants.
- Sans accord collectif : 2,70 euros par jour de télétravail, dans la limite de 59,40 euros par mois. En formule mensuelle : 11 euros par jour de télétravail hebdomadaire. Deux jours par semaine donnent 22 euros par mois.
- Avec un accord collectif : 3,30 euros par jour, dans la limite de 72,60 euros par mois. En formule mensuelle : 13,20 euros par jour hebdomadaire.
Au-delà de ces plafonds, l’exonération de cotisations n’est pas perdue. Elle se maintient si des justificatifs sont produits en cas de contrôle de l’Urssaf. C’est la piste à connaître si vos frais dépassent le forfait : demandez à votre employeur un remboursement sur factures plutôt qu’un forfait fixe.
Lisez votre charte ou votre accord avant de négocier : le plafond d’exonération n’est pas le montant que verse votre employeur. Pour trois jours de télétravail par semaine, la formule mensuelle plafonne à 33 euros sans accord collectif, et à 39,60 euros avec un accord collectif. Ces sommes sont modestes. Elles pèsent moins que l’électricité, l’abonnement internet et le mobilier réellement utilisés.
Ce que dit le fisc côté salarié
L’allocation versée par l’employeur pour couvrir les frais de télétravail à domicile est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite de 2,70 euros par jour, soit 59,40 euros par mois et 626,40 euros par an. Au-delà, il faut pouvoir justifier qu’elle a servi uniquement à ces frais.
Si votre employeur ne rembourse rien, ou trop peu, une autre option existe : les frais réels. Pour les revenus de 2025, l’administration fiscale permet de déduire 2,70 euros par jour de télétravail, ou de déduire les frais engagés pour leur montant exact si c’est plus favorable. Elle cite parmi les frais admis les frais de communication, dont l’abonnement internet, et l’achat de mobilier et de matériel informatique. Tous doivent pouvoir être justifiés.
Cette option a un prix. Choisir les frais réels vous fait renoncer à l’abattement forfaitaire de 10 %, calculé automatiquement sur vos salaires. Elle n’est donc utile que si l’ensemble de vos frais professionnels dépasse cet abattement.
Un exemple, avec des hypothèses à adapter. Deux jours de télétravail par semaine pendant 45 semaines font 90 jours. À 2,70 euros, le forfait atteint 243 euros. Pour un contribuable imposé à 30 %, cela représente environ 73 euros d’impôt en moins, à condition que le total de ses frais réels dépasse l’abattement de 10 %. Comparez les deux montants avant d’opter. Notre guide de la déclaration d’impôts détaille la comparaison.

Aménager son poste de travail
L’INRS part d’un constat simple : un ordinateur portable n’est pas conçu pour un travail prolongé. Ses conseils tiennent en quelques gestes.
- Un espace dédié : autant que possible une pièce isolée, pour limiter les distractions et séparer le travail du reste de la vie du foyer.
- Un écran surélevé : poser le portable sur un support incliné ou sur des livres, ou le relier à un moniteur externe.
- Un clavier et une souris sans fil : ils réduisent les contraintes sur les épaules, les coudes et les poignets.
- Une posture stable : pieds à plat sur le sol, coude à angle droit ou légèrement ouvert, avant-bras près du corps, dos droit et soutenu par le dossier.
- De la lumière naturelle : le poste près d’une fenêtre, l’écran perpendiculaire à celle-ci pour éviter les reflets.
- Des postures alternées : un plan de travail à hauteur variable, ou un passage régulier du bureau à un meuble haut, permet de travailler debout par moments.
Le matériel nécessaire coûte peu. À titre d’exemple, un support d’ordinateur portable en aluminium UGREEN était affiché à 19,19 euros sur Amazon le 19 septembre 2026, et le combo clavier et souris sans fil Logitech MK235 à 23,99 euros. Ces prix bougent. Ils illustrent l’ordre de grandeur, environ 43 euros pour respecter les deux premiers conseils de l’INRS, pas une recommandation d’achat exclusive.
Si vous passez vos journées en visioconférence, un bon casque compte aussi. Notre comparatif des casques audio sans fil les classe par usage et par budget. Et pour renouveler l’ordinateur lui-même, le guide pour choisir un ordinateur portable détaille les critères.
Santé, sécurité et accident du travail
L’INRS distingue notamment cinq risques propres au télétravail. Les troubles musculosquelettiques viennent d’un poste mal adapté. La sédentarité, avec de longues périodes assis, augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et d’obésité. La fatigue visuelle se traduit par des picotements, des rougeurs, une sensation de lourdeur des yeux. Les risques psychosociaux regroupent l’isolement, la charge de travail, la porosité entre vie privée et vie professionnelle et un contrôle excessif à distance. Enfin, les écrans tardifs et le manque de lumière naturelle dégradent le sommeil. Notre guide pour bien dormir donne les repères de l’Assurance maladie.
Côté droit, l’article L1222-9 du Code du travail pose une présomption : un accident survenu sur le lieu de télétravail pendant l’activité professionnelle est un accident du travail. Il est couvert comme s’il était arrivé dans les locaux de l’employeur. Celui-ci peut contester la présomption, à condition de prouver une cause étrangère au travail.
L’employeur a d’autres obligations. Il doit protéger la santé physique et mentale du salarié, ce qui suppose d’évaluer les risques du télétravail et de compléter le document unique d’évaluation. Il organise chaque année un entretien sur les conditions d’activité et la charge de travail. Fixer des horaires de début et de fin de journée, et respecter le droit à la déconnexion, aide à préserver l’équilibre.
Protéger ses données depuis chez soi
Travailler depuis chez soi expose des fichiers professionnels au réseau du domicile. Les bonnes pratiques de Cybermalveillance.gouv.fr pour les objets connectés commencent par deux gestes : changer le mot de passe par défaut et faire les mises à jour. Le guide de la maison connectée détaille ces réglages, et le guide de protection des données personnelles les droits qui les accompagnent.
Une arnaque reste possible côté professionnel : un faux appel du « support informatique » qui demande de prendre la main sur l’ordinateur. Le guide contre les arnaques, le phishing et le démarchage explique comment la reconnaître.
Les questions à poser à son employeur
Avant de signer un avenant ou d’accepter une charte, vérifiez quelques points par écrit.
- Quels jours de télétravail sont autorisés, et peut-on les modifier en cas de besoin ?
- L’entreprise verse-t-elle une allocation forfaitaire, et pour quel montant par jour ou par mois ?
- Rembourse-t-elle les frais sur justificatifs si l’on dépasse le forfait ?
- Quels équipements sont fournis, et qui les remplace en cas de panne ?
- Quelles plages horaires permettent de joindre le salarié ?
- Comment revenir à un poste sans télétravail, et sous quel délai ?
Questions fréquentes
L’employeur est-il obligé de payer une indemnité de télétravail ?
Il doit supporter les charges liées au télétravail, soit en remboursant les dépenses réelles sur justificatifs, soit en versant une indemnité forfaitaire. Les 2,70 euros par jour de l’Urssaf sont un plafond d’exonération, pas un montant dû.
Combien peut-on percevoir en 2026 sans cotisations ?
Jusqu’à 2,70 euros par jour télétravaillé, dans la limite de 59,40 euros par mois, sans accord collectif. Avec un accord collectif, 3,30 euros par jour, dans la limite de 72,60 euros par mois.
L’allocation de télétravail est-elle imposable ?
Non, dans la limite de 2,70 euros par jour, 59,40 euros par mois et 626,40 euros par an. Au-delà, elle reste exonérée seulement si le salarié peut justifier qu’elle a couvert des frais de télétravail à domicile.
Peut-on déduire ses frais de télétravail de ses impôts ?
Oui, en optant pour les frais réels, à raison de 2,70 euros par jour ou du montant exact des frais engagés, avec justificatifs. Le choix fait perdre l’abattement de 10 %. Il n’est donc pas toujours avantageux.
Un accident à domicile est-il un accident du travail ?
Il est présumé l’être s’il survient sur le lieu de télétravail pendant l’activité professionnelle. L’employeur peut contester la présomption en prouvant une cause étrangère au travail.
Peut-on refuser le télétravail ?
Oui. Le refus de passer en télétravail n’est pas un motif de rupture du contrat. Dans des circonstances exceptionnelles, comme une menace d’épidémie, l’employeur peut toutefois l’imposer.
Sources : Service-Public, télétravail dans le secteur privé ; Service-Public Entreprendre, remboursement des frais de télétravail : quel barème en 2026 ; impots.gouv.fr, déclarer les frais de télétravail ; INRS, télétravail : prévenir les risques ; INRS, risques et effets sur la santé ; INRS, cadre réglementaire