Présidentielle 2027, santé : les règles actuelles et 20 ans de réformes

Ce dossier fait partie du comparateur Présidentielle 2027. C’est un état des lieux : pour chaque règle, ce qui s’applique aujourd’hui et son évolution depuis 2007, avec les sources officielles. Les propositions des candidats seront comparées dans un article séparé, publié dès que les programmes seront connus.

Sous-thèmes : Hôpital, Déserts médicaux, Remboursements, Fin de vie.

Autres états des lieux du comparateur : retraites, travail et emploi, impôts et finances publiques, immigration et nationalité, énergie, climat et environnement, sécurité et justice.

Présidentielle 2027 : pourquoi la santé sera au cœur du débat

Trouver un médecin traitant, obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, ce qui reste à payer après une consultation, l’état des hôpitaux : la santé est l’une des premières préoccupations des Français. Le sujet a aussi connu des changements importants en 2026 : création d’un droit à l’aide à mourir en août, hausse des plafonds des franchises médicales en octobre, arrivée des premiers docteurs juniors en médecine générale en novembre, tandis que le Parlement débat encore de la régulation de l’installation des médecins.

Ce dossier présente quatre règles : le financement de l’hôpital et du système de santé, l’accès aux médecins, ce qui reste à la charge des patients, et la fin de vie. Pour chacune, vous trouverez la règle actuelle, son évolution depuis 2007 et les textes qui la fixent.

Qui décide de la politique de santé ?

  • Le Parlement vote chaque année la loi de financement de la Sécurité sociale, qui fixe le budget de l’Assurance maladie (l’Ondam) et de nombreuses règles de remboursement. Il vote aussi les grandes lois de santé, comme celle sur la fin de vie.
  • Le gouvernement fixe par décret de nombreux paramètres, comme le montant et les plafonds des franchises médicales.
  • L’Assurance maladie et les syndicats de médecins négocient une convention qui fixe notamment le tarif des consultations.
  • Les agences régionales de santé organisent l’offre de soins dans chaque région et définissent les zones où il manque des médecins.
  • Les complémentaires santé (mutuelles, assurances) remboursent une partie de ce que l’Assurance maladie ne prend pas en charge.

La santé en quelques repères

  • Une consultation chez un médecin généraliste de secteur 1 coûte 30 euros depuis décembre 2024.
  • Les franchises médicales et participations forfaitaires peuvent atteindre 140 euros par an et par personne depuis le 1er octobre 2026.
  • Le numerus clausus a été supprimé en 2020, et la quatrième année de médecine générale démarre le 2 novembre 2026.
  • La loi du 18 août 2026 crée un droit à l’aide à mourir, sous conditions strictes.
Frise chronologique : L'accès aux médecins et la liberté d'installation, principales réformes depuis 2007

Les principales réformes depuis 2007 (sources officielles citées dans le dossier).

L’accès aux médecins et la liberté d’installation

Chiffres clés : L'accès aux médecins et la liberté d'installation

Les chiffres clés en vigueur (sources citées en fin de section).

Ce que dit la règle aujourd’hui

Les médecins libéraux choisissent librement leur lieu d’installation. Des aides financières encouragent l’installation dans les zones sous-dotées, définies par les agences régionales de santé. Le numerus clausus, qui limitait le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine, a été supprimé en 2020 au profit d’objectifs fixés avec les universités. À partir du 2 novembre 2026, les internes de médecine générale effectuent une quatrième année en tant que docteurs juniors, en priorité en cabinet, en maison ou en centre de santé. Une proposition de loi qui soumettrait l’installation des médecins à une autorisation de l’ARS, adoptée par l’Assemblée nationale en mai 2025, est toujours en discussion au Sénat.

RepèreValeur actuelle
Liberté d’installation des médecins libérauxOui, avec des aides dans les zones sous-dotées
Numerus claususSupprimé depuis la rentrée 2020
Quatrième année de médecine générale (docteurs juniors)À partir du 2 novembre 2026
Régulation de l’installation (proposition de loi Garot)Adoptée par l’Assemblée en 2025, en discussion au Sénat

Ce qui a changé depuis 20 ans

AnnéeQuinquennatTexteChangement
2009SarkozyLoi HPSTMesures d’incitation à l’installation dans les zones sous-dotées
2019Macron ILoi Ma santé 2022Suppression du numerus clausus à partir de 2020
2023Macron IIRéforme du troisième cycleCréation d’une quatrième année d’internat de médecine générale
2025Macron IIProposition de loi GarotRégulation de l’installation adoptée par l’Assemblée, en discussion au Sénat

Textes et sources

  • Loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 (fin du numerus clausus)
  • Instruction interministérielle du 21 mai 2026 (quatrième année de médecine générale)

La fin de vie et l’aide à mourir

Chiffres clés : La fin de vie et l'aide à mourir

Les chiffres clés en vigueur (sources citées en fin de section).

Ce que dit la règle aujourd’hui

La loi du 18 août 2026 crée un droit à l’aide à mourir. Une personne peut demander à recevoir une substance létale si elle remplit toutes les conditions : être majeure, française ou résidant de façon stable et régulière en France, atteinte d’une affection grave et incurable qui engage son pronostic vital en phase avancée ou terminale, présenter une souffrance réfractaire aux traitements ou insupportable, et être apte à exprimer une volonté libre et éclairée. La personne s’administre elle-même la substance, ou un médecin ou un infirmier le fait si elle n’en est pas capable. Les soignants disposent d’une clause de conscience. Un contrôle a posteriori est assuré par une commission indépendante. Ce droit complète la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui permet la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

RepèreValeur actuelle
Loi sur l’aide à mourirLoi n° 2026-794 du 18 août 2026
Âge minimum18 ans
Conditions médicalesAffection grave et incurable, pronostic vital engagé en phase avancée ou terminale
ContrôleCommission indépendante, a posteriori

Ce qui a changé depuis 20 ans

AnnéeQuinquennatTexteChangement
2005Chirac (point de départ)Loi LeonettiInterdiction de l’obstination déraisonnable et droit de refuser un traitement
2016HollandeLoi Claeys-LeonettiSédation profonde et continue jusqu’au décès, directives anticipées contraignantes
2023Macron IIConvention citoyenne sur la fin de vieAvis favorable à une aide active à mourir sous conditions
2026Macron IILoi du 18 août 2026Création d’un droit à l’aide à mourir

Textes et sources

  • Loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir
  • Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC du 14 août 2026
  • Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 (Claeys-Leonetti)

Le financement de l’hôpital et du système de santé

Ce que dit la règle aujourd’hui

Chaque année, la loi de financement de la Sécurité sociale fixe l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), c’est-à-dire le montant que l’Assurance maladie prévoit de consacrer aux soins de ville, aux hôpitaux et aux établissements médico-sociaux. Les hôpitaux publics et privés sont financés en grande partie selon leur activité (tarification à l’activité), complétée par des dotations. Au niveau régional, les agences régionales de santé (ARS), créées en 2009, organisent l’offre de soins, autorisent les activités des établissements et répartissent une partie des moyens.

RepèreValeur actuelle
Budget des dépenses de santéFixé chaque année par l’Ondam, voté dans la loi de financement de la Sécurité sociale
Pilotage régional18 agences régionales de santé
Mode de financement principal des hôpitauxTarification à l’activité, complétée par des dotations

Ce qui a changé depuis 20 ans

AnnéeQuinquennatTexteChangement
2008SarkozyGénéralisation de la tarification à l’activitéLes hôpitaux sont financés selon le nombre et la nature des soins réalisés
2009SarkozyLoi Hôpital, patients, santé, territoiresCréation des agences régionales de santé
2016HollandeLoi de modernisation de notre système de santéGroupements hospitaliers de territoire et tiers payant progressif
2020Macron ISégur de la santéRevalorisation des salaires des soignants et plan d’investissement

Textes et sources

  • Code de la sécurité sociale, art. LO111-3 (Ondam)
  • Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 (HPST)
  • Loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 (Ma santé 2022)

Ce qui reste à la charge des patients

Ce que dit la règle aujourd’hui

L’Assurance maladie rembourse une partie des soins, le reste étant pris en charge par une complémentaire santé ou payé par le patient. Certaines sommes restent toujours à la charge du patient, même avec une mutuelle responsable : la participation forfaitaire sur les consultations et analyses, et les franchises médicales sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports. Depuis le 1er octobre 2026, leurs plafonds annuels sont passés de 50 à 70 euros chacun. Les mineurs en sont exonérés. La consultation d’un médecin généraliste de secteur 1 est de 30 euros depuis décembre 2024.

RepèreValeur actuelle
Franchise médicale1 € par boîte de médicament et par acte paramédical, 4 € par transport
Participation forfaitaire2 € par consultation, radio ou analyse
Plafond annuel depuis le 1er octobre 202670 € pour les franchises et 70 € pour les participations
Consultation de médecin généraliste (secteur 1)30 €

Ce qui a changé depuis 20 ans

AnnéeQuinquennatTexteChangement
2008SarkozyLoi de financement de la Sécurité sociale pour 2008Création des franchises médicales
2021Macron I100 % santéLunettes, aides auditives et prothèses dentaires sans reste à charge pour un panier de soins
2024Macron IIDécret de février 2024Franchises et participations doublées (1 € et 2 €)
2026Macron IIDécret du 11 septembre 2026Plafonds annuels portés de 50 à 70 €

Pour aller plus loin

Textes et sources

  • Code de la sécurité sociale, art. L160-13
  • Décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026

Et les propositions des candidats ?

Ce dossier ne présente que les règles en vigueur et leur histoire. Les propositions des candidats sur ces règles seront comparées dans un article dédié, publié dès que les programmes seront connus. Pour chaque règle, chaque candidat y sera classé selon cinq positions (maintenir, modifier, supprimer, créer ou non précisé), avec la source et la date de sa déclaration. Ce dossier renverra alors vers ce comparatif.

Questions fréquentes sur la santé et la présidentielle 2027

Combien peut-on payer de franchises médicales par an ?

Depuis le 1er octobre 2026, jusqu’à 70 euros par an pour les franchises (médicaments, actes paramédicaux, transports) et 70 euros pour les participations forfaitaires (consultations, analyses, radios), soit 140 euros au total. Les mineurs sont exonérés. Notre guide des remboursements détaille les règles.

Les médecins peuvent-ils s’installer où ils veulent ?

Oui, aujourd’hui les médecins libéraux choisissent librement leur lieu d’installation. Une proposition de loi qui soumettrait l’installation à l’autorisation de l’agence régionale de santé a été adoptée par l’Assemblée nationale en 2025, mais elle n’est pas définitivement adoptée.

L’aide à mourir est-elle autorisée en France ?

Oui, depuis la loi du 18 août 2026, sous conditions strictes : être majeur, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital en phase avancée ou terminale, présenter des souffrances réfractaires ou insupportables, et être capable d’exprimer une volonté libre et éclairée.

Qu’est-ce que l’Ondam ?

L’objectif national de dépenses d’assurance maladie est le budget prévisionnel des dépenses de santé remboursées. Il est voté chaque année par le Parlement dans la loi de financement de la Sécurité sociale et sert de référence pour les moyens des hôpitaux et de la médecine de ville.

Qu’est-ce qu’un docteur junior en médecine générale ?

C’est un interne en quatrième et dernière année de médecine générale, qui exerce avec plus d’autonomie sous la supervision d’un maître de stage. Les premiers prennent leurs fonctions le 2 novembre 2026, en priorité dans des cabinets, maisons ou centres de santé.

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