Ce dossier fait partie du comparateur Présidentielle 2027. C’est un état des lieux : pour chaque règle, ce qui s’applique aujourd’hui et son évolution depuis 2007, avec les sources officielles. Les propositions des candidats seront comparées dans un article séparé, publié dès que les programmes seront connus.
Sous-thèmes : Objectifs climatiques, Nucléaire et renouvelables, Transports et voiture, Agriculture.
Autres états des lieux du comparateur : retraites, travail et emploi, impôts et finances publiques, immigration et nationalité.
Présidentielle 2027 : pourquoi l’énergie et le climat seront au cœur du débat
Le prix de l’électricité et des carburants, l’avenir du nucléaire, la place de l’éolien et du solaire, la fin des voitures thermiques neuves ou les zones à faibles émissions touchent directement le budget et le quotidien des ménages. Plusieurs décisions majeures sont en cours ou attendues : la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, adoptée en février 2026, prévoit des clauses de rendez-vous ; l’Union européenne discute d’un assouplissement de la fin du thermique en 2035 ; le Parlement débat de nouveau de la suppression des ZFE.
Ce dossier présente quatre règles : les objectifs climatiques de la France, la production d’électricité entre nucléaire et renouvelables, la voiture et les transports, et l’agriculture. Pour chacune, vous trouverez la règle actuelle, son évolution depuis 2007 et les textes qui la fixent.
Qui décide de la politique énergétique et climatique ?
- L’Union européenne fixe des objectifs communs de réduction des émissions, des normes pour les véhicules neufs, les règles du marché de l’électricité et la politique agricole commune.
- La loi française fixe les grands objectifs, comme la neutralité carbone en 2050, et le cadre des dispositifs comme les zones à faibles émissions.
- Le gouvernement adopte par décret la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui détaille la trajectoire de production d’électricité. C’est ainsi que la PPE3 a été adoptée en 2026, sans vote du Parlement.
- Les collectivités locales mettent en œuvre une partie des politiques : transports en commun, zones à faibles émissions, urbanisme.
- Le Conseil constitutionnel contrôle les lois au regard de la Charte de l’environnement, intégrée à la Constitution en 2005 : il s’est appuyé sur le principe de précaution pour censurer la réintroduction d’un pesticide en 2025.
L’énergie et le climat en quelques repères
- La France vise la neutralité carbone en 2050 et l’Union européenne une baisse de 55 % de ses émissions nettes en 2030 par rapport à 1990.
- La PPE3 prévoit six nouveaux réacteurs EPR2 et une production nucléaire de 380 à 420 TWh par an.
- La vente de voitures neuves émettant du CO2 est interdite dans l’Union à partir de 2035, une règle que la Commission propose d’assouplir.
- Les zones à faibles émissions restent en vigueur après la censure de leur suppression en mai 2026.

Les principales réformes depuis 2007 (sources officielles citées dans le dossier).
Agriculture et environnement

Les chiffres clés en vigueur (sources citées en fin de section).
Ce que dit la règle aujourd’hui
La politique agricole est largement décidée au niveau européen, avec la politique agricole commune (PAC), qui fixe les aides aux agriculteurs et une partie des exigences environnementales. En France, la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025, dont près d’un tiers des articles ont été censurés par le Conseil constitutionnel, vise à faciliter l’installation de nouveaux agriculteurs. La loi dite Duplomb d’août 2025 a assoupli certaines contraintes pesant sur les exploitations, mais le Conseil constitutionnel a censuré la réintroduction dérogatoire d’un pesticide néonicotinoïde. L’usage des pesticides reste encadré par une autorisation européenne des substances et une autorisation française des produits.
| Repère | Valeur actuelle |
|---|---|
| Politique agricole commune | Cadre européen des aides et règles agricoles |
| Loi d’orientation agricole | 24 mars 2025 |
| Néonicotinoïdes | Interdits, réintroduction censurée en 2025 |
Ce qui a changé depuis 20 ans
| Année | Quinquennat | Texte | Changement |
|---|---|---|---|
| 2014 | Hollande | Loi d’avenir pour l’agriculture | Promotion de l’agroécologie |
| 2016 | Hollande | Loi biodiversité | Interdiction des néonicotinoïdes à partir de 2018 |
| 2018 | Macron I | Loi Egalim | Prix agricoles mieux pris en compte dans les contrats et objectifs pour la restauration collective |
| 2025 | Macron II | Loi d’orientation agricole et loi Duplomb | Installation des agriculteurs et assouplissement de contraintes, deux lois en partie censurées |
Textes et sources
- Loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation agricole
- Loi n° 2025-794 du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur
- Conseil constitutionnel, décision du 7 août 2025
Les objectifs climatiques de la France

Les chiffres clés en vigueur (sources citées en fin de section).
Ce que dit la règle aujourd’hui
La loi énergie-climat de 2019 fixe à la France l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050, c’est-à-dire de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que ce que les forêts, les sols et les technologies peuvent absorber. Au niveau européen, la France est engagée par l’objectif de l’Union de réduire ses émissions nettes d’au moins 55 % en 2030 par rapport à 1990. La loi Climat et résilience de 2021 a traduit une partie de ces objectifs dans la vie quotidienne : interdiction progressive de louer les logements les plus énergivores, zones à faibles émissions, objectif de zéro artificialisation nette des sols en 2050.
| Repère | Valeur actuelle |
|---|---|
| Neutralité carbone | 2050 |
| Objectif européen pour 2030 | -55 % d’émissions nettes par rapport à 1990 |
| Zéro artificialisation nette des sols | 2050 |
Ce qui a changé depuis 20 ans
| Année | Quinquennat | Texte | Changement |
|---|---|---|---|
| 2009 | Sarkozy | Loi Grenelle I | Premiers objectifs nationaux de réduction des émissions issus du Grenelle de l’environnement |
| 2015 | Hollande | Loi de transition énergétique et accord de Paris | Objectifs de réduction des émissions et de la part du nucléaire ; accord mondial sur le climat |
| 2019 | Macron I | Loi énergie-climat | Objectif de neutralité carbone en 2050 |
| 2021 | Macron I | Loi Climat et résilience | Mesures issues de la Convention citoyenne pour le climat |
Textes et sources
- Loi n° 2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat
- Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (Climat et résilience)
- Règlement (UE) 2021/1119 (loi européenne sur le climat)
La production d’électricité : nucléaire et renouvelables
Ce que dit la règle aujourd’hui
La stratégie énergétique de la France est fixée par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La troisième PPE, adoptée par le décret du 12 février 2026, couvre la période 2026 à 2035. Elle prévoit la construction de six réacteurs nucléaires EPR2, avec une option sur huit réacteurs supplémentaires, la prolongation du parc existant et une production nucléaire de 380 à 420 TWh par an. Elle fixe aussi des objectifs pour l’éolien et le solaire, en privilégiant le renouvellement des parcs éoliens terrestres existants. Elle a été adoptée par décret, sans vote du Parlement.
| Repère | Valeur actuelle |
|---|---|
| Nouveaux réacteurs prévus | 6 EPR2 (option sur 8 de plus) |
| Production nucléaire visée | 380 à 420 TWh par an |
| Période couverte par la PPE3 | 2026 à 2035 |
À retenir pour 2027 : La PPE3 prévoit des clauses de rendez-vous, notamment sur les huit réacteurs supplémentaires : le prochain quinquennat devra les trancher.
Ce qui a changé depuis 20 ans
| Année | Quinquennat | Texte | Changement |
|---|---|---|---|
| 2015 | Hollande | Loi de transition énergétique | Objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % de l’électricité en 2025 |
| 2019 | Macron I | Loi énergie-climat | Objectif des 50 % de nucléaire reporté à 2035 |
| 2020 | Macron I | Fermeture de Fessenheim | Arrêt des deux réacteurs de la centrale |
| 2023 | Macron II | Loi d’accélération du nucléaire | Suppression de l’objectif de réduction du nucléaire et procédures simplifiées pour les nouveaux réacteurs |
| 2026 | Macron II | Décret PPE3 | Six EPR2 et nouvelle trajectoire pour les renouvelables |
Pour aller plus loin
Textes et sources
- Décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie
- Code de l’énergie, art. L141-1 et suivants
Voiture : fin du thermique neuf et zones à faibles émissions
Ce que dit la règle aujourd’hui
Un règlement européen de 2023 interdit, à partir du 1er janvier 2035, la vente de voitures et utilitaires légers neufs émettant du CO2 à l’échappement. Il ne concerne pas les véhicules d’occasion ni ceux déjà en circulation. En décembre 2025, la Commission européenne a proposé de remplacer cette interdiction par une réduction de 90 % des émissions : cette proposition est encore en discussion. En France, les zones à faibles émissions (ZFE) restreignent l’accès de certaines agglomérations aux véhicules les plus polluants selon leur vignette Crit’Air. Leur suppression votée en 2026 a été censurée par le Conseil constitutionnel pour une raison de procédure, et une nouvelle proposition de loi est en discussion au Parlement.
| Repère | Valeur actuelle |
|---|---|
| Fin de la vente de voitures neuves émettant du CO2 | 1er janvier 2035 (règlement en vigueur) |
| Proposition de la Commission (décembre 2025) | -90 % d’émissions, en discussion |
| Zones à faibles émissions | Toujours en vigueur, règles différentes selon les agglomérations |
Ce qui a changé depuis 20 ans
| Année | Quinquennat | Texte | Changement |
|---|---|---|---|
| 2019 | Macron I | Loi d’orientation des mobilités | Création des zones à faibles émissions mobilité |
| 2021 | Macron I | Loi Climat et résilience | ZFE rendues obligatoires dans les grandes agglomérations |
| 2023 | Macron II | Règlement (UE) 2023/851 | Fin de la vente de voitures neuves émettant du CO2 en 2035 |
| 2026 | Macron II | Décision n° 2026-903 DC | Censure de la suppression des ZFE votée dans la loi de simplification |
Pour aller plus loin
Textes et sources
- Règlement (UE) 2023/851
- Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (ZFE)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-903 DC
Et les propositions des candidats ?
Ce dossier ne présente que les règles en vigueur et leur histoire. Les propositions des candidats sur ces règles seront comparées dans un article dédié, publié dès que les programmes seront connus. Pour chaque règle, chaque candidat y sera classé selon cinq positions (maintenir, modifier, supprimer, créer ou non précisé), avec la source et la date de sa déclaration. Ce dossier renverra alors vers ce comparatif.
Questions fréquentes sur l’énergie, le climat et la présidentielle 2027
Pourra-t-on encore acheter une voiture thermique neuve après 2035 ?
Selon le règlement européen en vigueur, non : les voitures neuves vendues à partir de 2035 ne devront plus émettre de CO2 à l’échappement. La Commission européenne a proposé en décembre 2025 de remplacer cette interdiction par une réduction de 90 % des émissions, ce qui laisserait une place limitée aux moteurs thermiques et hybrides. Cette proposition doit encore être adoptée par le Parlement européen et les États. Les voitures d’occasion et celles déjà en circulation ne sont pas concernées.
Les zones à faibles émissions sont-elles supprimées ?
Non. Le Parlement avait voté leur suppression dans la loi de simplification, mais le Conseil constitutionnel l’a censurée en mai 2026 parce que cette mesure n’avait pas de lien suffisant avec le texte. Une nouvelle proposition de loi est en discussion. En attendant, les ZFE restent applicables, avec des règles qui varient selon les agglomérations.
Combien de réacteurs nucléaires la France prévoit-elle de construire ?
La programmation pluriannuelle de l’énergie de février 2026 prévoit six réacteurs EPR2, avec une option sur huit réacteurs supplémentaires qui doit encore être confirmée.
Un président peut-il changer la politique énergétique sans le Parlement ?
En partie. La programmation pluriannuelle de l’énergie est adoptée par décret, donc par le gouvernement. En revanche, les grands objectifs, comme la neutralité carbone, sont fixés par la loi, et de nombreuses règles, comme celles des véhicules neufs, relèvent de l’Union européenne.
Qu’est-ce que la neutralité carbone ?
C’est l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur absorption par les forêts, les sols et certaines technologies. La France s’est fixé cet objectif pour 2050 dans la loi énergie-climat de 2019.