La rentabilité des panneaux photovoltaïques a changé au 5 juin 2026. Pour les demandes de raccordement déposées depuis cette date, la prime à l’investissement n’existe plus, et l’électricité injectée sur le réseau est rachetée 1,1 centime d’euro le kilowattheure. Le calcul repose désormais presque uniquement sur ce que vous consommez vous-même.
Cet article s’appuie sur photovoltaique.info, le centre de ressources national, sur le Bulletin officiel des impôts et sur la Commission de régulation de l’énergie. Il détaille les règles en vigueur, le coût d’une installation et un calcul du délai de retour, avec les hypothèses affichées.
L’essentiel en sept points
- Prime supprimée : l’arrêté du 1er juin 2026 supprime les primes à l’investissement. Il s’applique depuis le 5 juin 2026.
- Tarif du surplus : 1,1 c€/kWh pour les installations de 0 à 100 kWc, indexé de 2 % par an pendant le contrat.
- Vente totale : les installations de 9 kWc ou moins ne sont plus éligibles à la vente de la totalité de la production.
- Prix : de 6 500 à 8 000 euros TTC pour 3 kWc, de 12 000 à 13 500 euros pour 6 kWc, selon les prix constatés en 2024, hors prime.
- TVA : 5,5 % sous conditions, 20 % sinon.
- Rentabilité : elle vient de l’électricité autoconsommée. Notre calcul donne de 12 à 23 ans de retour pour 3 kWc selon la part consommée sur place.
- Avant de signer : comparer plusieurs devis en euros par watt-crête, vérifier la certification de l’installateur.

Ce qui a changé le 5 juin 2026
L’arrêté du 1er juin 2026, publié au Journal officiel, modifie l’arrêté tarifaire dit « S21 ». Photovoltaique.info en détaille les effets pour les installations de 100 kWc ou moins, dont la demande complète de raccordement est déposée à partir du 5 juin 2026.
- Un tarif d’achat unique de 1,1 c€/kWh remplace les grilles trimestrielles. Il ne baisse plus d’un trimestre à l’autre.
- Il est indexé de 2 % par an pendant toute la durée du contrat : 1,12 c€/kWh la deuxième année, 1,31 c€ la dixième, 1,60 c€ la vingtième.
- Les primes à l’investissement, dont la prime à l’autoconsommation, sont supprimées.
- L’électricité injectée au-delà de 1 600 kWh par kWc et par an n’est pas rémunérée.
- Les installations de 9 kWc ou moins ne peuvent pas vendre la totalité de leur production. Seule l’autoconsommation avec vente du surplus est possible.
Les projets déposés avant le 5 juin 2026 restent soumis à l’ancien régime. Pour tous les autres, le calcul se fait sans aide.
Combien coûte une installation
La rentabilité des panneaux photovoltaïques dépend d’abord du prix d’achat. Photovoltaique.info donne des prix moyens constatés en 2024, pour une installation en toiture, pose et démarches comprises, hors prime :
- 3 kWc : de 6 500 à 8 000 euros TTC ;
- 6 kWc : de 12 000 à 13 500 euros TTC ;
- 9 kWc : de 16 000 à 17 500 euros TTC.
Ces chiffres sont des ordres de grandeur, les prix varient selon la toiture, le matériel et la région. Le centre de ressources recommande d’évaluer les devis en euros par watt-crête, un coût d’autant plus faible que la puissance est élevée.
Côté TVA, le Bulletin officiel des impôts rappelle que le taux réduit de 5,5 % s’applique à la livraison et à l’installation d’équipements photovoltaïques, en vertu de la loi de finances pour 2025. La loi de finances pour 2026 ajoute une condition : la pose par un installateur certifié ou qualifié. Le détail des conditions techniques (puissance, empreinte carbone des panneaux, système de gestion de l’énergie) est cité par des sites spécialisés, mais il fera l’objet d’un commentaire ultérieur de l’administration : demandez à l’installateur de justifier le taux sur le devis. La maintenance reste à 20 %.
La rentabilité des panneaux photovoltaïques, hypothèses affichées
Le raisonnement est simple. Chaque kilowattheure produit et consommé chez soi évite d’acheter un kilowattheure au fournisseur. Chaque kilowattheure envoyé sur le réseau rapporte 1,1 centime.
Prenons 3 kWc, un prix de 7 250 euros (le milieu de la fourchette), et deux hypothèses de calcul :
- une production de 1 200 kWh par kWc et par an, soit 3 600 kWh, à vérifier sur votre toit avec l’outil PVGIS de la Commission européenne, gratuit ;
- un prix évité de 0,20 euro par kWh, ordre de grandeur du kWh hors abonnement au tarif réglementé. Pour mémoire, la Commission de régulation de l’énergie indique qu’avec la hausse de 2,5 % du 1er août 2026, la facture moyenne d’un foyer de 4,5 MWh par an passe de 1 046 à 1 072 euros TTC.
Trois profils, selon la part de la production consommée sur place :
- 40 % consommés : 1 440 kWh évités, soit 288 euros, plus 2 160 kWh vendus, soit environ 24 euros. Total : environ 312 euros par an, un retour en 23 ans.
- 60 % consommés : 432 euros plus 16 euros. Total : environ 448 euros par an, un retour en 16 ans.
- 80 % consommés : 576 euros plus 8 euros. Total : environ 584 euros par an, un retour en 12 ans.
Ces retours n’incluent ni le remplacement éventuel du matériel, ni l’évolution du prix de l’électricité, ni les frais d’entretien. Ils montrent surtout que la part d’autoconsommation change tout. Un foyer absent en journée et qui consomme peu en journée sera loin du premier profil.
Consommer plus de sa production
Pour améliorer la rentabilité des panneaux photovoltaïques, il faut consommer sur place. L’autoconsommation dépend des habitudes du foyer. Quelques leviers simples :
- décaler les appareils programmables (lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau) vers les heures de soleil ;
- mesurer la consommation des gros appareils. Notre guide de la maison connectée présente une prise connectée qui suit la consommation ;
- choisir des appareils sobres : notre guide de l’électroménager basse consommation donne les repères de l’étiquette énergie ;
- dimensionner l’installation sur la consommation du foyer plutôt que sur la surface du toit.
Le contexte de prix compte aussi. Le prix repère du gaz a progressé de 5,6 % entre août et septembre 2026, et une pompe à chaleur augmente la consommation d’électricité en journée : notre article sur le nouvel agrément des pompes à chaleur détaille les règles.
Les démarches et les précautions
Une installation raccordée suit plusieurs étapes, que photovoltaique.info détaille : autorisation d’urbanisme en mairie, déclaration au gestionnaire de réseau, contrat d’achat du surplus, assurance. La demande complète de raccordement vaut demande de contrat d’achat si le producteur la demande.
Avant de signer un devis :
- comparez au moins trois devis, en euros par watt-crête ;
- vérifiez la certification de l’installateur, condition du taux réduit de TVA ;
- demandez la marque et les garanties des panneaux et de l’onduleur ;
- vérifiez la production annoncée avec PVGIS, et méfiez-vous des promesses d’économies chiffrées sans hypothèses ;
- lisez le devis avant d’accepter un financement, et gardez votre droit de rétractation : notre guide du droit de rétractation détaille les règles pour les contrats conclus à domicile ou à distance ;
- ne signez pas sous la pression d’un démarcheur : notre guide des arnaques rappelle que le démarchage téléphonique est interdit sans accord préalable depuis le 11 août 2026.
Côté fiscalité, l’article 35 ter du code général des impôts exonère d’impôt sur le revenu la vente d’électricité photovoltaïque par un particulier, pour une installation de 3 kWc au plus, comme le rappellent photovoltaique.info et le Bulletin officiel des impôts. Notre guide de la déclaration d’impôts détaille les régimes.
Questions fréquentes
La prime à l’autoconsommation existe-t-elle encore ?
Non, pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026. L’arrêté du 1er juin 2026 supprime les primes à l’investissement.
À combien le surplus d’électricité est-il racheté ?
1,1 c€/kWh pour les installations jusqu’à 100 kWc, indexé de 2 % par an pendant le contrat. Au-delà de 1 600 kWh par kWc et par an, l’électricité injectée n’est pas rémunérée.
Peut-on vendre toute sa production à EDF ?
Pas avec une installation de 9 kWc ou moins : seule la vente du surplus avec autoconsommation est possible.
Combien coûte une installation de 3 kWc ?
De 6 500 à 8 000 euros TTC en moyenne en 2024, pose et démarches comprises, selon photovoltaique.info, hors prime.
Quel taux de TVA pour des panneaux solaires ?
5,5 % sous conditions, notamment une pose par un installateur certifié ou qualifié. 20 % sinon, et pour la maintenance.
Quelle est la rentabilité des panneaux photovoltaïques en 2026 ?
Cela dépend de la part de production consommée sur place. Dans notre calcul pour 3 kWc, de 12 ans avec 80 % d’autoconsommation à 23 ans avec 40 %, avec les hypothèses indiquées.